Explorez l’île de Beauté comme jamais auparavant ! En suivant mon itinéraire, vous découvrirez les trésors cachés et les incontournables de la Corse, des criques secrètes aux villes chargées d’histoire. Plongez dans un voyage inoubliable à la découverte des principaux sites d’intérêt de cette perle de la Méditerranée. De la majestueuse Citadelle de Calvi aux paysages sauvages du Golfe de Porto, préparez-vous à un périple enchanteur au cœur de la Corse. Suivez-moi entre mer et montagne, entre histoire et nature, à la rencontre de l’âme de l’île de Beauté.
Au programme de cet itinéraire en Corse
Corse : la carte pour se repérer
Corse : itinéraire de 14 jours sur l’île de Beauté
Afin de vous aider à préparer votre prochain road trip en Corse, voici l’itinéraire que j’ai suivi lors de mon road trip de 14 jours sur l’île de Beauté. Bien sûr, il faut l’adapter à vos envies, aux typologies de sorties que vous aimez, aux points de chute que vous choisirez mais aussi au temps que vous désirez consacrer à chaque lieu. Pour autant, mon conseil est que vous caliez vos nuitées au plus près des destinations, pour éviter d’avoir à faire de la route inutilement car en Corse on ne résume pas tant en kilomètres, mais plutôt en temps pour aller d’un point A à un point B. Avec mon itinéraire, vous devriez optimiser vos déplacements et votre prochain road trip sur l’île de Beauté.
| JOUR | DESTINATIONS | TYPOLOGIE | NUITÉE |
|---|---|---|---|
| 1 | Ajaccio | Ville | Ajaccio |
| Capo di Feno | Plage | ||
| Îles Sanguinaires | Nature | ||
| 2 | Mare e Sole | Plage | Sartène |
| Belvédère-Campomoro | Nature | ||
| Sartène | Village | ||
| 3 | Plage de Roccapina | Plage | Bonifacio |
| Plage du petit Sperone | Plage | ||
| 4 | Îles Lavezzi | Nature (Îles) | Bonifacio |
| Bonifacio | Ville | ||
| 5 | Plage de Rondinara | Plage | Porto-Vecchio |
| Plage de Palombaggia | Plage | ||
| 6 | Porto-Vecchio | Ville | Porto-Vecchio |
| Plage de Santa Giulia | Plage | ||
| 7 | Cascades de Purcaraccia | Randonnée (Cascades) | Corte |
| Corte | Ville | ||
| 8 | Nonza | Village | Bastia |
| Bastia | Ville | ||
| 9 | Saint-Florent | Village | L’Île-Rousse |
| L’Île-Rousse | Ville | ||
| 10 | L’Île-Rousse | Ville | L’Île-Rousse |
| Plage de Bodri | Plage | ||
| 11 | Sant’Antonino | Village | Calvi |
| Calvi | Ville | ||
| Plage de Calvi | Plage | ||
| 12 | Calvi | Ville | Calvi |
| Plage de Calvi | Plage | ||
| 13 | Col de Palmarella | Nature (Col) | Cargèse |
| Calanques de Piana | Nature (Calanques) | ||
| Piana | Village | ||
| Plage de Porto | Plage | ||
| Plage d’Arone | Plage | ||
| 14 | Cargèse (visite village) | Village | – |
| Ajaccio (marché produits locaux) | Ville |
Corse : les principales villes d’intérêt
Ajaccio
Après une traversée nocturne aussi agréable que fluide, je débarque sur l’île de Beauté. J’entame mes premiers kilomètres dans la ville d’Ajaccio, le chef-lieu de la Corse-du-Sud. Je me dirige vers le cours Lucien Bonaparte, où je trouve un petit café face à la mer pour élaborer le planning de mes deux prochaines semaines. Parti du continent sans la moindre idée d’itinéraire et surtout sans réservation pour mes nuits, il est grand temps que je me penche sur la question. Même hors saison, les hébergements se remplissent rapidement en Corse et les prix peuvent grimper en flèche en cas de rareté ! Finalement, j’opte pour un itinéraire que j’avais déjà emprunté quelques années auparavant lors d’un road trip de sept jours. Je finalise les réservations assez rapidement. Je continue avec une première exploration d’Ajaccio, sachant que j’y reviendrai en fin de séjour avant de reprendre le ferry. Je déambule dans le centre de la ville. C’est l’occasion de découvrir des façades aux tons pastel et aux volets vert olive. Un charme rétro sublimé par la présence de hauts palmiers dans toute la ville. Sans oublier le soleil brûlant qui offre à la ville ses teintes les plus éclatantes. Je mets le cap sur le « Marcatu d’Aiacciu », un marché central de produits locaux situé près du port et ouvert tous les matins de 8h à 12h30. Poissons frais, légumes, produits artisanaux, fromages corses affinés, charcuterie Corse, spécialités boulangères, confitures de châtaignes, de clémentines et de figues cuites au chaudron… des dizaines de producteurs corses sont réunis dans un marché où règne une atmosphère détendue et joyeuse. J’en prends plein les yeux et mes papilles sont en éveil. Il est difficile de résister à l’appel de produits d’aussi grande qualité ! Je décide d’en acheter quelques-uns pour improviser un petit pique-nique sur la plage. Je mets ensuite le cap sur le Capo di Feno, au large d’Ajaccio, afin de profiter très rapidement d’une première journée à la plage.
Belvédère-Campomoro
Pour entamer ma journée en beauté, je mets le cap sur le ravissant petit village de pêcheurs de Belvédère-Campomoro, niché à l’extrémité sud-ouest d’Ajaccio, dans le golfe de Valinco. Niché dans une crique, il dévoile toute sa quiétude dès mon arrivée, offrant une vue à couper le souffle ! Épousant la superbe plage de sable fin, le littoral environnant, qu’on accède par la mer ou par les sentiers de randonnée, dévoile de nombreuses petites criques rocailleuses. Je ne peux résister à l’envie de prendre de la hauteur en empruntant le sentier qui conduit au sommet de la tour génoise, célèbre non seulement pour sa hauteur imposante de 15 mètres, mais aussi pour son enceinte en forme d’étoile à cinq branches. La tour marque même le point de départ d’une randonnée menant jusqu’à Tizzano, en passant par la tour et le phare de Senetosa. Je suis le sentier du littoral, offrant des panoramas à couper le souffle. Naturellement, au milieu du maquis et des plaines rocailleuses, il n’est pas aisé de trouver un peu d’ombre. À mon retour d’une bonne heure de marche sous un soleil de plomb, la plage de Belvédère-Campomoro s’impose comme une évidence et ses eaux cristallines à souhait m’invitent à un bien mérité bain rafraîchissant. Un cadre idyllique et préservé qui confère à ce village une place à part, digne d’une escapade hors des sentiers battus.
Sartène
Juste au sud de Propriano et en retrait des côtes, le village de Sartène incarne à merveille la tradition corse. Dès l’approche, la route offre un spectacle grandiose, entre vue sur la mer, escarpements rocheux, maquis et plaines. Sartène, c’est la quintessence de la ville corse ! Autant dire que l’émerveillement est au rendez-vous. Flâner dans ses ruelles pavées, bordées de vieilles demeures pleines de charme, c’est saisir l’âme toute entière d’une île. J’explore Sartène en ayant l’impression d’être pleinement immergé dans la vie locale, comme si le temps s’était arrêté. Très peu de « boutiques à touristes » ont eu prise sur cette cité historique… et c’est une chance ! Authenticité et sincérité vont de pair dans un village qui bat au rythme de ses habitants. Je fais le plein de produits corses, entre fromages, charcuteries et spécialités de boulangerie, en vue d’un apéritif gourmand accompagné d’un vin corse de Sartène AOC, que je savoure sur la terrasse de mon hôtel. Le lendemain, je cède à la tentation d’une pause sur la place Porta, au cœur du village, pour prendre un café en terrasse et savourer l’accent corse ! Voilà la véritable essence de la Corse. La vieille ville de Sartène conserve précieusement ses traditions et se dévoile comme une carte postale animée. Une étape incontournable donc, dans ce village perché au charme envoûtant !
Bonifacio
Ville incontournable du sud de la Corse, Bonifacio attire naturellement les visiteurs en raison de sa situation géographique privilégiée. Point de départ de magnifiques escapades en bateau, notamment vers les îles Lavezzi, la ville mérite également d’être explorée pour son cœur historique, bien loin de l’agitation touristique du port et de la marina. En longeant le quai Jérôme Comparetti, je découvre principalement une série de restaurants saisonniers alignés les uns à côté des autres, offrant à ce stade un attrait limité. En plus de me restaurer, je ne manque pas de faire une pause gourmande chez le glacier Rocca Serra, qui propose un vaste choix de glaces maison, dont plusieurs mettant en avant les saveurs typiques de la Corse, telles que le myrte, la châtaigne ou encore les canistrelli.
Pour atteindre la ville haute, j’emprunte la montée Rastello située à l’extrémité du quai. L’ascension peut s’avérer exigeante, particulièrement en été, sollicitant mes jambes. Une fois arrivé, deux options s’offrent à moi : soit je me dirige vers l’est pour emprunter le sentier de Campu Rumanilu & Pertusatu, serpentant le long des falaises de calcaire et offrant des panoramas merveilleux sur Bonifacio et la mer en contrebas ; soit je pars vers l’ouest, en continuant par la montée Saint-Roch et en pénétrant dans la citadelle par la porte de Gênes, une entrée admirablement préservée de la ville haute, surplombée par un pont-levis. À noter qu’avant 1854, cette porte constituait l’unique moyen d’accéder à la citadelle. Je me retrouve alors dans un labyrinthe de ruelles étroites et de vieilles bâtisses à la façade patinée. Le charme de l’ancien imprègne cette zone, préservée dans son authenticité. Le « Café Niçois », rue Saint-Jean Baptiste, évoque même l’ambiance d’un café cubain, suscitant ma curiosité. Juste en face, une boutique propose des cartes postales d’une époque révolue, plongeant dans les souvenirs d’une Corse historique que seuls les plus anciens peuvent connaître.
Je parviens ensuite à « L’Escalier du roi d’Aragon », une impressionnante volée de 187 marches taillées dans la roche, conduisant de manière spectaculaire jusqu’à la mer. Cependant, le tarif d’entrée, fixé à 2,50 € (ou 3,50 € si vous optez pour un billet combiné incluant la visite du « bastion de l’Étendard »), refroidit quelque peu mon enthousiasme… Je lui préfère une promenade en bordure de falaise, prenant le temps d’admirer les eaux cristallines aux teintes émeraude et azur qui scintillent en contrebas. Les nuances sont tout simplement extraordinaires, et les cactus ancrés dans la roche ajoutent une touche d’exotisme, me faisant presque oublier l’endroit où je me trouve.
Pour me remettre de ces émotions et me rafraîchir de la chaleur étouffante, je réponds à l’appel d’une bonne Pietra, cette bière corse à la châtaigne qui fait sa renommée, servie en pression et bien fraîche dans l’un des bars de la ville. De quoi reprendre des forces avant d’entamer ma randonnée le long de la falaise, alors que le soleil décline et que ses derniers rayons caressent la ville haute de Bonifacio, lui conférant des teintes dorées d’une beauté saisissante. C’est l’opportunité de saisir une dernière fois toutes les facettes de cette ville incomparable, véritable joyau du patrimoine corse.
Porto-Vecchio
Perchée majestueusement sur un vaste rocher qui surplombe la mer Méditerranée, Porto-Vecchio s’impose comme une destination incontournable en Corse-du-Sud. Ses plages voisines, ourlées de pinèdes, son arrière-pays montagneux et son patrimoine naturel exceptionnel font de la troisième ville de l’île de Beauté un véritable trésor à découvrir. Cependant, la cité semble divisée en deux entités distinctes. D’un côté, la vieille ville, assurément la partie la plus captivante, et le port de plaisance qui s’étend en contrebas des remparts. C’est ici que se concentrent la plupart des restaurants, des bars et des glaciers à la mode, qui pratiquent des tarifs plutôt élevés ! Dirigeons notre attention vers la partie haute de la cité, la plus admirable en somme. Porto-Vecchio se dévoile à travers un dédale de petites ruelles au charme d’antan, des édifices de pierre centenaires et des bâtisses emblématiques. À commencer par l’Église Saint-Jean-Baptiste (Ghjesgia San Ghjuvan’ Battistu), de style baroque, qui domine la place de la République, en plein cœur de la citadelle, ajoutant ainsi une touche supplémentaire à la carte postale formée par l’ensemble. Autour de cette place animée, une myriade de bars et de restaurants s’emploient à satisfaire toutes les envies gustatives. Et que dire de l’extraordinaire profusion d’établissements et de boutiques qui parsèment la ville ? Les tentations abondent à Porto-Vecchio, qui se révèle indéniablement comme l’une des destinations les plus dynamiques en pleine saison.
L’Île-Rousse
Au cœur de la Balagne, L’Île-Rousse s’étire majestueusement le long de l’un des plus beaux golfes de Corse. Le stationnement se révèle aisé sur l’ample parking voisin de la voie ferrée, offrant une vue imprenable sur la promenade de la Marinella et la mer azur. La plage, où le sable gris accueille ses premiers estivants, s’orne d’une palette de teintes turquoises. L’arrière-plan, où s’épanouit la ville, vient parfaire cette carte postale vivante.
Bientôt, je prends mes quartiers sur la place Paoli, attablé à la terrasse d’un café. Là, je m’imprègne de l’accent corse et observe les anciens réunis autour d’une partie de pétanque improvisée. Sous la bienveillance des platanes centenaires, cette place ombragée constitue véritablement le cœur battant de la cité, le rendez-vous de l’âme corse. Le temps se fait capricieux, me contraignant à regagner la bergerie rénovée qui abrite ma chambre d’hôte. La piscine, havre de tranquillité, couronne mon après-midi d’une touche d’exception au sein de ce cadre enchanteur chez l’habitant.
Le jour suivant, le « Mercatu Cupartu di L’Isula Rossa », marché local dédié exclusivement aux produits corses, m’enchante. Charcuteries, fromages, spécialités boulangères, confitures de fruits, miel de maquis de printemps, poissons frais, la Corse dévoile toute sa richesse gastronomique. Amoureux des marchés, je suis conquis par son authenticité palpable et son ambiance vivante qui rythme les étals !
Je prends ensuite le temps de longer la vaste promenade de la Marinella, longeant trois plages de sable fin, à commencer par la plage Napoléon. Elle me conduit jusqu’à l’Île de la Pietra, une île de porphyre ocre. À son sommet, le littoral de Balagne se déploie, de Calvi jusqu’à la pointe de l’Agriate, et les villages perchés qui écrivent l’histoire de L’Île-Rousse. Un lieu à la fois retiré et secret, apprécié de ceux qui s’y rendent pour immortaliser les couchers de soleil à jamais gravés dans leur mémoire.
Le soir venu, la tentation est trop forte : je cède au plaisir de déguster les spécialités insulaires dans l’un des restaurants typiques. Les prix peuvent être corsés, mais la qualité est au rendez-vous dans l’assiette. Qu’il s’agisse du traditionnel sauté de veau aux olives ou d’une planche de charcuterie corse, conclue par une part de fiadone, chacun y trouve son bonheur culinaire !
Calvi
Alors que j’approche déjà de la fin de mon séjour en Corse, je mets le cap vers Calvi, située au nord-ouest de l’île. La capitale de la Balagne promet une découverte mémorable, avec sa vieille citadelle qui domine une vaste baie, bordée sur 6 kilomètres par une plage de sable blanc éblouissante et une pinède des plus agréables. Aujourd’hui, Calvi incarne parfaitement l’alliance entre l’élégance à la française et la chaleur italienne.
Avant de savourer un bain de soleil sur l’une des plages de sable blanc qui ourlent la baie, je prends le temps de déjeuner le long du quai Adolphe Landry, où se concentrent la plupart des restaurants de la ville. La vue sur le port est exceptionnelle, et l’animation est constante, quelle que soit l’heure de la journée. Pour digérer, j’explore l’église baroque Sainte-Marie, aux teintes roses et beiges, ainsi que la rue commerçante Georges Clémenceau. Cette artère principale de la ville regorge de boutiques de mode, de magasins de souvenirs, de restaurants, de glaciers, d’épiceries fines, et bien d’autres. C’est véritablement le cœur battant de la cité, concentré dans une rue pourtant étroite.
Le clou du spectacle est sans conteste la visite de la majestueuse Citadelle de Calvi, qui offre une vue imprenable sur toute la baie. Dressée sur son éperon rocheux, elle dévoile un panorama à 360 degrés sur la ville, le port de plaisance, et les montagnes qui plongent dans la mer. Je peux ainsi contempler les splendeurs de la baie de Calvi et mieux appréhender sa longue plage baignée de soleil. Il est maintenant temps pour moi de m’égarer dans de nouvelles rues piétonnes pavées, et de descendre doucement vers cette plage qui me fait tant envie depuis mon arrivée dans la ville. Là, je flâne le reste de l’après-midi, savourant à la fois la douceur de l’eau et le charme de ce cadre qui m’offre une vue panoramique sur toute la ville en toile de fond.
Certes, Calvi subit quelque peu les afflux touristiques, mais comment en vouloir à ce joyau méditerranéen d’attirer légitimement les curieux du monde entier ! Et puis, comme les Corses ne manquent pas d’anecdotes, l’une d’entre elles prétend que Christophe Colomb serait Corse… Mais qu’en est-il vraiment ? Pour les habitants de Calvi, aucun doute, le célèbre navigateur serait bel et bien né dans leur cité en 1436, à une époque où Calvi était sous domination génoise, et non à Gênes, comme le prétendent les livres d’histoire. Le mystère demeure, mais il ajoute une note fascinante à l’intérêt historique de la ville.
Bastia
La météo n’est pas vraiment de mon côté lors de mon arrivée à Bastia. C’est sous un ciel gris et chargé que je découvre la ville. Je commence par le Vieux-Port, le quartier emblématique. Tout au long de l’année, cette marina animée vit au rythme des cafés, des restaurants, des touristes qui prennent un verre sur les quais, des plaisanciers et des pêcheurs qui réparent leurs filets au petit matin. C’est un quartier typique et profondément vivant qui invite à la flânerie à chaque instant. Installé au pied de la Citadelle et dominé par le clocher de l’église Saint-Jean-Baptiste, il reflète sur son plan d’eau les façades aux tons ocres des vieux immeubles défraîchis de style toscan qui s’ordonnent autour de l’anse.
Je me faufile maintenant par l’escalier qui mène à la place du Marché puis dans le dédale de vieilles ruelles adjacentes au Vieux-Port pour découvrir la vieille ville. Je tombe immédiatement sous le charme de cette cité restée dans son jus. Alors que certains bâtiments tombent en décrépitude, d’autres contrastent avec plus de modernité. Il y a pléthore de détails à observer dans ces rues photogéniques à souhait. Dommage que la lumière du jour soit à ce point grisâtre !
En fin de journée, après avoir pris un apéritif bienvenu sur le quai Albert Gillio, je me dirige vers la rue Napoléon, l’artère commerçante la plus branchée de Bastia. J’arrive sur la place Saint-Nicolas, la plus grande place de la ville et l’une des plus vastes de France. Je prends place à la terrasse d’une excellente pizzeria italienne avant de regagner ma chambre d’hôte à la nuit tombée, alors que les lampadaires éclairent les ruelles pavées qui prennent des allures presque mystérieuses tant elles sont désertes. Bastia est la promesse d’une ville aux mille facettes qui demande du temps pour en saisir toutes les subtilités.
Corse : les principaux villages d’intérêt
Corte
Faisons un petit détour par Corte pour explorer davantage les terres et découvrir une ville typiquement corse, véritable berceau de l’histoire de l’île. L’ancienne capitale de la Corse réserve en effet de nombreuses surprises. Tout d’abord, elle est située en haut d’un piton rocheux à 400 mètres d’altitude, ce qui offre un panorama spectaculaire entouré de montagnes imposantes. Bien que l’accès à Corte puisse être exigeant, la ville occupe une position privilégiée au centre de l’île, à 80 kilomètres d’Ajaccio et à 68 kilomètres de Bastia.
La partie historique de la ville est l’une des curiosités les plus remarquables de Haute-Corse. J’ai pris le temps, de jour comme de nuit, d’explorer ses ruelles pittoresques et de visiter ses vieux quartiers, qui sont des témoins de l’histoire de la ville et de toute la Corse. La ville se découvre facilement à pied en quelques heures, d’autant plus que la partie basse, plus moderne, présente peu d’intérêt.
La place Gaffory est l’un des endroits les plus animés de la ville, un lieu idéal pour côtoyer les habitants du coin. Vous pourrez y admirer l’élégante église de l’Annonciation, de teinte rose pâle, qui se démarque au milieu des maisons aux façades vieillies. Une autre place importante est la place Paoli, à la sortie des vieux quartiers, qui regroupe de nombreux cafés et restaurants, avec en son centre la statue en bronze de Pascal Paoli, l’une des figures politiques de l’île et considéré comme le père de la nation corse.
Avant de quitter la ville, je ne pouvais pas passer à côté de la première épicerie d’Europe, ouverte ici, en Corse. C’est bel et bien à Corte que vous la trouverez. Une pancarte rappelle fièrement : « Plus vieille épicerie d’Europe, ouverte depuis 1800 ». « A Casa Curtinese », une épicerie ouverte par Jean-Marie Ghionga, épicier célèbre de Corte, référence plus de 2700 produits corses. Les étagères débordent de produits du terroir, des saucissons suspendus, une multitude de bocaux, des senteurs méditerranéennes, des fromages typiques de l’île, des Canistrelli irrésistibles, et bien plus encore. Sans aucun doute, une visite à cette épicerie est un véritable voyage des sens pour tout amateur de bonne chère qui se respecte ! D’ailleurs, il est de coutume de considérer que cette petite échoppe est l’une des épiceries les plus photographiées de Corse !
Nonza
Il est difficile de visiter toute la Corse, tant l’île abrite des curiosités diverses et variées. Une fois arrivé à Bastia, je décide d’explorer un peu plus loin en me dirigeant vers le Cap Corse, cette péninsule située au nord-est de la Corse. À travers des routes de montagne sinueuses, je m’enfonce dans cette partie plus reculée et moins fréquentée de l’île, souvent négligée par manque de temps, mais non par manque d’intérêt.
Je fais une courte halte dans le petit village de Patrimonio, renommé pour ses bouteilles de vin AOC. Puis, je continue ma route sur la ligne de crêtes qui longe le golfe de Saint-Florent. La route offre un magnifique panorama, mais je dois rester concentré, la route étant étroite et ne permettant pas d’erreur. De temps à autre, d’énormes falaises laissent échapper quelques cailloux.
Soudain, au détour d’un ultime virage serré, le village perché de Nonza apparaît au loin, l’objectif de mon escapade du jour. Et quelle merveilleuse surprise ! Il se dresse là, perché sur sa colline, d’une beauté insolente, avec ses maisons colorées, donnant l’impression d’être tout droit sortie d’une carte postale. Je ne résiste pas à l’envie d’immortaliser ce panorama avant de garer ma voiture près de la petite église Sainte-Julie. Ses façades rose saumon et ses colonnades moutarde méritent bien une petite visite en passant.
La place principale, animée par les établissements saisonniers, offre une ombre plus que bienvenue en cette journée ensoleillée. Bières fraîches, glaces aux saveurs corses et autres délices permettent aux touristes de reprendre des forces avant d’explorer les petites ruelles de Nonza, pleines de charme et d’histoire. Mais c’est au sommet de la tour Paoline, perchée à 127 mètres de hauteur, que la vue devient véritablement saisissante. Au nord, on a une vue imprenable sur la côte du Cap Corse avec ses villages en enfilade, tandis qu’au sud, c’est le désert des Agriates qui dévoile le côté le plus sauvage de la Corse. Nonza se distingue nettement autour de sa petite église depuis ce point de vue, et à l’ouest, l’immensité de la Méditerranée semble s’étirer jusqu’à l’horizon.
Nonza est surtout connu pour sa plage de galets noirs, une caractéristique unique et singulière. Cette couleur surprenante est due aux résidus de l’ancienne usine d’extraction d’amiante, fermée en 1965 et située à Canari, à quelques kilomètres au nord. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun danger car les fibres d’amiante ont été longuement lavées par l’eau de mer. L’accès à la plage n’est pas simple, et seuls quelques intrépides s’aventurent à descendre puis à remonter les 500 marches d’escalier. Je vous conseille plutôt de prendre un verre au restaurant « La Sassa » pour avoir une vue imprenable sur l’ensemble de la plage. Selon la lumière du jour, le noir des galets sera plus ou moins prononcé, mais le panorama sera de toute façon incroyable.
Saint-Florent
Au petit matin, je sillonne les terres pour atteindre le charmant village de Saint-Florent. Nichée dans l’un des plus beaux golfes de la Méditerranée, cette cité génoise, jadis paisible, s’est muée en une station balnéaire courue par les estivants. L’abondance de boutiques dédiées aux visiteurs peut quelque peu altérer le charme authentique de la ville, érodé par l’essor du tourisme. Néanmoins, sa position géographique en fait une halte quasi-indispensable et une promenade à pied permet d’en saisir l’essentiel en quelques heures. Parmi les incontournables, la citadelle génoise de Saint-Florent, érigée à l’aube de la cité en 1440, trône en gardienne du golfe. Bien qu’elle ne se laisse pas visiter, elle offre des panoramas saisissants sur la mer et le village tout entier. Le petit port de plaisance, jadis port de pêche pittoresque, accueille désormais des navires de croisière, perdant ainsi une part de son charme d’antan. Toutefois, le marché qui prend ses quartiers chaque premier mercredi du mois apporte une bouffée d’authenticité et offre l’opportunité de s’approvisionner en produits typiquement corses. Une visite nuancée, je l’aurai compris, pour une ville qui a quelque peu perdu de son authenticité originelle.
Piana
Le village de Piana, bien au-delà de ses célèbres calanques mondialement réputées, est lui aussi un joyau classé parmi les « Plus Beaux Villages de France ». Il s’érige fièrement au-dessus du golfe de Porto, offrant une vue imprenable sur les presqu’îles de Senino et Scandola. Dès mon arrivée, je suis enchanté par ce village pittoresque. Ses maisons blanches, baignées de lumière, s’ordonnent en amphithéâtre, toutes dominées par la gracieuse église Sainte-Marie. La déambulation dans les ruelles étroites, bordées de demeures typiquement corses, est un véritable plaisir. Piana s’avère être le point de départ idéal pour explorer les trésors naturels qui l’entourent. Le village clôture la route menant aux calanques, offrant ainsi un panorama exceptionnel et de nombreuses possibilités d’excursions. Il est le point de départ de randonnées pédestres dans le maquis, accessibles à toute la famille. Le tour du village est rapide, mais chaque point de vue sur le golfe est un trésor à lui seul. Au loin, les calanques se dessinent, promesse d’un dépaysement inoubliable. Et si l’envie d’une baignade se fait trop pressante, les superbes plages de Ficajola ou d’Arone sont là pour combler ce désir.
Cargèse
Cargèse, charmant à souhait, se dévoile comme une véritable carte postale vivante, telle que je la chéris. Niché à la pointe nord du golfe de Sagone, Cargèse s’impose comme une escale incontournable lors de mon périple sur la côte occidentale de la Corse. Sous ses airs paisibles, ce petit bourg porte en lui l’épaisseur d’une histoire riche, matérialisée par deux églises face à face et trois tours génoises qui veillaient jadis sur les côtes du temps des Génois. À proximité du village, de nombreuses plages de sable fin, aux eaux claires teintées de turquoise, ponctuent le littoral, offrant toutes les raisons de prolonger quelque peu mon séjour ici. S’élevant en bordure de mer, la cité est traversée par la D81, lien entre Piana et Ajaccio, ce qui en fait le point d’ancrage idéal pour une dernière nuit avant de reprendre le ferry pour le continent. Je prévois néanmoins une demi-journée pour explorer Cargèse, m’attarder sur ses deux églises et savourer quelques instants sur le port de tourisme en contrebas ou sur l’une des nombreuses plages.
Je débute ma visite par l’église Saint-Spyridon, dite « église grecque », un édifice de style néo-gothique. Sa façade blanche, coiffée d’un clocher, dévoile une simplicité raffinée, tandis que l’intérieur se révèle majestueux, avec sa nef séparée du sanctuaire par une iconostase, témoignage de son affiliation orthodoxe. Dressée au-dessus du port, elle contemple la Méditerranée, face à l’église de l’Assomption située juste en face. Comme si ces deux édifices se faisaient écho ! L’église latine, quant à elle, fut érigée pour les Cargésiens et Cargésiennes catholiques. Sa façade avant, aux teintes jaunes et blanches, abrite deux chapelles latérales, tandis que l’intérieur de style baroque révèle des fresques quelque peu altérées par le temps. Toutes deux offrent une vue grandiose sur le golfe de Sagone et le port qui s’étend au pied de la cité.
Déterminé à explorer davantage, j’emprunte le sentier qui semble se jeter dans la mer. La pente est raide, et le retour promet d’éprouver mes mollets. Sur les flancs, cactus et figuiers de barbarie colorent le paysage dominé par la roche et la mer à l’horizon. Tandis que les pêcheurs proposent leur pêche du jour sur les quais, les bateliers attendent impatiemment les visiteurs pour une escapade en mer. Cargèse m’enveloppe de douceur pour cette ultime étape. De quoi clore en apothéose ces quinze jours passés sur l’île de Beauté, avant de rejoindre Ajaccio en fin de journée, pour embarquer sur le ferry, tout en prenant le temps de faire le plein de produits corses au marché.
Sant’Antonino
Une escapade jusqu’au village de Sant’Antonino équivaut à une ascension vers les hauteurs. Perché à près de 500 mètres d’altitude, Sant’Antonino se dévoile comme l’un des plus anciens villages de Corse et l’un des plus élevés de la Balagne. Il dévoile un panorama saisissant sur le bassin de Nonza et l’étendue scintillante de la mer à l’horizon. Là-haut, la vue est tout simplement exceptionnelle ! Le village se dessine dans un entrelacs de ruelles, creusées dans la roche, de passages voûtés et de boutiques au charme désuet. Chaque promontoire offre son panorama à couper le souffle. L’atmosphère qui émane de ce lieu est unique, fruit de sa position géographique exceptionnelle. On a l’impression que Sant’Antonino effleure les nuages, presque détaché de l’agitation touristique qui s’affaire à ses pieds. Dans ces ruelles où le temps semble s’être figé, je déambule à mon rythme. Les visiteurs se font rares, tout comme les ânes qui, en saison, guident les touristes à travers le dédale de pavés. J’ai le doux sentiment que Sant’Antonino m’est réservé, rien que pour moi. C’est une parenthèse hors du temps, un privilège que de déambuler ainsi dans ce village perché, hors du temps et de l’agitation.
Corse : les îles à ne pas manquer
Îles Sanguinaires
Alors que le jour entame sa descente, je choisis de me rendre vers l’un des plus beaux endroits de Corse. En chemin, je fais un bref arrêt dans une épicerie pour acheter quelques provisions en vue de l’apéritif du soir. L’archipel des îles Sanguinaires est particulièrement à privilégier en fin de journée, lorsque le soleil déclinant teinte les rochers d’une teinte rosâtre, d’où le nom de l’archipel. Les îles revêtent alors un caractère presque irréel au loin. Un parking bien aménagé permet de se garer à quelques centaines de mètres du site, tandis qu’un sentier pédestre longe la côte jusqu’à la tour génoise située un peu plus haut. Le point de vue est exceptionnel, et l’archipel possède un caractère sauvage du fait de son inaccessibilité. Les rayons du soleil s’estompent, offrant à la roche sa teinte caractéristique. Je sors le drone pour capturer au plus près ce panorama splendide. Le cadre est majestueux, les couleurs envoûtantes, la vue extraordinaire, et le moment semble suspendu dans le temps. Le paysage, d’une beauté insolente, est empreint d’une poésie indescriptible ! Je reste là, émerveillé, face à cette merveille de la nature. À seulement quelques kilomètres d’Ajaccio, le site mérite amplement le détour et s’inscrit désormais parmi mes coups de cœur sur l’île de Beauté.
Îles Lavezzi
Explorer l’archipel des îles Lavezzi, au départ de Bonifacio, c’est s’immerger dans des paysages idylliques de plages et criques au sable d’une blancheur éclatante, caressées par des eaux cristallines et bordées d’immenses blocs de granit. Là, je me laisse porter par le plaisir de la plage, de la plongée avec tuba et de la découverte de panoramas dignes de cartes postales. J’ai la chance de profiter d’une journée splendide, sous un ciel d’un bleu parfait et un soleil éclatant, pour embarquer sur le bateau de 11h30 en direction de l’archipel. La traversée en mer m’offre le spectacle du port de Bonifacio, suivi des majestueuses falaises de calcaire qui s’éloignent à perte de vue, surplombées par le village perché à flanc de falaise. Un spectacle à couper le souffle ! Trente minutes plus tard, le phare des îles Lavezzi, alimenté par des panneaux solaires, apparaît à l’horizon. Un édifice rectangulaire d’un blanc éclatant surmonté d’une tourelle rouge, arborant fièrement l’inscription « LAVEZZI » en lettres rouges également. J’ai bel et bien atteint le paradis ! Le moment du débarquement est arrivé. Je suis le flux des visiteurs et je m’éloigne rapidement du débarcadère à la recherche d’une crique plus paisible. Sur Lavezzi, la tâche n’est pas aisée car chacun est là pour la même raison : dénicher le coin de plage le plus paradisiaque qui soit ! Sur cette île, cependant, absolument toutes les criques offrent leur propre petit coin de paradis. J’opte pour une longue plage de sable fin à l’opposé de l’île, où je peux étendre ma serviette. Le cadre est tout simplement incroyable, rivalisant sans mal avec des paysages que l’on pourrait trouver à l’autre bout du monde… Je suis bien en France, et il est important de prendre le temps de réaliser cela ! L’eau est fraîche, mais sous ce soleil éclatant, elle est d’un bienfait inouï ! Des milliers de petits poissons argentés viennent jouer à mes côtés, aucunement perturbés par ma présence. En leur lançant de petits morceaux de pain, je suis ébahis de les voir se rassembler par centaines en quelques secondes autour de moi. Cela vaut bien la sortie de la caméra sous-marine pour immortaliser ces instants presque irréels. L’eau cristalline est d’une telle clarté et pureté, et le fond peu profond, qu’il n’est même pas nécessaire de faire de la plongée pour les observer. C’est tout bonnement impressionnant ! Je repars ensuite explorer un peu plus l’île en suivant les sentiers pédestres avant de retourner vers l’embarcadère, reprenant le bateau doucement pour regagner le port de Bonifacio. Cette excursion aux îles Lavezzi est un grand classique, mais demeure une sortie en mer incontournable, récompensée par un archipel extraordinaire et une beauté naturelle digne des Caraïbes.
Informations pratiques
- Départ : Tous les jours depuis la Marina de Bonifacio, à partir de 10h30. En haute saison, départs tous les jours à partir de 9h30, avec des retours également toutes les heures à partir de 12h30.
- Retour depuis les îles Lavezzi : Prévu à 12h30, 14h30, 15h30 et 16h30.
- Animaux domestiques : Sont interdits dans l’archipel.
- Équipement nécessaire : En raison de l’absence d’ombre et de constructions, veuillez prévoir crème solaire, parasol, eau et pique-nique AVANT VOTRE DÉPART, car l’île de Lavezzi est déserte. Comptez environ 1 heure pour faire le tour de l’île.
- Respect de l’environnement : L’île de Lavezzi et tout l’archipel sont classés « Réserve naturelle » et font partie du Parc Marin International des Bouches de Bonifacio (P.M.I.B.B.). Il est donc interdit de marcher en dehors des sentiers battus, de cueillir des plantes ou de pêcher des poissons. Observez, photographiez, prenez du bon temps et laissez la nature intacte comme à votre arrivée.
- Durée du trajet : 30 minutes à l’aller et 1 heure au retour.
- Prix : comptez de 35 à 40 € par personne.
- Croisière commentée : Sur le trajet du retour, vous profiterez d’une croisière commentée tout en longeant les côtes de l’extrême sud de la Corse. Vous passerez notamment tout près de l’île de Cavallo, du lagon de Piantarella, du domaine et des plages de Sperone, du Cap de Pertusato et vous pourrez également profiter d’une vue imprenable sur les falaises blanches de Bonifacio et ses maisons perchées à plus de 70 mètres de hauteur. Un point de vue incontournable visible uniquement par la mer.
- NB : Les horaires peuvent être modifiés en raison de la saisonnalité et des conditions météorologiques. En cas de forte houle, il n’est pas toujours possible de naviguer. Veuillez vous rapprocher de la compagnie auprès de laquelle vous avez acheté votre ticket.
Corse : les sites naturels à ne pas manquer
Cascades de Purcaraccia
Les Cascades de Purcaraccia se dressent comme l’une des merveilles naturelles les plus saisissantes de Corse. Les eaux jaillissantes créent trois bassins naturels d’un vert émeraude, offrant un spectacle à couper le souffle. Le point de départ de cette aventure se situe au col de Bocca di Larone, niché entre le col de Bavella (à 13 kilomètres du site) et la ville de Solenzara (à 17 kilomètres du site). Pour amorcer cette randonnée, prenez le premier grand virage après le col de Bocca di Larone. Les véhicules se stationnent le long de la route et le début du sentier se dévoile dans le tournant à droite en direction du col de Bavella. Je compte environ 3 heures pour l’aller-retour, incluant le temps de savourer ces piscines naturelles. Le parcours requiert une bonne dose d’énergie. Le terrain est escarpé, par endroits glissant, exigeant une escalade constante des rochers. Le dénivelé avoisine les 190 mètres et le vertige n’a pas sa place sur certains tronçons. Il est indéniable que cette randonnée n’est pas destinée aux novices, ni même aux familles avec des enfants en bas âge. Je recommande vivement de recourir à un guide si vous n’êtes pas un habitué des montagnes et d’avoir de bonnes chaussures. Chaque année, des accidents surviennent sur ce site. Après une heure de marche soutenue, l’eau commence à se dessiner à l’horizon, un signe prometteur ! Cependant, il semblerait qu’une dernière demi-heure d’escalade intense m’attende. Finalement, après un ultime effort, j’atteins les bassins naturels. Ils sont spectaculaires, peut-être un peu plus modestes que dans mes imaginaires, mais le site est tout simplement extraordinaire. Une gigantesque cascade se déverse en contrebas, tandis qu’un bassin, plus vaste que les autres, rassemble déjà les courageux randonneurs qui ont fait le détour jusqu’ici. Je ne résiste pas à l’appel de l’eau, même si elle est d’une fraîcheur saisissante. Après tant d’efforts physiques, c’est aussi divinement revigorant ! Vingt minutes à barboter, une petite session de drone pour prendre de la hauteur, puis il est temps d’amorcer le retour. C’est reparti pour une bonne heure et demie d’efforts soutenus. Malgré quelques moments d’appréhension et des passages délicats, je ne regrette aucunement d’avoir repoussé mes limites pour accéder aux Cascades de Purcaraccia. Le site est tout simplement incroyable, un peu moins secret au fil des ans, et donc un tantinet pris d’assaut ! Il est préférable de privilégier une visite matinale pour garantir un accès aux bassins sans l’afflux de monde, car ils sont vraiment de petite taille. Enfin, veillez à bien choisir vos appuis, le sentier est exigeant et doit être suivi avec la plus grande prudence !
Aiguilles de Bavella
Le col de Bavella est réputé comme le plus magnifique de Corse, offrant un panorama étendu et riche. Il est niché au cœur du Parc Naturel Régional de Corse, un sanctuaire naturel où la faune et la flore se distinguent par leur remarquable diversité. Il n’est d’ailleurs pas rare d’y apercevoir des mouflons, une espèce endémique de l’île. J’atteins désormais les majestueuses Aiguilles de Bavella qui surplombent le col éponyme à 1218 mètres d’altitude, reliant ainsi l’Alta Rocca à la côte orientale et à la côte est de la Corse. J’ouvre largement mes fenêtres pour respirer à pleins poumons l’air pur qui émane du pied de cette imposante chaîne montagneuse, la plus méridionale de Corse. Le site se caractérise par ses pics abrupts, ses sept grandes murailles rocheuses aux nuances allant du rouge le plus tendre au gris le plus sombre, ainsi que par les pins laricio tordus par les vents corses. C’est un lieu exceptionnel, point de départ de nombreuses randonnées exigeantes, dont un tronçon reliant le célèbre GR20. Ce sentier mythique, parmi les plus ardus et les plus splendides au monde, offre une diversité de paysages, de faune et de flore remarquable. Le GR20 authentique traverse la Corse de part en part, parcourant près de 200 kilomètres du Nord-Ouest au Sud-Est, en suivant les crêtes le long de la ligne de partage des eaux. Il va sans dire que les débutants devraient s’abstenir ! Au cours de mon excursion motorisée aux Aiguilles de Bavella, je croise quelques vaches et cochons noirs sur la route, une particularité de la Corse qui laisse les animaux vaquer à leur guise. Il convient donc de faire preuve de prudence sur la route et de laisser place à la nature !
Col de Palmarella
Le col routier de Palmarella, à la lisière de la Haute-Corse et de la Corse-du-Sud, réserve une vue panoramique inégalée sur le Golfe de Girolata depuis ses 408 mètres d’altitude. Toutefois, il se mérite. La route serpente en lacets, mais la récompense à l’arrivée transcende tous les efforts consentis. La vue qui s’ouvre sur les montagnes et la mer au loin laisse sans voix. Les motards, en grand nombre, en ont d’ailleurs fait l’une de leurs escales incontournables sur l’île de Beauté. Je fais halte devant un petit café saisonnier pour contempler ce panorama sauvage et indomptable, savourant pleinement l’instant.
Calanques de Piana
Il est impensable de visiter la Corse sans faire halte aux célèbres « Calanques de Piana », ces formations rocheuses de granit rose qui jouissent du statut de Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Elles comptent parmi les merveilles les plus saisissantes de l’île. Je progresse avec précaution entre les imposants blocs de roche rougeâtre. La manœuvre requiert habileté, la route étant étroite. Le paysage, quant à lui, semble tout droit sorti d’un décor de l’ouest américain. La roche oscille entre des teintes chaleureuses et des ocres déclinés dans une palette éblouissante. Le soleil déclinant dans le ciel magnifie cette gamme incroyable de couleurs chatoyantes. Je suis captivé par l’irrégularité du panorama, ses courbes, ses rugosités, sa force brute et sa nature sauvage. Je prends une multitude de clichés, sors même le drone pour tenter de saisir au mieux cette étendue rocailleuse à perte de vue. La mer s’étale en contrebas, tandis que la route, l’une des plus impressionnantes de Corse, flirte avec le précipice surplombant le golfe de Porto. L’expérience est époustouflante, encore plus en progressant sur ces routes escarpées de l’île de Beauté. Je savoure cet instant hors du temps, conscient une fois de plus de la splendeur de notre cher pays.
Corse : les bonnes adresses
La Sassa — €€
Coup de cœur absolu pour ce bar-restaurant perché sur un piton rocheux dans le village de Nonza, à 160 mètres d’altitude ! L’endroit offre un cadre idyllique avec une vue imprenable sur la côte du Cap Corse et le golfe de Saint-Florent. La carte met à l’honneur des produits locaux, dont certains proviennent même du potager de la maison. La grande terrasse extérieure, bercée par une douce musique lounge en toile de fond, est ornée d’oliviers centenaires et agrémentée de mobilier industriel. De là, vous pourrez contempler la plage de sable noir de Nonza en contrebas. C’est un cadre qui se mérite, vous invitant à grimper jusqu’aux pieds de la Tour Paoline. Mais une fois l’effort accompli, la récompense est à la hauteur, offrant la vue la plus splendide sur le village et cette crique quelque peu inaccessible. Je vous recommande vivement cette adresse. Sachez toutefois que les prix intègrent inévitablement le privilège de cette vue exceptionnelle… à condition que vous parveniez à dénicher une place !
Tour de Nonza – 20217 Nonza
En conclusion, la Corse émerveille par la diversité de ses trésors, tant naturels que culturels. Des falaises majestueuses de Bonifacio aux ruelles chargées d’histoire d’Ajaccio, chaque coin de l’île de Beauté révèle une facette unique de son patrimoine. Entre citadelles, criques sauvages et villages pittoresques, il est impossible de rester insensible à tant de beauté et d’authenticité. Que vous soyez amateur de randonnées, d’histoire ou de panoramas à couper le souffle, la Corse offre une expérience inoubliable.



















