Carnet de voyage au SRI LANKA

par Lepoint2départ

Ça y est ce fameux 12 janvier 2020 que nous attendions tant est enfin arrivé. Le temps a passé plus vite que prévu. Après avoir fait le tour des au revoir, c’est à notre maison qu’il a fallu dire au revoir. Forcément l’émotion était là, car en passant la passerelle à Roissy-Charles de Gaulle, nous savions que nous partions pour 2 ans loin de nos proches et de nos repères. Le rêve d’une vie se mérite alors décollons pour 15h de voyage en direction du Sri Lanka, première étape de notre tour du monde !

Nicolas & Julien

 

FICHE TECHNIQUE DU SRI LANKA

langues — Cingalais, tamoul, anglais (beaucoup de locaux la parle).

monnaie — Roupie sri lankaise (LKR​).

BUDGET MOYEN — Nous nous sommes fixés un budget de 60 € par jour pour 2 personnes, soit 1680 € pour 28 jours, découpés ainsi : hébergement 20 €, nourriture 16 €, transports 8 €, loisirs 16 €.

TYPE PRISE ÉLECTRIQUE — Les prises au Sri Lanka sont composées de trois trous en triangle. Le voltage et la fréquence sont les mêmes qu’en France, à savoir 230 V et 50 Hz. Tu peux donc utiliser les prises sans soucis avec un adaptateur.

décalage horaire — Par rapport à la France : + 4h30.

VISA — ETA, 30 jours autorisés, gratuit, valable 3 mois.

SANTÉ — Aucun vaccin requis pour une entrée au Sri Lanka.

 


 

JOUR 1

PARIS
COLOMBO

 

A peine avions-nous atterris à Colombo que l’aventure a commencé et les petites galères avec. Comme tout bons touristes qui se respectent, nous nous sommes fait sauter dessus par les taxis locaux. En même temps impossible de passer inaperçus avec nos gros sacs de voyage / 15 kg à l’arrière (sac à dos principal) et 9 kg à l’avant (sac multimédia). Entre les taxis qui cherchent à nous assassiner au niveau du prix, ceux qui nous font monter dans leur voiture en partant sur un prix et une fois à l’intérieur cherchent à le renégocier ou encore ceux qui nous entraînent sur le côté pour jouer la carte du trafic et des bus de ville soit disant rares… bref quand tu arrives dans un pays que tu ne connais pas, après 15h de voyage, qu’il est 3h du matin pour ton corps, que tu ne sais pas où aller car tu as prévu d’improviser sur place, l’angoisse monte puissance 1000 en toi ! Après être montés dans 2 voitures pour finalement en ressortir, on s’est dit que la vie nous faisait un signe et que ce n’était finalement que le destin et que nous devions prendre le bus. Pas plus mal au final pour respecter notre budget : entre 3500 et 2300 Rs (17-11 € suivant les chauffeurs) pour la course aéroport <> Colombo contre 400 Rs en bus (environ 2 € pour nous deux). Avant de partir en tour du monde, nous avions établi un budget moyen à ne pas dépasser afin de rester dans nos clous. Pour le Sri Lanka il est de 60 € par jour pour nous 2, alors autant prendre les bonnes habitudes tout de suite. Le trajet en bus s’est passé sans encombre et a été l’occasion de faire une petite sieste bien méritée. Une fois à Colombo 45 minutes plus tard, il a fallu chercher un hôtel. Et là deuxième galère ! Chercher un hôtel dans une ville bondée, très bruyante, sous une chaleur de 30 degrés à l’ombre, n’est pas chose facile. Avec la fatigue, les nerfs ont vite fait d’être sous tension. On a eu un peu de mal à trouver une chambre mais finalement à un moment donné tout s’est débloqué : nous avons trouvé une grande chambre dans notre budget au Hawk Holidays (4000 Rs ~ 20 €) au confort sommaire (pas d’eau chaude pour la douche mais la climatisation fonctionnelle dans la chambre) mais propre, et à côté de la gare ferroviaire pour le train que nous allions prendre le lendemain en direction du sud du pays. Après une rapide douche froide, la douche chaude n’étant une évidence qu’à la sortie d’un robinet français, nous sommes partis faire un tour dans Colombo. Si tu es allergique aux klaxonnes il te faudra fuir cette ville tant ça klaxonne de partout et que ça roule vite. C’est vers le grand marché de la ville Pettah Market que nous sommes allés. On adore les marchés. Pour nous ils sont comme le poumon d’une ville. On pourrait presque sentir son cœur battre. C’est en tous cas là qu’on adore y observer la vie et s’imprégner des couleurs et des odeurs. A ce niveau nous étions servis. Sous 30 degrés, les poisons séchés livrent toute la palette de leurs essences pestilentielles, les poulets semblent déjà mi-cuits sur les étales, tandis que les fruits semblent parfaitement gorgés de sucre. Ce grand marché fut notre premier coup de cœur de tour du monde. Il nous a rappelait la frénésie de Bangkok ou encore les souks de Marrakech. Nous ne savions plus où donner de la tête. Entre les centaines de variétés de fruits et légumes, les condiments (oignon jaune, oignon rouge, ail, échalote), les piments, les aromates, les racines, les tubercules, les épices ou les poissons séchés, tous nos sens ont été mis en éveil. Nous aurions pu y rester des heures. De magnifiques scènes de vie se déroulaient sous nos yeux. Aux commerçants qui veulent nous faire goûter leurs produits s’ajoutent les locaux qui nous font de grands sourires. Aucune agressivité dans l’attitude, au contraire, une envie de communiquer et des sourires échangés instinctivement. Ce marché était l’assurance qu’au retour sur Colombo début février avant de quitter le pays pour l’Inde, nous y retournerions, avec pourquoi pas notre caméra avec nous et l’idée de nous mettre dans la peau d’un marchand et de comprendre comment s’organise la vie locale dans un tel brouhaha. La soirée fut plus calme, juste le temps d’avaler un riz sauté au poulet sur le pouce et de faire une bonne nuit, la vraie aventure allait débuter dès le lendemain matin !

Où dormir ?Hawk Holidays, 20 € la nuit, chambre propre, douche froide, climatisée.

BUDJET DÉPENSÉ40,98 € sur un budget prévu de 60 €.

Les tuk-tuk, moyen de déplacement incontournable au Sri Lanka !

Les tuk-tuk, moyen de déplacement incontournable au Sri Lanka !

L’effervescence de la foule dans le coeur de la ville

L’effervescence de la foule dans le coeur de la ville

Le fameux piment rouge qui relève les plats

Le fameux piment rouge qui relève les plats

Les livraisons s'enchaînent à un rythme effréné

Les livraisons s’enchaînent à un rythme effréné

Un commerçant qui fait ses comptes

Un commerçant qui fait ses comptes

Le grand sourire des Sri Lankais

Le grand sourire des Sri Lankais

Un primeur taillant méticuleusement ses légumes

Un primeur taillant méticuleusement ses légumes

Combien de kilos ?

Combien de kilos ?

Qui veut une banane bien mûre ?

Qui veut une banane bien mûre ?

Un vendeur de poissons séchés

Un vendeur de poissons séchés

Triage des oignons rouges

Triage des oignons rouges

Les négociations vont bon train

Les négociations vont bon train

Un commerçant en pleine discussion avec une sri lankaise

Un commerçant en pleine discussion avec une sri lankaise

 

 

JOUR 2

COLOMBO

GALLE

 

Après une bonne nuit de sommeil il est déjà l’heure de quitter Colombo et de prendre un train vers le sud, première étape de notre périple Sri Lankais. Direction la gare de Fort Station pour prendre un train. Le ticket est à 140 Rs soit 70 centimes d’euros. A son entrée en gare, un flot impressionnant de locaux sortent des wagons tandis que les nouveaux pensionnaires entrent dans la même frénésie. Impossible de trouver une place assise, tout juste de quoi poser nos sacs sur les porte-bagages. Le train est archi-bondé et roule à vive allure, portes inter-wagons ouvertes, fenêtres baissées et secousses assurées. Une vraie expérience que ce trajet qui serpente la côte, avec un train rustique donc qui bouge dans tous les sens. Le train passe à quelques mètres seulement des petites habitations côtières. Les pêcheurs sont installés sur des rochers au milieu de l’eau tandis que les enfants jouent sur la plage. Dans le train, un véritable ballet de vendeurs ambulants s’organise : ananas, friands, fritures, boulettes aux crevettes, pommes, grenades, cacahuètes, vendeur de journaux, chanteur, il y en a pour tous les goûts. La tentation était trop forte et nous avons donc goûté à quelques spécialités présentées sous notre nez : friands à peine épicés, boulettes frites et beignets à la crevette, de quoi nous caler et de nous sentir comme de vrais sri lankais en à peine 48h. C’est aussi dans ce train que Julien a eu sa première tourista. Heureusement le train a des toilettes. Bon âmes sensibles s’abstenir de lire les deux prochaines lignes… il ne faut pas non plus s’attendre à la propreté d’un WC français ! Une cuvette de toilette tout de même, un évier avec de l’eau (ça aurait pu ne pas être le cas), pas de papier évidemment et un trou donnant directement sur les voies. Marrant de faire ses besoins avec la ventilation intégrée ! De quoi se soulager tout de même mais à devoir s’essuyer avec les mains, le tuyau d’eau n’étant pas assez long pour se nettoyer directement. C’est archaïque mais pour le coup c’est une vraie expérience. Après un peu plus de 2h de train, nous arrivons dans la ville de Galle. Les arrivées se suivent et se ressemblent : une ville bruyante, beaucoup de tuk-tuks qui vont et viennent dans tous les sens et une difficulté de trouver une chambre dans nos prix. Finalement c’est en persévérant qu’on a trouvé une maison d’hôtes sur les hauteurs, accueillis par une maman souriante et ses deux filles dans leur maison d’hôtes nommée Green Hills, une bonne impression qui annonce un séjour charmant de 2 jours sur Galle et ses environs (2500 Rs la nuit x 2 soit 5000 Rs ~ 25 €). L’heure étant déjà bien avancée, c’est vers la plage de Sanaha Beach que nous nous rendons en tuk-tuk. Le spot est bien connu des surfeurs qui s’accumulent dans l’eau. Entre ceux qui sont novices et prennent leur première leçon, et ceux qui domptent les vagues, le spectacle est sympa à voir. Nous avons profité de l’occasion pour prendre notre premier bain dans une eau tellement chaude qu’on est entré dans l’eau sans nous poser de questions. Le retour se fera à pied, histoire de profiter du marché de poissons que nous avons repéré sur la route en venant. Les pêcheurs viennent juste de rentrer des eaux, les mouettes tournent au-dessus des étales généreusement garnis, les corneilles ne sont pas en reste, les thons, pieuvres, crevettes, requins et autres coquillages, n’attendent plus que leur propriétaire. Tandis que certaines vocifèrent les prix, d’autres se reposent au-milieu de leur filet, après une tâche qu’on imagine harassante. Le soleil décline déjà et il est l’heure de rentrer sur Galle après une journée plutôt calme. La soirée sera l’occasion de découvrir une autre spécialité culinaire du Sri Lanka : le Kottu roti, un mélange de fines crêpes coupées en lamelles, de légumes, d’œufs brouillés et de poulet, un régal ! En plus de nous régaler, c’est aussi un bon moyen de manger pour pas cher tant la street-food locale est bon marché. Décidément ce tour du monde commence sur les chapeaux de roue et promet de nous faire vivre de belles expériences.

Où dormir ?Green Hills, 12,50 € la nuit, chambre propre avec moustiquaire, douche froide, ventilateur.

BUDJET DÉPENSÉ19,53 € sur un budget prévu de 60 €.

La liberté de se pencher pour admirer le paysage

La liberté de se pencher pour admirer le paysage

Les vendeurs ambulants circulent dans les wagons

Les vendeurs ambulants circulent dans les wagons

Le train quitte la gare

Le train quitte la gare

Un marché aux poissons frais

Un marché aux poissons frais

Des thons de toutes les tailles (on ne parle pas des sri lankais !!)

Des thons de toutes les tailles (on ne parle pas des sri lankais !!)

Les pêcheurs rangent leurs filets

Les pêcheurs rangent leurs filets

Les petits bateaux de pêche

Les petits bateaux de pêche

 

 

JOUR 3

GALLE

 

Notre tour du monde vient tout juste de débuter que déjà en ce 3ème jour nous prenons notre temps. Inutile de courir après le temps et de nous épuiser, nous avons 2 ans devant nous. Nous sommes partis dans l’idée que nous ne verrions pas tout, même en 2 ans, même en restant 1 mois minimum par pays, même avec toute la meilleure volonté du monde. Mais ce n’est pas grave, nous sommes venus vivre des expériences et nous laisser porter par notre instinct. Ce matin en nous réveillant, c’est vers la vieille ville de Galle que notre cœur nous porte. Il s’agit d’une ancienne cité coloniale, mais dont les stigmates du passé laissent place à plus de modernité. Ici les touristes sont nombreux. C’est un peu la seule attraction du coin donc forcément les curieux s’y pressent. La cité se parcourt dans de jolies petites ruelles et parfois, sur certaines parties, à même les remparts donnant directement sur la mer. En voyant les jeunes barboter dans l’eau, la tentation était trop forte compte-tenu de la chaleur écrasante déjà de bon matin. Du coup en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, nous étions en slip, dans l’eau, à rejoindre les flots pour nous rafraîchir. Quel bonheur que de nous baigner dans une eau si tempérée et claire ! Évidemment nous n’avions pas pris nos serviettes mais c’est cette liberté qui est géniale. La visite se termine en une petite heure, tout juste le temps de finir de regarder les joueurs de cricket s’entraîner un peu plus bas. Visiblement le sport se pratique de manière professionnelle au Sri Lanka, comme en témoigne le terrain officiel pour les matchs internationaux juste à côté. Sur le chemin du retour, nous passons devant un nouveau marché de pêcheurs tout juste revenus avec leurs bateaux. Au menu du jour rougets, thons en grand nombre et de toutes les tailles, crevette et poissons locaux. Toujours ce même sourire sur les visages des marchands, toujours prêt à rigoler avec toi ou à partager un peu de leur passion. Seule barrière la langue, car dans la majorité de nos rencontres l’anglais était hélas approximatif. Mais avec le sourire l’essentiel passe et c’est bien le principal. De retour au centre de Galle, nous changeons de chemin habituel et nous faisons bien. Nous tombons sur le charmant petit marché nommé Green Market. Ici, une vingtaine de producteurs sri lankais vendent leurs fruits et légumes. Il n’y a vraiment pas foule. Aucun touristes à part nous. Très peu d’acheteurs locaux également. L’un d’entre eux nous explique que ce petit marché est plutôt fréquenté par les locaux, et que par conséquent les prix sont moins élevés qu’ailleurs dans la ville. Pour l’anecdote, le vendeur nous explique aussi que les touristes allemands nomment ce marché le « Dutch Market », vas savoir pourquoi ils s’en sont attribués le nom alors qu’il n’y a vraiment que des habitants du coin… en tous cas nous passons un agréable moment au milieu des étales, à tenter de déchiffrer les gestes précis des vendeurs qui rangent leurs marchandises avec une précision chirurgicale. L’après-midi nous prenons la direction d’Unawatuna Beach, une plage réputée et à peine plus loin que celle où nous avions posé la serviette la veille. C’est déjà vers cette plage que nous voulions aller hier, mais nous sommes tombés sur un chauffeur de tuk-tuk pas très honnête, qui nous a déposé à Sahana Beach, pour un prix très élevé du coup pour 2 petits km, prétextant que c’était la même chose qu’Unawatuna. Ça fait partie du voyage et nous le prenons avec philosophie ! Il y aura toujours des arnaqueurs et des arnaqués, c’est un jeu finalement, à toi d’être du bon côté et à ne pas te faire prendre au piège. Le mieux est de négocier après avoir bien cerné les tranches de prix et tu devrais ainsi t’en sortir comme un chef ! Unawatuna Beach est une jolie plage de sable jaune, très large et très grande, de quoi poser ta serviette sans risque d’être trop collé aux autres touristes. Nous prenons nos quartiers pour l’après-midi sous une chaleur écrasante. L’eau ne rafraîchit même pas tant elle est douce. Julien fait un peu de snorkeling au large pour y trouver quelques poissons de roche, tandis que Nico barbotte au bord de l’eau. Les fonds ne sont pas très peuplés près du rivage, il faut s’éloigner mais le courant est assez fort, du coup prudence oblige Julien n’est pas allé bien loin. L’après-midi est à la détente, pieds dans le sable, entre farniente, sieste improvisée, jus de fruits pressés et coconut pancakes au goûter. Elle est pas belle la vie ? Les soirées se ressemblent, au retour de la plage une douche fraîche, l’écriture de notre carnet de voyage pour compiler nos souvenirs, le tri de nos photos puis un plat local et une bonne nuit de sommeil afin d’être en forme pour la journée de demain.

BUDJET DÉPENSÉ35 € sur un budget prévu de 60 €.

Balade au Fort de Galle et vue sur son phare

Balade au Fort de Galle et vue sur son phare

Baignade matinale au milieu des sri lankais

Baignade matinale au milieu des sri lankais

Vue sur la côte au pied des remparts de Galle

Vue sur la côte au pied des remparts de Galle

Le "Green Market" avec les producteurs de la région

Le “Green Market” avec les producteurs de la région

Des légumes rangés méticuleusement

Des légumes rangés méticuleusement

De vieilles balances au charme fou !

De vieilles balances au charme fou !

Définitivement fans du sourire des sri lankais

Définitivement fans du sourire des sri lankais

Fin de journée à Unawatuna Beach

Fin de journée à Unawatuna Beach

 

 

JOUR 4

GALLE

MATARA

MIRISSA

 

Ce matin, retour à la gare ferroviaire de Galle afin de prendre un train en direction de Matara plus au centre sur le littoral sud. On voyage en 3ème classe, le confort est largement suffisant, il y a une banquette, des portes-bagages, des gens adorables assis à côté de nous, tout ça pour 110 Rs pour deux, soit 0,55 €. De vieux ventilateurs clairement vintage font des mouvements circulaires au-dessus de nos têtes pour brasser l’air chaud. C’est mieux que rien et ça fait du bien malgré tout. Le train circule au milieu des habitations et le constat est éloquent : beaucoup de pauvreté pour les sri lankais vivant au bord des rails et des maisons en mauvais état. Nicolas se tient dans l’inter-wagons, adorant se pencher pour admirer le paysage. Voir la joie crépiter dans ses yeux est touchant. Finalement il en faut peu pour être heureux, il suffit de savoir apprécier les choses simples de la vie. Puis ici, il faut avouer qu’on ressent incontestablement un sentiment de liberté, le même qu’on avait ressenti lors de notre road trip à Bali. Portes et fenêtres ouvertes, pas de voix off qui te répète en boucle les règles de sécurité, pas de règles placardées dans les wagons, chacun connaît les règles et personne ne semble les transgresser. A l’extérieur, les paysages défilent et affichent une végétation luxuriante. Les feuilles de palmiers brillent tellement qu’on les prendraient pour du plastique. C’est une douce harmonie qui s’étale sous nos yeux. Les passages à niveaux sont encore actionnés manuellement, certains avec de vraies barrières, d’autres plus rudimentaires avec un simple fil de fer et un drapeau. Mais tout cela fonctionne ! A l’arrivée le contrôleur récupère le ticket poinçonné au départ, malgré la liberté apparente le tout reste tout de même encadré. Nous arrivons donc à Matara, une ville bruyante évidemment. Le contraste est grand avec la quiétude du train quitté quelques minutes plus tôt. Julien part à la recherche d’une chambre pour la nuit, sans succès. Rapidement nous nous rendons compte que la ville n’est pas très touristique et pour cause la plage la plus proche se trouve à Mirissa, à 10 km à peine, et que nous avions prévu de toute manière de visiter. Autant nous y rendre directement et ainsi poser nos sacs pour 2 jours au lieu de courir après le temps. « L’erreur de logistique » donne finalement lieu à une expérience plutôt insolite : nous rendre à Mirissa en tuk-tuk avec nos 2 gros sacs + nos 2 sacs multimédia, 50 kilos de bagages + nos propres poids ! Pauvre tuk-tuk ! Il traîne un peu la patte mais avale les kilomètres pour nous mener jusqu’à Mirissa où on se sent immédiatement bien. Julien repart à la recherche d’une chambre. La première est repérée assez facilement mais la « guest house » est tenue par des australiens. On préfère faire travailler les locaux et mettre notre argent au bon endroit. Du coup Julien se remet en route. Un peu plus loin bingo ! Une chambre directement chez l’habitant, qui a l’air confortable, avec un immense lit king size pour une famille tellement il est grand, une salle d’eau certes séparée mais propre, et surtout un propriétaire souriant. Il vit avec sa maman et tiennent un petit glacier. Avec la chaleur qu’il fait nous aurons les glaces et les fruits pressés à proximité, c’est le grand luxe ! L’impression est très importante et là immédiatement la connexion s’est faite et nous savions que c’est là que nous voulions passer le séjour. Nous nous dirigeons à présent vers la plage de Mirissa. Le spectacle est magnifique. La plage de sable jaune est bordée de palmiers luxuriants à souhait, s’étalant sur plusieurs kilomètres. L’ambiance est paisible et la plage n’est pas bondée. Quel cadre idéal pour se détendre et profiter du littoral sri lankais. C’est fascinant de faire le constat qu’en remontant la côte d’une trentaine de kilomètre, le paysage puisse autant changer. Mirissa abrite clairement la plus belle plage qu’on ait vu jusqu’à présent au Sri Lanka. L’après-midi est consacrée à la détente, ce qui est pas plus mal pour commencer un tour du monde et prendre de nouveaux repères. L’eau est claire, les rouleaux formés par les vagues impressionnants. Pas de poissons à observer ici, seulement une plage immense pour se baigner dans une eau tempérée à perte de vue. Le long de la plage s’entassent bars et restaurants. Les prix sont plus élevés, tourisme oblige. Malgré tout nous arrivons à respecter notre budget sans nous priver. La preuve qu’on peut se contenter de peu et profiter beaucoup, la nature n’a pas de prix ! En fin de journée, nous nous baladons le long de la plage, les restaurants dressent les tables en vue du dîner. Au loin nous apercevons un belvédère. Un gros rocher cerné par les eaux mais accessible en traversant la partie moins immergée. Nommé « Parrot Rock », le rocher offre une vue superbe sur Mirissa Beach. Le soleil se couche et le décor est majestueux. Nous restons là, assis l’un près de l’autre, et on attend que la grosse boule rouge fende les eaux jusqu’à disparaître totalement. C’est pour ces moments-là qu’on a travaillé très dur, la nature est toujours là pour nous récompenser de nos efforts et nous rappeler la raison d’une telle décision. Sur le chemin du retour, nous marquons un arrêt dans un petit restaurant de type street food servant des spécialités locales. Nos estomacs remplis, nous rentrons prendre une douche fraîche bien méritée chez notre hôte du jour. Une discussion s’engage et la magie fait le reste. Nous parlons de nos vies, de nos jobs, de notre raison d’être au Sri Lanka, de la législation sur les drones, des attentats enfin, et même si les échanges sont contenus, on sent une connexion et une envie de communiquer. Ce genre de moments où le temps semble comme suspendu. 21h, il est l’heure de fermer les yeux sur cette belle journée bien remplie.

Où dormir ?Leasure rooms, 15 € la nuit, chambre propre avec moustiquaire, douche séparée, ventilateur.

BUDJET DÉPENSÉ40,92 € sur un budget prévu de 60 €.

Petite pause en attendant le train

Petite pause en attendant le train

De magnifiques paysages s'offrent à nous !

De magnifiques paysages s’offrent à nous !

La magnifique plage de "Mirissa Beach"

La magnifique plage de “Mirissa Beach”

La baie de Mirissa

La baie de Mirissa

 

 

JOUR 5

MIRISSA

 

C’est sous une chaleur écrasante que démarre une nouvelle journée. Après deux cafés, direction une plage nommée « Secret Beach », plus vraiment secrète. L’accès se fait via un sentier montagneux et parfois escarpé. A l’arrivée une jolie petite crique bordée par les rochers. L’accès à l’eau est difficile en raison des nombreux rochers et des oursins jonchant les fonds. Nicolas a eu une mauvaise expérience avec ces bestioles en République dominicaine, ses pieds s’en souviennent encore ! Nous barbotons plus que nous nous baignons, mais le cadre est calme et propice à la détente. Vient rompre le silence un groupe de français, hélas reconnaissables de loin. Tandis que l’une râle parce que l’accès à la crique n’est pas simple, une autre s’insurge de devoir se baigner et devoir continuer sa journée avec le corps recouvert de sel. Il est vraiment triste de constater que partout où on aille dans le monde, les seuls qui se plaignent tout le temps sont les français. Plutôt que de profiter du cadre et de justement lâcher du leste, non il faut toujours que ça râle ! Partir à l’étranger est justement l’occasion de laisser ses codes de côté, lâcher-prise et se permettre des choses qu’en temps normal on ne s’autoriserait pas. Enfin, heureusement tout le monde n’est pas à mettre dans le même panier mais qu’est-ce que c’est triste de faire le constat que bien souvent la mentalité française n’est pas la meilleure. Retour à Mirissa Beach pour profiter de la fin de matinée. Les eaux affichent toutes leurs nuances de turquoise et les rouleaux sont impressionnants. Le vent attise l’océan et peu de surfeurs s’aventurent aujourd’hui dans les eaux. Nous profitons du cadre allongés sur nos serviettes et en réalisant la chance que nous avons d’être là. Des mois de travail intense enfin récompensés. C’est aussi ça un tour du monde : prendre le temps, parler aux locaux, sortir des sentiers battus, ne rien faire de spécial par moments, ne pas chercher LE spot touristique à tout prix, contempler, observer, prendre le temps de vivre tout simplement. C’est très différent de vacances sur 15 jours ou 3 semaines où naturellement on aurait tous envie de cavaler pour voir un maximum de choses. On est pas du tout dans ce mood, on préfère s’économiser un maximum, car, tels de vrais marathoniens, nous avons 2 ans à tenir physiquement devant nous. Mirissa est incontestablement un spot propice à la détente et nous lui avons fait honneur. L’après-midi nous sortons des sentiers battus en direction d’un temple perdu sur les hauteurs. Pas un chat, pas un bruit. Seuls quelques ouvriers papotent dans une aile du temple. On nous autorise à entrer à l’extérieur du cite. Quelques pagodes se dressent fièrement devant nous. Des restes d’offrandes jonchent les tables entreposées autour. Un bonze arrive et nous propose de nous faire la visite intérieure cette fois. Un énorme buddha allongé occupe la pièce centrale. Tout autour des peintures faites à la main avec des couleurs naturelles. Le temple est en cours de rénovation. Le bonze nous explique que les pratiquants viennent plusieurs fois par jour au temple. Des offrandes sont faites au saint : eau, nourriture, fleurs, thé spécial, huile de coco, encens. Les dons d’argent sont eux destinés à aider aux rénovations du temple. La visite ne dure qu’une poignée de minutes mais nous en apprenons un peu plus sur la religion bouddhiste. De retour au centre de Mirissa, nous croisons des tuk-tuk boulangerie, reconnaissables avec leur sirène un brin kitch, mais efficace. On se retourne sur leur passage. Pain, chaussons, friands, c’est un vrai petit commerce ambulant sur roue. La chaleur est intense, nos corps passent du blanc au rouge en quelques jours. On a beau mettre de la protection solaire indice 50, on rôti littéralement. Nos corps n’étaient pas prêts mais ils vont s’y faire ! Du coup, nous nous réfugions dans un café réfrigéré pour travailler sur notre blog, retoucher nos photos et préparer la suite de nos aventures.

BUDJET DÉPENSÉ31,74 € sur un budget prévu de 60 €.

Matinée à "Secret Beach", une très jolie crique plus si secrète !

Matinée à “Secret Beach”, une très jolie crique plus si secrète !

Les pêcheurs en train de réparer leurs filets

Les pêcheurs en train de réparer leurs filets

Hypnotisés par le regard profond de ce pêcheur

Hypnotisés par le regard profond de ce pêcheur

Un bonze bouddhiste nous fait une visite privée de son temple

Un bonze bouddhiste nous fait une visite privée de son temple

 

 

JOUR 6

MIRISSA

TANGALLE

 

Ce matin nous nous réveillons le cœur rempli de joie. Le soleil n’est pas la seule raison. La veille, alors que nous allions nous coucher, notre hôte est entré dans la chambre avec ses albums photos. Il avait très envie de nous raconter son histoire. Nous nous installons sur le lit, Nicolas sortant juste de la douche, la serviette autour des hanches, Julien en slip prêt à y aller. Il feuillette les pages de son album de mariage. Les photos sont magnifiques. Leurs costumes traditionnels font penser au mariage d’un roi et d’une reine. Sumith nous parle de la rencontre avec sa femme Kanchana, de leurs années à l’école de Galle, de l’époque où il a dû partir en Malaisie travailler, du retour où il a épousé celle qui avait déjà fait chaviré son cœur, de leur mariage, du décès de ses parents, de sa nouvelle vie avec sa femme et sa maman Lila, de l’ouverture de son café-glacier, de ses projets de créer de nouvelles chambres d’hôtes, etc. Le moment est suspendu, nous retenons notre émotion. C’est touchant, intime, rapide. A croire que le cœur ouvre des portes naturellement. Il nous raconte le feeling qu’il a ressenti en nous voyant arriver chez lui demander une chambre. Nous lui répondons avoir eu exactement le même feeling. Ce feeling qui n’a ni couleur de peau, ni origine, ni religion, ni jugement. Ce feeling du cœur, essentiel dans nos vies et qui guide désormais nos pas plus que jamais en terre inconnue. Une famille souriante, unie, avec la main sur le cœur, que nous n’oublierons pas. Juste le temps de tirer le portrait de Sumith, de faire un selfie avec Kanchana et Lila, et d’imprimer un Polaroïd souvenir qu’on leur laisse en guise de petit cadeau. Ce genre de rencontre qui te rappelle pourquoi tu as pris la décision de partir en tour du monde et qui lui donne tout son sens. Il est déjà l’heure de remettre nos sacs sur le dos, de prendre un bus local et de faire route vers Tangalle, ultime étape de notre périple dans le sud du Sri Lanka. Sumith fait un bout de trajet avec nous, nous offre les tickets et descends à Matara, la grosse ville que nous avions effleuré quelques jours auparavant. Faire l’expérience du bus sri lankais est l’assurance de se faire des frayeurs. Le bus roule à pleine puissance, au milieu des deux voies, klaxonnant à longueur de temps. On se croirait dans « Fast & Furious ». A l’intérieur, nous arrivons à trouver 2 sièges libres et suffisamment de place pour nous asseoir avec nos gros sacs sans déranger trop de monde. La décoration est kitch à souhait ! Ça clignote de partout. Entre les rideaux à froufrou et le plafond bleu digne d’un aquarium, s’ajoutent des guirlandes lumineuses. Un écran diffuse des clips et parfois des minis sketchs. Les sri lankais sont scotchés sur l’écran, le sourire aux lèvres. Un contrôleur passe pour vendre les tickets. Ici, pas de fraude possible. On réalise qu’en France nous avons créé la fraude. En plus de détruire des emplois, nous avons ouvert une porte aux personnes qui ne respectent pas les règles. Au Sri Lanka, chaque bus est géré par un contrôleur qui annonce les stops et collecte l’argent. Preuve s’il en est qu’on peut sauvegarder de l’emploi et éviter la répression. Nous arrivons à Tangalle, toujours sous la même chaleur écrasante. Direction la plage pour trouver une chambre pour passer les 2 dernières nuits dans le sud. La première tentative n’est pas la bonne. Nous tentons dans un premier temps de négocier avec le sri lankais qui nous accueille le sourire aux lèvres. Mais il s’en réfère à celle qui semble être la propriétaire des lieux. La dame, sûrement originaire des pays de l’est, est froide comme la glace en Sibérie et rejette la tentative de négociation du prix pour 2 nuits d’un air méprisant. Le feeling on a dit ? Du coup on se remet en quête d’une chambre. 100 mètres plus loin, la deuxième tentative sera la bonne. Une sri lankaise nous accueille toutes dents dehors. Julien monte voir la chambre. Elle est propre juste ce qu’il faut. Il y a un grand lit double, une moustiquaire tout autour, un ventilateur au-dessus, une salle d’eau privée. Nicolas monte vérifier à son tour. Le prix est largement dans notre budget : 3500 Rs (~ 17 €) pour 2 nuits. Bingo, nous posons nos sacs ici ! Le temps d’avaler un café et de tester la connexion wifi, qui au passage semble très bonne, que nous partons marcher le long du littoral de Tangalle. La plage n’est pas très peuplée et les cafés en bord de plage sont plutôt déserts pour l’heure. L’ambiance le soir doit être sympa, nous y reviendrons plus tard. Retour à la gare centrale de Tangalle pour prendre un bus pour Hiriketiya Beach, une plage qu’un sri lankais nous a conseillé et qui se trouve à 15 km de Tangalle. Le bus nous coûte 100 Rs pour 2 soit 0,50 € ! Le bus est vraiment le transport le moins cher que nous ayons testé jusqu’à présent au Sri Lanka. Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons à Hiriketiya. La plage est magnifique, digne d’une carte postale. La plage n’est pas immense pour y poser sa serviette mais le cadre enchanteur nous laisse rêveur. Beaucoup de surfeurs profitent des grosses vagues tandis que nous prenons un bain bien mérité, après tous ces déplacements sous un soleil de plomb. Il est d’ailleurs drôle de constater qu’à côté de nos tee-shirts trempés par notre transpiration, les sri lankais, eux, n’affiche même pas une goutte de sueur sur leur front. L’habitude du soleil sûrement. Nous passons l’après-midi à lézarder sur nos serviettes. Le temps semble comme suspendu. Les heures défilent doucement. On profite du cadre enchanteur, tout simplement. Les surfeurs s’en donnent à cœur joie tant les vagues sont nombreuses. Le soleil devient notre nouvelle horloge. Dès qu’il commence à décliner nous savons qu’il est l’heure de rentrer. 17h, nous reprenons un bus pour Tangalle. Le bus est blindé. On s’accroche à tout ce qu’on peut pour ne pas perdre l’équilibre. Dans un décor de Bollywood, nous roulons à toute vitesse. On va pas se plaindre, il nous en coûte 80 Rs soit 0,40 €. Nos journées ne semblent pas chargées et pourtant arrivés 19h nous sommes déjà fatigués. Le soleil cogne et du coup nos corps se fatiguent plus vite. On prend tout de même le temps d’avaler un repas, tandis que nous servons de repas aux nombreux moustiques présents dans la zone, avant de nous mettre au lit.

Où dormir ?Sun Sea Family House, 8,50 € la nuit, chambre propre avec moustiquaire, douche séparée, ventilateur.

BUDJET DÉPENSÉ35,37 € sur un budget prévu de 60 €.

L'immense baie de Tangalle

L’immense baie de Tangalle

Julien sur une digue de rochers

Julien sur une digue de rochers

La route qui longe la plage de Tangalle

La route qui longe la plage de Tangalle

La gare centrale de bus très fréquentée

La gare centrale de bus très fréquentée

La magnifique plage à Hiriketiya

La magnifique plage à Hiriketiya

Un décor de carte postale

Un décor de carte postale

Hiriketiya Beach et ses centaines de surfeurs

Hiriketiya Beach et ses centaines de surfeurs

 

 

JOUR 7

TANGALLE

 

Ce matin le réveil est un poil plus compliqué. La chaleur écrasante de la semaine, couplée au poids de nos sacs à dos, fatiguent plus vite nos corps. Nous avons laissé Paris en hiver, pour arriver ici en plein été. Forcément le contrecoup se fait sentir. L’ambiance est électrique. Afin de rompre les tensions matinales, direction le front de mer pour prendre un café, accompagné d’un banana pancakes. Immédiatement les esprits s’apaisent et le voyage reprend. Nous longeons la plage de Tangalle, le lagon d’un côté, l’océan de l’autre. Peu de sri lankais dans les rues, quasiment aucun touriste. Quelques mètres plus loin, nous arrivons à un bac, un bateau accroché à 2 cordes de chaque côté du rivage. Le bateau est en libre-service. Nous l’utilisons pour traverser la mangrove et Julien s’essaye à l’exercice. Le temps de siroter un jus de citron vert bien frais que nous rentrons récupérer nos serviettes de plage. La chaleur est très forte, du coup une petite baignade s’impose. La houle est très forte. Les vagues dangereuses. En France ces plages seraient interdites à la baignade. Il y a peu de personnes dans l’eau, un signe qui ne trompe pas. Nous barbotons au bord histoire de nous rafraichir. Le temps de prendre une douche que nous regagnons le centre où un festival traditionnel prend place dans la rue principale de Tangalle. Renseignements pris on nous indique toutes les heures pour le début des festivités : 14h, 15h, 16h. Finalement le défilé démarrera à 17h30, soit 2 bonnes heures d’attente dans la rue principale. Heureusement nous sommes sur le bon trottoir, ombragé. Une petite sri lankaise nous fait des petits sourires timides. Julien part lui acheter un ballon. S’en suit une rivière de sourires, définitivement nous l’avons conquise. C’est tellement touchant de voir un enfant heureux. Ça tient à peu de choses. Derrière sa maman nous achètera une glace pour nous remercier, tandis qu’on partage avec le papa des pois-chiches cuits à la vapeur vendus par un vendeur ambulant. Définitivement on se sent bien au Sri Lanka, et ça ne fait qu’une semaine. On a le sentiment de remplir notre cœur d’amour tant on passe nos journées à sourire et à en recevoir en retour. Le défilé est organisé de manière archaïque. La police locale tente tant bien que mal de faire la circulation. Elle s’organise sur une voie tandis que le défilé se passe sur l’autre. Des camions citernes précèdent les danseurs afin de mouiller le bitume. Danser pieds nus sur une route baignée de soleil écrasant, quelle galère ! Heureusement les organisateurs ont tout prévu. Au milieu du cortège se mêle 6 éléphants majestueux, vêtus de vêtements traditionnels, mais chaînes aux pieds. Des commerçants leur tendent des morceaux de canne à sucre, des bananes ou encore des pâtissons. Les mammifères saisissent avec leur trompe les victuailles et s’en délectent. Le cortège affiche ses plus belles couleurs et des danses traditionnelles. Danseurs, danseuses, échassiers, masques traditionnels, enfants déguisés, le défilé est très sympa à regarder. Après une bonne heure, le cortège se termine et nous prenons la direction de la plage boire une bière en front de mer. La journée a été chaude alors autant se désaltérer. Nous prenons le repas dans le même cadre, vent en pleine face tant il souffle fort, musique reggae à plein volume pour accompagner notre dîner, avant de retourner dans notre chambre travailler sur notre blog, préparer nos aventures des prochains jours et remballer nos sacs car demain matin il sera l’heure du départ pour les terres un peu plus au nord.

BUDJET DÉPENSÉ55,55 € sur un budget prévu de 60 €.

Petits bateaux de pêcheurs

Petits bateaux de pêcheurs

La plage de Tangalle

La plage de Tangalle

Le long du littoral

Le long du littoral

Un pêcheur rentre de mer

Un pêcheur rentre de mer

La grande et jolie plage de Tangalle

La grande et jolie plage de Tangalle

 

 

JOUR 8

TANGALLE

EMBILIPITIYA

BALANGODA

 

Nous nous réveillons un peu fatiguée de la veille. La nuit a été courte. Alors que nous rentrions nous coucher, une notification Instagram vient changer le programme. Un ami nous conseille la plage voisine, devenue un sanctuaire protégé pour les tortues marines. Apparemment, tous les soirs, plusieurs d’entre elles rejoignent le rivage pour y creuser un nid et y pondre leurs œufs. L’idée ne fait qu’un tour et nous voilà dans un tuk-tuk en direction de Rekawa Beach, à une dizaine de kilomètres de Tangalle. Le déplacement nous en coûte 2000 Rs (~ 10 €), le chauffeur nous emmenant à la plage, patientant le temps qu’il faut si nous devions voir une tortue et nous ramenant à notre hôtel. A l’arrivée, nous ne sommes pas seuls. Une quinzaine de touristes venus chercher la même expérience que nous. Le site est protégé. Des gardiens bénévoles sillonnent la plage pour repérer d’éventuelles tortues. C’est la seule condition pour pourvoir y accéder, accompagnés d’un guide assermenté. La baie est interdite à toute personne étrangère à l’association de 19h à 6h toute l’année. Seuls les bénévoles du sanctuaire y ont accès pour protéger les tortues de mer en voie d’extinction. 21h30, nous patientons. 22h, les premiers touristes déçus repartent. 22h30, un guide revient de la plage. Bingo, 2 mammifères ont été repérés à quelques centaines de mètres. Nous nous acquittons de 1000 Rs chacun en guise de participation aux frais pour le centre de protection des tortues, pour dédommager notamment le guide qui passe plusieurs heures avec nous. Nous le suivons, torche rouge à la main, arpenter une immense plage plongée dans le noir. Le ciel est maculé d’étoiles toutes plus scintillantes les unes que les autres. Ici, les tortues ont pu trouver un havre de paix vierge de toute construction humaine. 23h, nous croisons une première tortue qui retourne à l’océan. Nous sommes arrivés trop tard pour voir sa ponte. Minuit, une nouvelle tortue est repérée. Cette fois, ça sera la bonne. Le guide nous demande d’attendre que la tortue finisse de creuser son nid. 30 minutes plus tard, il nous fait signe d’approcher et de nous tenir en cercle autour de la tortue. 00h30, elle commence le travail. Environ 80 œufs tombent sur le sol. La scène est irréelle ! Les œufs sont récupérés par l’un des gardiens, ce qui choque l’assistance. Il faut noter que selon leurs indications 99% des tortues marines ont disparu en 300 ans. Le point critique est atteint. Il faut l’intervention de l’homme pour mettre à l’abri les précieux œufs et les sauver des prédateurs et surtout des braconniers. La nature ne peut plus lutter seule. La résistance s’organise. C’est un mal pour un bien dirons-nous ! Certes, notre présence durant la pondaison n’est pas naturelle et souhaitée, il est vrai. Mais l’observation est faite à distance, avec respect, dans le milieu naturel de la tortue, avec des hommes prêts à tout pour les protéger. En protégeant la baie, l’homme assure la reproduction des tortues et la réintroduction des bébés tortues en fin de cycle, soit 2 mois après la ponte. La tortue est épuisée. Nous aurions aimé l’aider. Son regard est triste. Elle est à bout de force. Nous la regardons reboucher son nid et tenter de ressortir de son trou. Elle a du mal. Elle s’enlise. Ses yeux se ferment. On devine sa souffrance. Nous la regardons quelques minutes ainsi, bouches cousues devant l’incroyable beauté de la nature. La scène est magique ! Puis nous regagnons notre tuk-tuk. Il est 1h du matin quand nous reprenons la route. Pour un dimanche paisible en apparence, cette expérience aura été l’une des plus belles de nos vies. Il est 9h et il nous reste 1h pour ranger la chambre et reprendre la route. Aux alentours de 11h, nous prenons un bus en direction d’Embilipitiya plus au nord. Le bus est quasiment vide et le contrôleur nous offre même le confort du coffre pour nos deux gros sacs. Les petits resteront sur nos genoux. 2h de route sont nécessaires pour atteindre la ville, avant de devoir changer de bus et prendre celui en direction de Balangoda où nous avons prévu de faire escale. Les paysages s’enchaînent, tantôt côtiers, tantôt montagneux. Les plages laissent place aux rizières et aux massifs montagneux en arrière-plan. La température diminue de quelques degrés. Les paysages défilent à toute vitesse tant le bus va vite. Les routes sont cabossées. Rien ne ralenti le bolide lancé à pleine vitesse. Sur la route nous croisons des colonies de singes sauvages. Le bus klaxonne, les primates s’écartent. Chaque village est traversé par la route principale, bordée de petits commerçants. Autour les maisons s’agglutinent, portes grandes ouvertes, preuve qu’ici les mentalités ne sont pas les mêmes. Alors qu’en France on verrouille tout, ici la porte est laissée ouverte malgré la forte température. Avec les montagnes, nous gagnons quelques degrés à la baisse. L’arrêt à Pallabedda verra monter énormément de monde. Le bus est bondé. Les jeunes écoliers en uniforme traditionnel se faufilent au milieu des adultes. Le contrôleur peine à récolter l’argent de tous les passagers. Le bus est vraiment un moyen de locomotion peu cher. Pour faire l’intégralité du trajet, soit près de 5h au total, il nous en coûtera 2,50 € à 2. Un tuk-tuk à Tangalle nous proposait 6000 Rs pour le trajet, soit 30 €. En tour du monde, on a un budget à respecter, et il n’est pas question de l’éclater. Puis c’est sympa d’être mêlé aux sri lankais et de vivre comme eux le temps de quelques jours. A l’arrivée à Balangoda, une nouvelle épreuve qui devient récurrente nous attend : trouver un hébergement ! Le coin n’est pas du tout, mais alors pas du tout, touristique. Aucun hôtel, quelques chambres d’hôtes et peu de solutions alentours. Nous tentons une première chambre, le confort est spartiate et l’hygiène moyenne. Nous en tentons 3/4 à la suite et c’est de pire en pire. Certaines sont complètes, d’autres puent la moisissure, tandis que certaines s’emballent au niveau des prix. Sortir des sentiers battus n’est pas évident dans ce genre de situation. Avec la chaleur, et le poids de nos sacs sur le dos, le moral a vite fait d’en prendre un coup. Finalement, nous revenons sur la première chambre visitée par Julien. Cela sera suffisant pour une nuit. Demain nous rejoindrons un point plus central et touristique afin de moins galérer, pouvoir nous poser cette fois 3/4 nuits et louer un scooter pour visiter une zone sans avoir à bouger nos sacs à chaque fois. On est en plein dans l’aventure, et il y a des jours comme aujourd’hui où elle est moins évidente que d’autre.

Où dormir ?Umaya Rest Inn, 5 € la nuit, chambre propre avec moustiquaire, douche séparée, ventilateur.

BUDJET DÉPENSÉ21,07 € sur un budget prévu de 60 €.

La gare de bus de Balangoda

La gare de bus de Balangoda

 

 

JOUR 9

BALANGODA

HATTON

DALHOUSIE

 

Contre toute attente, la nuit a été plutôt ressourçante à Balangoda. On profite du petit matin pour faire un tour en ville, histoire de ne pas être passés ici pour rien ! C’est une petite ville classique, rien de spécial à y noter. Nous regagnons donc la gare de bus, la même où nous étions arrivés la veille, afin de prendre un bus pour Embilipitiya dans un premier temps. L’idée étant de rejoindre Dalhousie en fin de journée, au pied du pic d’Adam que nous voulons gravir. Pour l’heure nous prenons place à bord d’un bus encore désert. L’avantage d’arriver tôt est de trouver de la place, et pour nos sacs et pour nos fesses. Le trajet démarre sur les chapeaux de roue. La route est sinueuse. Le bus valdingue dans tous les sens. Nous sommes ballotés de tous côtés. C’est à ce jour le trajet de bus le plus rock’n’roll que nous ayons fait. Chaque crevasse donne lieu à de vives secousses. La route devient de moins en moins large. Les virages de plus en plus serrés. Un virage raté et c’est le ravin assuré. Nous faisons confiance à notre chauffeur qui semble maîtriser son engin lancé à pleine vitesse. En même temps nous n’avons pas le choix que de nous en remettre à son savoir-faire. La statue de budhha installée sur le tableau de bord est censée nous rassurer. Un signe ostentatoire à vocation de protection du bus par les dieux. Puissent-ils être avec nous sur ces routes difficiles à pratiquer ! 2h passent et le bus marque un arrêt pipi. Juste le temps de nous dégourdir les jambes que le bus repart. Durant le trajet, nous remarquons que les sri lankais adorent le tabac à chiquer. Nombre d’entre eux s’en délecte durant le trajet, crachant régulièrement par l’une des fenêtres. Charmant ! Ce qui se passe à l’extérieur du bus est plus reluisant. Les paysages défilent et deviennent de plus en plus beaux. Nous pénétrons dans les hautes montagnes sri lankaises. Sur les flancs de montagne, des plantations de thé à perte de vue. Certains champs sont occupés par les cueilleurs. Un peu plus loin, ce sont les usines que nous apercevons. De grands bâtiments vert pâle aux fenêtres ouvertes, sûrement destinés à faire sécher les feuilles de thé. Elles donneront lieu au thé Ceylan, un thé noir emblématique du Sri Lanka et connu dans le monde entier. Le bus continue sa course infernale. Nos fesses accusent le coup. Sur le chemin, nous prenons un villageois qui transporte sa bouteille de gaz. Ça y est notre heure peut sonner à tout moment. Un accident et boom terminé le voyage ! Du gaz dans un bus, faut voyager pour voir ça ! Il descendra quelques arrêts plus loin. Le contrôleur crie quelque chose qui ressemble à « Arrêt » chaque fois que le bus peut repartir. Les gens paient au contrôleur un prix fixé en fonction du tronçon qu’ils effectuent. Au plafond, des boutons poussoir servent à demander un arrêt au bus. Le stop est rapide, la montée tout autant. Nous sommes partis à 10h20 de Balangoda, il est 14h quand nous arrivons à Hatton. Il y a foule, c’est jour de marché. Du coup nous y faisons un petit tour rapide, déjà harcelés par les chauffeurs de tuk-tuk qui attendent les touristes à l’arrivée. Énormément de bus arrivent et repartent de cette ville. Nous nous renseignons sur le bus à prendre pour Dalhousie, notre point de chute pour ce soir. Nous devons changer de gare et aller 200 mètres plus haut, passant par un pont au-dessus de la voie ferrée et ayant ainsi un très joli aperçu de la gare ferroviaire de Hatton. Le bus pour Dalhousie arrive à peine 10 minutes plus tard. C’est reparti pour 1h de bus, toujours à un rythme effréné, sur des routes encore plus cabossés. Certains tronçons sont même en rénovation tant ils sont abîmés. Les plantations de thé sont omniprésentes. La brume des montagnes témoigne du climat idéal pour cette végétation luxuriante. Le lac en contrebas abrite 2 îlots. Le panorama est sublime ! Il compense avec l’expérience insolite que nos corps subissent au même moment. Il est 16h30 quand le bus marque enfin son stop final. Nous sommes heureux d’être au bout de ce périple fatiguant. Dalhousie est l’endroit d’où partent la majorité des pèlerinages pour Adam’s Peak. Le pic d’Adam est un des sommets les plus importants de l’île du Sri Lanka. Conique et haut de 2243 mètres, il est considéré comme un lieu saint par les hindous shivaïtes, les bouddhistes et les musulmans. C’est l’ascension que nous ferons dans la nuit. Depuis le village, le mont semble très haut. A son sommet, on y aperçoit même un temple. Tout le village est dédié à ce point d’intérêt. Nous ne peinons pas cette fois-ci à trouver une chambre pour la nuit. Julien négocie un très bon prix. L’argument du tour du monde marche à chaque fois et les locaux sont très compréhensifs quant à notre budget quotidien serré. Nous avalons un kottu rapidement avant de regagner notre chambre. La nuit va être courte donc autant nous reposer un petit peu avant la grande ascension dans quelques heures.

Où dormir ?Green View Inn, 10 € la nuit, chambre propre avec lits jumeaux, douche chaude, balcon.

BUDJET DÉPENSÉ21,43 € sur un budget prévu de 60 €.

Prenons place à l’intérieur du bus

Prenons place à l’intérieur du bus

Arrêt pipi dans un petit village

Arrêt pipi dans un petit village

Les villageois ravis de voir des touristes

Les villageois ravis de voir des touristes

Petit village de montagne

Petit village de montagne

Retrouvailles entre villageois et occupants du bus

Retrouvailles entre villageois et occupants du bus

Gare ferroviaire de Hatton

Gare ferroviaire de Hatton

La vue sur les plantations de thé depuis le bus

La vue sur les plantations de thé depuis le bus

Dalhousie, village d'accueil des pèlerins pour l’ascension d'Adam’s Peak

Dalhousie, village d’accueil des pèlerins pour l’ascension d’Adam’s Peak

 

 

JOUR 10

DALHOUSIE

 

Il est 1h du matin quand le réveil sonne. Avec une nette impression de ne pas avoir assez dormi. Le pic d’Adam est l’objectif du jour, il est donc l’heure de se lever et de nous préparer. 2h, nous prenons la route. Le sommet culmine à 2243 mètres d’altitude et pas loin de 5200 marches nous attendent. On ne soupçonne pas encore la difficulté de l’exercice. La montée est divisée en 3 grosses sections. La première, du départ jusqu’à un temple, est assez simple à pratiquer. Les paliers sont plutôt plats, alternés par quelques marches, mais le dénivelé n’est pas très important. On passe le temple, où un bonze nous donne sa bénédiction pour l’effort à venir. Il nous accroche un bracelet blanc au poignée. Nous faisons un don de 1000 roupies (5 € pour nous 2), comme c’est le cas de la majorité des courageux du jour. Jusque-là tout va bien et on se gargarise même de la facilité de la montée. C’était parler trop vite… la deuxième section est selon nous la plus difficile. Le dénivelé augmente clairement et les marches se rétrécissent, en plus d’être de taille inégale. On en a clairement bavé, n’ayons pas peur des mots ! Déjà que nous étions en sueur, dans cette deuxième partie c’est vraiment notre mental qui a joué. Imagine toi dans un escalier géant dont tu ne vois pas la fin. La seule chose que tu as en tête : grimper coûte que coûte pour atteindre le sommet. A la sortie de ce deuxième tronçon, nous avions déjà fait 2/3 du parcours. La température descend encore. Le vent se lève. La brume envahit le paysage. Nous sortons nos doudounes pour nous protéger du froid. Le temple est à vue. Mais il reste encore des centaines et des centaines de marches à monter. Nous profitons d’un filet d’eau sortant d’un tuyau propre pour refaire le plein dans nos gourdes Lifestraw. Pas le temps de refroidir, nous reprenons la montée. Nos abducteurs tirent. Nos chevilles chauffent. Nos mollets crient. Notre corps en prend un coup, n’étant pas de grands sportifs, encore moins des habitués des treks en montage. L’altitude par contre ne nous joue pas de tour. Pas de nausée ni de mal des montagnes. Nous continuons à monter, marche après marche. Le physique devient machinal, nous ne réfléchissons même plus. C’est mental. Tout se joue là-haut. Il ne faut rien lâcher, on ne veut pas lâcher. Après 1h50 d’effort, nous passons le dernier estancot. 10 minutes, il reste 10 minutes d’effort avant d’atteindre le sommet. Les derniers 200 mètres. Certainement les plus durs aussi. Le chemin se rétrécit encore, le dénivelé ne s’adoucit pas. Nous nous tenons aux barres de sécurité. Nos mollets sont en feu. L’arrivée est là à quelques marches de nous. Cette fois ça y est. Nous passons le portique du temple juché au sommet du pic d’Adam. Nous l’avons fait ! Nous avons gravi les 5200 marches et avalé 2243 mètres de montagne. Nous sommes fiers de nous. La preuve que notre physique est pas mal, notre mental redoutable. Nous arrivons sur les coups de 4h du matin. Le soleil ne se lève qu’à 6h20 aujourd’hui. Énormément de sri lankais ont passé la nuit là. Emmitouflés sous de simples couvertures, ils bravent le vent et attendent que le jour se lève. Il fait vraiment froid là-haut. Notre doudoune parvient à peine à nous réchauffer par-dessus notre tee-shirt trempé de sueur. En attendant, nous faisons le tour du temple en chaussettes, chaussures à la main. Énormément de pèlerins sont montés prier. On sent beaucoup de ferveur. Certains portent leurs bébés sur leurs épaules. Certaines personnes sont très âgées. Des centaines de personnes sont réunies ici, au sommet, sous un ciel couvert et élégamment venteux. Au centre de la montagne, on trouve une empreinte de pas. Les religions y voient différentes significations. Pour les bouddhistes, il s’agirait de l’empreinte de Bouddha. Une stèle dorée représentant son pied est érigée dans un temple surveillé par un bonze, et dans lequel aucune photo n’est autorisée. Le sommet a tout d’un sanctuaire et la spiritualité est le maître mot. Chacun est venu y chercher quelque chose. Une cloche se laisse marteler par les passants, comme pour marquer son passage sur le pic d’Adam. Après tant d’efforts physiques, Julien se laisse prendre au jeu et fait retentir vigoureusement la grosse cloche. Suivi de Nicolas qui la fait retentir de manière plus discrète. Nous prenons maintenant place sur une sorte d’escalier, comme si nous n’avions pas avalé assez de marches. Il est 5h20, encore une heure à attendre. Le froid nous saisit et le vent se fait toujours plus fort. Une poignée de minutes plus tard, un gardien demande à ce que tout le monde se mette debout et se serre. La chaleur humaine agit comme un radiateur d’appoint. Nous sommes en poste, prêts à observer le jour se lever. Le ciel est archi chargé. La brume envahit tout. Aux alentours de 6h, le ciel passe du noir profond au bleu électrique. La ferveur s’entend. Tout le monde a le regard tourné à l’est. Le bleu s’éclaircit, laissant apparaître un joli clair de lune. 6h24, les premières lueurs du jour apparaissent. Nous sommes au-dessus des nuages, nous ne voyons rien. Le soleil non plus, confortablement caché sous d’épais nuages gris. Nous amorçons la descente. Au milieu d’une foule compacte qui se presse de repartir. La tempête menace. Le vent s’engouffre dans le corridor principal. Nous accélérons un peu le pas pour redescendre en altitude. Enfin, le calme revient. Nous laissons la foule et la houle derrière nous. Le paysage s’éclaircit, les monts apparaissent. A leurs pieds, d’immenses lacs. Le panorama est à couper le souffle. On imagine que ce doit être la carte postale les grands jours de plein soleil. Nous immortalisons les paysages. De chaque côté des escaliers, la beauté insolente de la nature nous interpellent. La végétation est luxuriante. Les forêts s’étendent à perte de vue. On devine les plantations de thé. De nombreuses espèces d’oiseaux accompagnent notre effort. Des centaines de papillons aussi. Plus bas ce sont des singes sauvages qui viennent à notre rencontre. Continuellement, ce sont les sourires des sri lankais qui rythment nos pas. Nous avalons les marches. Fort heureusement, le chemin est bétonné entièrement. Mais nos mollets tiraillent. Nos articulations chauffent. Nous ne sentons même plus le poids de nos corps. Alors que nous n’en sommes qu’au tiers, nous réalisons l’exploit physique que nous venons d’accomplir. Et plus la descente s’effectue, plus nous prenons conscience que nous avons arpenté chacune de ces marches. La descente semble interminable. 2000 marches, 3000 marches, 4000 marches, l’effort est vraiment intense. Nicolas fait une moue déconfite, Julien n’en mène pas large non plus. Nous poursuivons l’effort. Encore 1200 marches à franchir. Nous ne pensons qu’à une chose : la douche chaude qui nous attend en rentrant. 500 marches, 200 marches, 50 marches, nous retrouvons enfin le plat. 1h45 de descente contre 2h pour la montée. Il est 8h15 quand nous terminons cet effort physique intense. Un dernier bonze nous donne sa bénédiction et nous accroche un bracelet symbolique. Nous n’avons plus beaucoup de roupies sur nous pour faire une donation mais le cœur y est. La victoire est belle. Nous nous posons enfin, nos estomacs réclament un bon petit déjeuner. Ce moment sera l’occasion de mesurer ce qui vient de se passer. Les sportifs du matin rentrent les uns derrière les autres, tous avec la même mine déconfite. Le pic d’Adam se mérite ! Finalement, il vaut mieux ne pas savoir à quoi s’attendre en arrivant à son pied. Si c’était à refaire, pas sûr qu’on signerait à nouveau ! Il est à présent temps de rentrer prendre cette fameuse douche. Nous décidons même de prolonger notre séjour d’une nuit et de consacrer la journée au repos. Nous avons encore un marathon à tenir devant nous. Nous ménageons nos corps et nos esprits. La chambre est confortable, le coin calme et sympa, la douche chaude, nos hôtes adorables. Nous restons à Dalhousie pour la fin de la journée et la soirée, et après la bonne nuit qui s’annonce, nous reprendrons la route avec des souvenirs plein la tête et une certaine fierté !

BUDJET DÉPENSÉ31,67 € sur un budget prévu de 60 €.

Levé du soleil au sommet de Adam's Peak

Levé du soleil au sommet de Adam’s Peak

Vue sur la vallée et son lac

Vue sur la vallée et son lac

Début de la descente

Début de la descente

Petite pause avant de repartir

Petite pause avant de repartir

La partie la moins difficile

La partie la moins difficile

On ressent la souffrance sur le visage des gens

On ressent la souffrance sur le visage des gens

Les dernières marches avant la délivrance

Les dernières marches avant la délivrance

Balade verdoyante dans les champs d'arbres à thé

Balade verdoyante dans les champs d’arbres à thé

 

 

JOUR 11

DALHOUSIE

HATTON

NUWARA ELIYA

 

Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, nous sommes à nouveau frais comme des gardons. Il est grand temps de reprendre l’aventure. Cap vers Nuwara Eliya ce matin. Nous prenons un premier bus pour Hatton. Le trajet est l’occasion de stocker de nouvelles images dans nos têtes. Nous croisons notamment un chantier où des ouvriers rénovent la route. La dynamite destinée à percer la roche vient interrompre les machines. Derrière, elles s’activent pour déblayer la route et laisser notre bus passer. Nous arrivons à nouveau au niveau des lacs Maskeliya et Castleregh. Les panoramas sont dingues. L’eau est si belle qu’elle en appelle à la baignade. Tout autour, des arbres géants droits comme des piquets et parfaitement alignés bordent les étendues d’eau. Dommage que nous n’ayons pas pu y marquer un stop, le plaisir restera pour nos yeux. Tout autour, les plantations de thé parfaitement entretenues, comme en témoignent les nombreux feux de brindilles encore fumants au bord des route. Des femmes cueillent les précieuses feuilles de thé fraîches, armées d’un sac en tulle accroché autour de leur tête, un morceau de bois venant le plaquer contre leur nuque. Le ramassage des feuilles s’effectue à deux mains sous un soleil de plomb et s’enchaîne à un rythme soutenu. Un simple turban en tissu les protègent du soleil. Nous ne voyons quasiment que des femmes dans les champs, les hommes s’activant à entretenir les parcelles. Nous prendrons le temps dans les prochains jours de découvrir les plantations de l’intérieur. Les fleurs des champs sauvages apportent un peu de couleurs dans paysage dominé par le vert. Nous traversons de nombreux petits villages plutôt pauvres, les habitations semblant en mauvais état. Aux alentours de 11h30, nous arrivons à Hatton. La frénésie règne en maître. Énormément de bus s’y concentrent. Les contrôleurs crient de toute part pour orienter les futurs passagers. Nous trouvons rapidement notre deuxième bus pour rejoindre Nuwara Eliya. Julien profite de ces quelques minutes de stationnement pour aller acheter quelques fritures sur le marché. On ne sait pas toujours ce qu’on achète ni le goût que ça aura. On se fie à l’apparence. Au menu ce midi : palets frits aux lentilles corail, boulettes frites au parmentier de poisson et rouleaux à l’œuf panés. Quelques vendeurs ambulants montent dans le bus encore à l’arrêt pour tenter de vendre de la nourriture et des friandises. Trop tard, nous avons la peau du ventre bien tendue ! C’est reparti dans 2 bonnes heures de bus. Notre nouveau chauffeur conduit très lentement. Sans mentir, il n’a pas dû dépasser les 30 km/h pendant les 3/4 du trajet. Mais alors que nous traversons une zone en lacets, le voilà qu’il se réveille et met les gaz. Le bus décolle presque pour se retrouver sur deux roues tant le chauffeur prend ses virages serrés. Mieux vaut avoir le cœur bien accroché. A 14h, notre frayeur se termine et nous regagnons la terre ferme. Nous voilà à Nuwara Eliya, une ville qui semble un peu plus riche que celles qu’on a vu jusqu’à présent. Toujours les mêmes codes : bruit, foule, klaxonne. Mais qui est ici utilisé pour signaler sa présence ou remercier quand un véhicule cède le passage. Ce n’est pas comme chez nous un signe de protestation ou de colère au volant. La ville accueille beaucoup de touristes. Centrale, elle est un point stratégique pour visiter la zone alentour. Nous profitons d’un café et surtout de sa connexion wifi pour repérer les « Guest House » autour de nous. Rapidement nous en trouvons une dans notre budget. Nous bookons 3 nuits pour avoir le temps de visiter la région. L’après-midi est consacrée à une petite balade bucolique. Nous repérons un grand lac aux abords de Nuwara Eliya. Sur le chemin, nous longeons le Victoria’s Park, un immense parc parfaitement entretenu mais dont le prix de l’entrée nous a un peu refroidi. Un peu plus loin, c’est le Central Market qui attire notre attention. Si tu nous lis assidûment, tu as dû comprendre que nous sommes deux férus de marché ! On traverse donc celui-ci pour y admirer les étales de fruits et légumes parfaitement rangés, humer l’odeur des poissons séchés ou encore zieuter la viande qui semble passée de date tant la chair est marron. On pourrait visiter tous les marchés du monde qu’on s’en lasserait sans doute pas. Quelques centaines de mètres plus loin, nous longeons la rivière Nanu Oya. Sur son lit, de petites maisons et des pavillons rappelant les cottages anglais en arrière-plan. Des plantations de choux bordent également la rivière. Des pêcheurs y jettent leurs lignes au milieu d’une flaque de plastique. Pas sûr que le poisson attrapé dans ces eaux douteuses soit vraiment ragoûtant dans l’assiette. Mais ça a l’air de mordre, leurs sachets en plastique ballotant sous l’effet des spécimens encore vivants. Le lac Gregory est face à nous et se révèle, comment dire, décevant. Après les lacs des montagnes que nous avons quitté ce matin, celui-ci fait vraiment pâle figure à côté. Sur le chemin du retour nous croisons énormément de poneys au poil beige et à la crinière dorée en liberté. Ils doivent appartenir au centre équestre situé juste à côté. Ici, ils vont et viennent. C’est beau de les voir ainsi jouer et répondre volontairement aux caresses des passants. Des vaches aussi traversent la route comme bon leur semblent, n’ayant que faire des klaxonnes qui tentent de leur faire presser le pas. C’est un sacré mélange de nature et de mobilité, un assemblage assez irréel et pourtant qui se déroule là sous nos yeux. Le temps se gâte, nous prenons nos premières gouttes de pluie. Il en faut plus pour nous démotiver. Nous profitons d’être de retour dans le centre de Nuwara Eliya pour louer un scooter pour les deux prochains jours. Ainsi nous serons plus libres de nos mouvements et surtout nous n’aurons pas à payer le tuk-tuk, qui profite ici de l’attrait touristique pour gonfler les prix. C’est le jeu ! Nous rentrons nous changer et pour la première fois depuis notre arrivée au Sri Lanka nous avons limite froid. Le climat des hautes montagnes n’est pas celui du sud du pays. Ici, nous passons à peine la barre des 20 degrés. Nous revêtons jean et sweat-shirt et nous partons nous restaurer. Un petit restaurant de spécialités locales se trouve au bout de notre rue. Nous remplissons nos ventres avec de nouveaux kottu rotti au poulet pour finir par une tasse de thé Ceylan. Il est à présent l’heure de fermer nos petits yeux que demain la journée s’annonce chargée. En espérant que la météo soit avec nous !

Où dormir ?OYO 238 Selva’s guest House, 12 € la nuit, grande chambre propre, douche chaude, salon, connexion Wifi très mauvaise.

BUDJET DÉPENSÉ40,86 € sur un budget prévu de 60 €.

Arrivée à Nuwara Eliya

Arrivée à Nuwara Eliya

Julien passion bananes

Julien passion bananes

Plusieurs mètres d'étalages de bananes

Plusieurs mètres d’étalages de bananes

Stand de poissons séchés

Stand de poissons séchés

Vendeurs d'oeufs et d'épices

Vendeurs d’oeufs et d’épices

Un vendeur de poulets

Un vendeur de poulets

Petite maison d'agriculteur et sa plantation de choux

Petite maison d’agriculteur et sa plantation de choux

Petites maisons proches du lac Gregory

Petites maisons proches du lac Gregory

 

 

JOUR 12

NUWARA ELIYA

HORTON PLAINS

 

8h du matin, nous nous mettons en route vers Horton Plains. Le ciel est très chargé et il y a beaucoup de vent. Nous prenons le risque, nous composerons avec dame nature. Le parc est à 30 km de Nuwara Eliya et il faut compter 1h30 pour le rejoindre en scooter. Le trajet est l’occasion de traverser de nombreux petits villages via des routes de montage entourées d’arbres luxuriants. Nous traversons également d’immenses champs verts où les vaches sont reines. Les fermes produisent lait, fromage, crème, beurre ou même glace. Nous passons devant la « Highland Milk Factory », une des marques célèbres du pays. L’usine est immense, on devine l’importance de la production. La région est propice par son climat à l’agriculture. Nous longeons les champs fraîchement labourés, ou même des potagers bien garnis. Avec une terre qui semble aussi fertile, pas étonnant que les étales des marchands soient garnis de beaux légumes. A mesure que nous nous enfonçons dans les hauteurs, la température descend clairement. Nous avons même froid par moment. Le climat n’est clairement pas le même que dans le sud ! Nous arrivons à Horton Plains sur les coups de 9h15. L’entrée est payante et le prix est un véritable mystère. En tout, entre les entrées au tarif étranger, les taxes, le droit de parking et les frais de dossier, on en a pour 7500 Rs à 2, soit 37 €. Ce n’est pas donné mais ça aurait pu être pire si nous étions venus en bus privé, tuk-tuk ou voiture, taxé eux-aussi. En revanche pas de supplément pour le scooter, ce qui est bon à savoir si tu veux réduire la note. Attention, les drones sont strictement interdits dans le parc. De toute façon, tous les sacs sont fouillés à l’entrée donc impossible de feinter ! Nous débutons la randonnée à 9h45. Le sentier de 9 kilomètres est balisé et fait une boucle. Tu peux le faire de la gauche vers la droite ou inversement. Étants droitiers, nous partons instinctivement sur le sentier de droite. Immédiatement nous sommes sous le choc ! Les paysages sont incroyablement différents de ceux qu’on avait déjà apprécié au Sri Lanka. Ici, on se croirait hors zone, dans un autre pays. Ça nous rappelle l’Afrique par rapport à l’image qu’on s’en fait. On imagine aisément un film comme « Le Roi Lion » être tourné ici. La plaine est aride par endroit, verdoyante à d’autre, quasiment déserte parfois. Le décor nous laisse sans voix. La météo est avec nous. A peine avions-nous pénétré dans le parc, que le ciel s’est mis en pause au bleu et que le vent a cessé. D’ailleurs, il est bon de noter qu’il n’y a que très peu de zones d’ombre dans le parc. Pas de café évidemment puisque c’est une réserve naturelle. Nous avons nos gourdes et elles sont plus que bienvenues sous cette chaleur. La randonnée est plutôt simple sauf à quelques endroits où le chemin se complique un peu. Nous avançons, seuls au monde. Le parc est quasiment vide. Même les animaux semblent l’avoir déserté. Nous apercevons un petit caméléon vert, effrayons un petit écureuil, entendons des dizaines de grenouille, marchons entourés de centaines de papillons blancs, suivons les cris des oiseaux habitant le parc ou passons sous des arbres occupés par des colonies de singes sauvages. D’ailleurs le parc abrite des espèces endémiques d’oiseaux qu’on ne peut voir qu’au Sri Lanka. Nous arrivons au premier spot remarquable du parc : « Baker’s Falls », une cascade en pleine jungle. Nous y accédons via un escalier, encore un, où nos mollets tiraillent à chaque marche, encore traumatisés par l’ascension du pic d’Adam quelques jours plus tôt. La cascade est jolie et un arc-en-ciel se forme dans le nuage de brume qu’elle dégage. Nous poursuivons la randonnée en traversant une forêt dense. Le chemin est plus compliqué. Nous avançons avec prudence. Il ne faudrait pas se casser une jambe au milieu de nul part. Nous arrivons maintenant au deuxième spot remarquable du parc : « World’s End ». Un panorama sur toute la vallée. La vue est presque totalement dégagée. Nous immortalisons l’instant. Nous mesurons la grandiloquence de la nature. Notre petitesse par la même occasion. C’est le spot qui attire le plus de touristes et qui est souvent mis en avant sur les blogs. Il est vrai que la vue est sympa. Quelques nuages empêchent la vue sur l’ensemble de la vallée mais nous comprenons l’idée. Quelques dizaines de mètres plus loin, nous arrivons au 3ème et dernier spot remarquable du parc : « Little World’s End », la même chose que le grand mais en moins bien. La vue est moins dégagée et le panorama moins impressionnant. Nous abordons le dernier quart de la randonnée. Nous remontons dans le lit d’une rivière, pierre après pierre. Le silence environnant est l’occasion de nous vider la tête et d’apprécier le silence justement. Nous revenons au croisement initial, ravis de cette balade bucolique dans des paysages surprenants. Une mixité rendue possible par le climat très particulier qui règne sur cette plaine et l’immense variété de sa flore. Il est 12h45 quand nous regagnons le point d’entrée, soit 3h pile pour effectuer la randonnée. Sur le parking, une espèce de biche broute l’herbe sèche. Elle semble habituée aux touristes. Elle se laisse prendre en photo, se laisse même approcher, voir caresser. L’animal est docile et donne lieu à de très beaux clichés avec son habitat naturel en arrière-plan. Nous remontons sur le scooter des images plein la tête et la sensation d’avoir vécu encore un très beau moment. Sur le retour, nous traversons le village de Pattipola. La voie ferrée coupe le village en de nombreux points. Les sri lankais marchent à même la voie, sans peur que le train n’arrive. L’image est belle. De nombreux marchands de légumes installés au bord des routes témoignent de l’activité agricole importante dans la région. De nombreux vendeurs de fraises également. Nous rentrons à Nuwara Eliya faire le plein. Les plaines ont eu raison du réservoir de notre scooter. En début d’après-midi, nous prenons la route du nord pour aller explorer les environs et rejoindre une cascade. Les villages des montagnes sont vraiment mignons, occupés par des maisons de toutes les couleurs. Sur la route, nous croisons une quinzaine de cueilleuses de thé. Il est 15h30, apparement c’est la fin de leur journée. L’une d’entre elles nous fait signe d’approcher. Elle a le sourire jusqu’aux oreilles de nous montrer ce qu’elles font. En file indienne, et chacune leur tour, les femmes lui tende leur filet garni des précieuses feuilles de thé. Seules les jeunes pousses semblent être ramassées. Un contre-maitre note sur le carnet que lui tend chacune des femmes le poids de la récolte du jour. On imagine donc que les femmes sont rémunérées en fonction du poids de feuilles de thé ramassées. Il n’y a que des femmes qui présentent le résultat de leur journée de travail. Les feuilles de thé sont ensuite transvasées dans de plus gros sacs, pour ensuite être chargés dans une camionnette. Puis direction l’usine à thé où elles seront séchées. Ce sont ces feuilles qui constituent le thé Ceylan célèbre dans le monde entier. Après avoir assisté à cette scène, nous ne boirons plus jamais notre thé de la même manière. Nous entamons la discussion avec celle qui nous avait fait un grand signe. Elle nous explique que leurs journées débutent à 10h pour se terminer à 15h30. Nous lui expliquons vouloir en apprendre plus sur la récolte du thé dans les plantations et lui proposons de venir les aider le lendemain dans les plantations. Elle accepte, le rendez-vous est donc pris. En espérant les retrouver et pouvoir les aider. En tous cas, ce moment fut rapide mais intense. Nous tenterons d’approfondir la question demain. Nous reprenons notre route. Enfin si on peut appeler ça une route ! Elle est totalement défoncée par endroit. D’énormes trous nous font faire de sacrés bons. Nous parcourons près de 10 kilomètres ainsi. Le scooter peine à avancer. Mais à force de persévérance, nous arrivons enfin à la cascade que nous étions venus chercher. Déception ! « Pundalu oya falls » est au bord d’une route, accolée à une maison de fortune, sans grand intérêt. Les photos mises en avant par les publicités locales sont plus avantageuses que la réalité. Nous faisons donc le chemin dans le sens inverse et repartons pour une bonne heure de tape-cul. Les villages traversés sont par contre très mignons. Nous croisons même des agriculteurs en train de laver leur navets fraîchement récoltés directement dans la rivière. Plutôt insolite n’est-ce pas ? La journée a été riche en émotions. Nous avons parcouru 100 kilomètres en scooter sur des routes vraiment hasardeuses par moment. Nous rentrons exténués de notre journée. Une bière et une douche plus tard que nous nous mettons déjà au lit. Sans même ressortir manger. Comme quoi, vivre une journée à fond n’est pas de tout repos mais tellement vivifiant pour l’esprit. Reposons-nous, que demain on a promis à nos amies du jour d’aller les aider dans les plantations et ça pourrait ne pas être aussi facile que ça en a l’air !

BUDJET DÉPENSÉ51,37 € sur un budget prévu de 60 €.

Début de la randonnée à Horton Plains

Début de la randonnée à Horton Plains

Les vastes plaines d'Horton Plains

Les vastes plaines d’Horton Plains

Petite cascade

Petite cascade

Baker’s Falls

Baker’s Falls

Petit ruisseau dans la plaine

Petit ruisseau dans la plaine

La vue depuis World’s End

La vue depuis World’s End

Dernier chemin avant la fin de la randonnée

Dernier chemin avant la fin de la randonnée

Rencontre avec le sambar du Sri Lanka

Rencontre avec le sambar du Sri Lanka

Sur le chemin du retour, nous croisons des cueilleuses de thé

Sur le chemin du retour, nous croisons des cueilleuses de thé

Magnifique sourire d'un cueilleuse de thé

Magnifique sourire d’un cueilleuse de thé

En file indienne pour la pesée des sacs !

En file indienne pour la pesée des sacs !

Remplissage des sacs de thé avant le départ pour l'usine

Remplissage des sacs de thé avant le départ pour l’usine

Cueilleuses de thé dans les champs

Cueilleuses de thé dans les champs

 

 

JOUR 13

NUWARA ELIYA

PLANTATIONS DE THÉ

 

Réveil en fanfare avec l’excitation d’aller retrouver nos amies de la veille dans les plantations de thé. Nous arrivons sur place à 10h pétantes. Nous voyons une vingtaine de têtes dépasser des arbres à thé. Elles sont déjà à pied d’œuvre. Nous arrivons à l’heure de la pause. En réalité, elles s’activent depuis 7h30 du matin. A 10h elles marquent une pause déjeuner. C’est aussi l’heure de la première pesée du matin, sous l’œil aiguisé de leur contre-maître qui note sur les carnets individuels de chaque cueilleuse le poids de sa récolte. Un kilo de feuille ramassé équivaut à 40 roupies, soit environ 20 centimes d’euros. La cheffe de groupe, celle que nous avions repéré la veille pour son tempérament vivace, soulève chaque filet pour aider son contre-maitre dans l’exercice. Elle nous confesse qu’une bonne journée permet de gagner entre 700 et 750 roupies, soit à peine 4 € pour les meilleurs jours. La moyenne par fille est fixée à 16 kilos de feuilles ramassées par jour. Chaque journée est rythmée par 3 pesées, découpant la journée de travail et permettant à chacune de souffler un peu avant de retourner aux champs. A l’heure de la pesée, les femmes se mettent en file indienne en attendant la pesée de leur récolte et la consignation du poids sur leur carnet. L’organisation est scolaire et rodée. Les cueilleuses nous accueillent avec de grands sourires, heureuses de partager ce moment avec nous. Tandis que certaines nous proposent de goûter à leurs victuailles, d’autres nous proposent une tasse de thé. De thé justement il va en être question. Elles retournent dans les plantations 30 minutes plus tard. Il est 10h30, les choses sérieuses vont commencer. Rien que l’ascension dans les plantations est une épreuve. Les côtes sont raides, les chemins de terre pas vraiment aménagés. Alors que nous sommes en baskets, nous avons du mal à suivre nos hôtes du jour. Elles avancent d’un pas entraîné, en tongs, dans ces chemins caillouteux à souhait. Nous voilà au milieu des arbres à thé, avec l’une des cueilleuses qui nous prend sous son aile. Elle nous explique qu’il faut cueillir uniquement les jeunes pousses, reconnaissables par leur couleur vert clair. Ce sont elles qui donneront le fameux thé Ceylan, un thé noir, après transformation dans les usines. Il faut voir à quelle cadence elle s’exécute. Elle y va avec les deux mains. Tac tac tac, elle arrache toutes les jeunes pousses qui se présentent à elle. En deux temps trois mouvements, l’arbre à thé est complètement taillé. Il ne reste que les feuilles vert foncé qu’on ne ramasse pas. Nous lui proposons de l’aider. Elle nous prête son filet, entouré directement autour de la tête avec une ficelle. Ainsi nous avons les deux mains libres, le filet dans le dos et les arbres à thé à décimer devant nous. Nous tentons le mouvement. Il est gauche et moins aguerri que celui de notre professeure. Elle sourit. Il y a de quoi. Nous essayons de suivre la cadence. Et surtout de ne pas mettre dans son filet de mauvaises feuilles ou pire des mauvaises herbes qui poussent parfois au milieu des arbres à thé. Alors qu’elle nous confie de grosses poignées de jeunes pousses, nous avons seulement une des deux mains pleines. Assurément nous n’avons pas la bonne technique. Après 30 minutes à nous exécuter, nous réalisons la pénibilité et la monotonie de ce travail. Ces femmes sont de 7h30 à 15h30 dans les plantations, toute l’année, du lundi au samedi, sous un soleil de plomb, à récolter des feuilles à deux mains. C’est un travail vraiment rébarbatif et pourtant elles le font avec le sourire. Dorénavant il est certain que nous ne boirons plus jamais notre thé de la même manière. Nous reverrons le visage de Moniyama, notre guide du jour, qui a tant sourit en nous voyant récolter de manière hasardeuse les feuilles. Nous repenserons à toutes ces femmes courageuses, pratiquement pieds nus, sur des flancs de collines abruptes, à longueur de journée, récolter des feuilles de thé dans une cadence folle. Nous aurons en mémoire leurs sourires et leur entrain à vouloir partager leur quotidien avec les touristes. Nous serons désormais les témoins de ces petites mains sans qui aucune théière ne saurait infuser ! Nous reprenons notre scooter pour descendre quelques kilomètres plus bas dans la vallée. Nous arrivons à l’usine « Damro Factory », le producteur de thé à qui appartient les plantations dans lesquelles nous avons découvert la récolte des feuilles. La visite est gratuite. Une guide locale nous propose de nous faire la visite. Elle prend le temps de nous expliquer chacune des étapes de la fabrication du thé. Les explications sont en anglais, mais entre le débit de parole et son accent, nous ne parvenons à comprendre qu’un mot sur deux. Nous retenons que plus de 600 femmes travaillent pour cette usine. Il faut 10000 kilos de feuilles de thé pour obtenir 2000 kilos de produit fini. Les feuilles sont dans un premier temps sécher dans d’immenses séchoir. Les feuilles perdent ainsi 80% de leur humidité. Elles sont ensuite triées, broyées et réduites en miettes. Le thé vert est obtenu sans fermentation. Le thé noir est obtenu suite à une fermentation naturelle. Le thé blanc lui est réalisé avec une autre technique et le cœur de la feuille de thé, ce qui explique son prix plus élevé. Le thé ainsi broyé passe dans dans plusieurs machines, des espèces de centrifugeuses, des fours, des tapis, avant d’arriver à la forme que l’on connait. L’usine fonctionne 24h/24 du lundi au samedi. Le thé est vendu sur place et exporté dans le monde entier grâce à la place des marchés de Colombo qui gère les exports internationaux. Vue l’importance des plantations de thé au Sri Lanka, pas étonnant que le pays soit l’un des plus gros acteurs au monde en la matière. La visite se termine par une tasse de thé offerte, de quoi éveiller les papilles et donner envie de passer à la caisse. Nous reprenons le scooter et poursuivons notre route vers une deuxième usine, la « Blue Field Factory ». Le bâtiment est maculé de bleu, tu t’en serais douté, avec ses grandes fenêtres ouvertes laissant s’échapper des vapeurs de thé évidemment. A l’intérieur, il règne une chaleur intense. Nous découvrons des femmes travaillant dans cette atmosphère humide et chaude sans relâche. La production de thé bat son plein et les feuilles réduites en poudre défilent sur les tapis roulant. L’usine tourne à plein régime. Nous prenons le temps de faire quelques photos pour compléter nos connaissances en la matière. Après une bonne matinée consacrée au thé, nous poursuivons notre route vers le village de Ramboda plus au sud, apparemment célèbre pour ses cascades. La route serpente et les virages sont serrés. Après une bonne heure à faire des lacets, nous arrivons aux fameuses cascades. Il y en a 3 : une « lower », une « middle » et une « upper ». Ce sont les deux dernières qui retiennent notre attention. Au niveau d’un pont, nous accédons à la « middle », la cascade intermédiaire des sœurs « Ramboda Falls ». Nous devons nous acquitter d’un droit de passage de 100 Rs chacun, soit 0,50 €. Au niveau de cette cascade intermédiaire, plusieurs sri lankais barbotent dans l’eau avec leurs enfants. Il est vrai que la chaleur du jour est un bon argument pour se laisser tenter par une eau de montagne qu’on devine fraîche. Pour l’heure, nous empruntons les escaliers – à croire qu’on en a pas eu assez avec Adam’s Peak – pour atteindre la « upper » cascade, qui comme son nom l’indique est la plus haute des 3. Nos corps souffrent un peu de ces ascensions à réplétion, mais au bout de 15 minutes nous arrivons enfin à la cascade tant convoitée. Elle découle d’un flanc de montagne abrupte et forme un réservoir à sa base. Le cadre est un peu désert et franchement joli. La chaleur est écrasante et nous retournons bien vite au niveau de la « middle falls ». Cette fois, nous nous laissons tenter par une trempette des pieds. L’eau est hyper fraîche mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Après avoir eu les mollets qui chauffent, cette immersion dans l’eau des montagnes nous fait le plus grand bien. Notre circulation sanguine nous dit merci. Nous restons ainsi 15 bonnes minutes à nous rafraîchir la demi-jambe. Le soleil commence à décliner, signe qu’il est l’heure de rentrer. Surtout que nous avons 20 bons kilomètres à faire avant la tombée de la nuit. Il est l’heure de remettre nos chaussures et de reprendre la route. Plus nous nous rapprochons de Nuwara Eliya et plus les vendeurs de fruits et légumes se font nombreux. D’abord les vendeurs de fraises à la sauvette, simplement installés avec une chaise et quelques barquettes à la main. Certaines vendeuses tendent même la barquette sur la route en criant « strawberry ». C’est plutôt drôle et atypique ! Ensuite les vendeurs de légumes, dont les étales généreusement garnis attirent notre attention. Nous nous arrêtons sur l’un d’eux afin de faire l’inventaire de la marchandise proposée. Le choix est impressionnant. Les légumes parfaitement rangés et de première fraîcheur. Dans une farandole de couleurs sont proposés : courgettes, courgettes jaunes, aubergines, choux vert, choux rouge, navets, bouquets de persil, sucrines, choux kale, coriandre, salade frisée, cornichons, concombres, choux-fleurs, betteraves, courges, gingembre, piments verts, carottes, basilic thaï, menthe, épinards, pommes de terre, pommes grenailles, tomates, poivrons rouge, citrons verts, aubergines zébrées, choux romanesco, oignons rouges, rhubarbe, etc. Il y en a vraiment pour tous les goûts. La qualité semble au rendez-vous. Les légumes sont beaux et ne présentent aucun défaut. Les primeurs les lavent en permanence. Les étalages donnent bien plus envie qu’au supermarché. Ce stop est l’occasion d’en prendre plein les yeux et d’éveiller nos papilles. Mais il est déjà l’heure de retourner en ville rendre le scooter. Le temps de remettre un peu de « gazoline » et nous voici à rendre les clés. Ces deux journées en totale liberté ont été géniales ! Quelle agréable sensation que de pouvoir sortir des sentiers battus à notre guise et explorer une région. Nous retournons dans notre chambre compiler ces nouveaux souvenirs pour notre blog avant de refaire nos sacs. Demain nous reprenons le bus en direction d’Ella avec de nouvelles aventures en perspective.

BUDJET DÉPENSÉ34,15 € sur un budget prévu de 60 €.

Parcelles d'arbres à thé appartenant à Damro Tea Gardens

Parcelles d’arbres à thé appartenant à Damro Tea Gardens

Pause de 10h pour les cueilleuses de thé

Pause de 10h pour les cueilleuses de thé

Le petit carnet consignant le poids de chaque pesée

Le petit carnet consignant le poids de chaque pesée

Remplissage des sacs avec les feuilles de thé

Remplissage des sacs avec les feuilles de thé

Dernières pesées avant le départ des sacs pour l'usine

Dernières pesées avant le départ des sacs pour l’usine

Camion transportant les récoltes du matin

Camion transportant les récoltes du matin

Reprise du travail avec le sourire !

Reprise du travail avec le sourire !

Notre professeure Moniyama nous montre les gestes

Notre professeure Moniyama nous montre les gestes

Julien tente de suivre la cadence

Julien tente de suivre la cadence

Nicolas s'exécute sous le regard vigilant de Moniyama

Nicolas s’exécute sous le regard vigilant de Moniyama

Une cueilleuse au beau milieu d'arbres à thé

Une cueilleuse au beau milieu d’arbres à thé

L'usine où sont transformées les feuilles de thé

L’usine où sont transformées les feuilles de thé

Les feuilles de thé en cours de transformation

Les feuilles de thé en cours de transformation

En fin de chaîne, on obtient enfin le précieux thé à infuser !

En fin de chaîne, on obtient enfin le précieux thé à infuser !

 

 

JOUR 14

NUWARA ELIYA

ELLA

 

Ce matin, cap sur Ella. Nous sommes déjà à la moitié de notre séjour au Sri Lanka. Le temps défile ! Retour donc à la gare routière de Nuwara Eliya où nous trouvons sans difficulté notre bus pour Ella. A la gare tu as toujours quelqu’un pour t’aider. Même dans ce capharnaüm infernal, l’organisation est plutôt pas mal à vrai dire ! Le trajet coûte à peine 1,80 € pour 2 bonnes heures de bus. La route n’est pas trop accidentée. Le trajet se passe sans mal. Nous traversons deux villes avant d’arriver à Ella. Deux villes typiquement sri lankaises et pas du tout touristiques. Le choc est grand en arrivant à Ella ! Une ville complètement moderne, avec ses restaurants servants des plats européens ou américains, ses cafés branchés, ses bars sur plusieurs étages, ses boutiques de vêtements, ses salons de tatouage, etc. Pour l’authenticité on repassera ! Pour la première fois depuis notre arrivée au Sri Lanka, on cherche limite les sri lankais. Il n’y a quasiment que des touristes ici. Les terrasses sont blindées. Le bruit des kottu rotti en préparation se fait très rare. Ici, c’est plutôt cocktails, happy hours, garçons musclés en débardeurs, filles en mini short, et backpackers de toutes nationalités. Ella est un choc tant nous sommes loin des codes sri lankais. On va prendre ça pour une pause. Cette ville nous rappelle Ubud à Bali qui nous avait fait la même impression. Un bon dans le temps, vers la modernité certes, mais qui tranche alors même qu’aux alentours se trouvent de tous petits villages plutôt pauvres. Ella concentre énormément de touristes venus prendre le train en direction de Kandy. Il s’agit de la plus belle ligne ferroviaire du pays paraît-il. Une ligne qui serpente dans les montagnes, prenant de grands virages dans les plantations de thé, et offrant un cadre parfait pour tous les photographes ou instagrameurs venus chercher LA photo ! Tu as dû voir passer des photos de ces trains sri lankais dans les plantations avec des influenceuses avec des robes volantes à moitié penchée dans le vide alors même que le train circule… ne t’attends pas à avoir la même chose sur notre feed ! Déjà parce que ni Julien ni Nicolas ne veut porter la robe ! Ensuite parce que nous sommes venus vivre des moments authentiques et qu’il n’y a rien de naturel dans ces positions. Pour l’heure, nous nous installons à une terrasse de café le temps de trouver une chambre dans notre budget pour les deux nuits à venir. L’avantage d’être dans une ville touristique est que nous n’avons pas de mal à trouver des chambres : il y en a partout et à tous les prix ! L’idée est de nous éloigner du centre mais pas trop de la gare ferroviaire, car nous aussi sommes venus ici pour en repartir en train en direction de Kandy. Nous trouvons une chambre dans une maison d’hôtes tenue par une famille adorable et très accueillante. Leur maison se situe en dehors du centre-ville, au beau milieu des plantations de thé. Le décor des deux prochains jours est planté. Nous prenons nos quartiers et devons répondre à une urgence logistique : la lessive ! Nous avons eu beau mettre plusieurs fois le même tee-shirt et le même slip, là il faut absolument que nous lavions notre linge. Notre baluchon sous le bras, nous partons en direction du centre-ville. Nous avons repéré une « laundry service » pas très loin. Ici, la blanchisserie est fixée à 500 roupies par kilo, soit 2,50 €. Sachant que nous avons 6 kilos de linge à deux, ça nous aurait coûté 15 €. Un luxe qu’on ne peut pas se permettre pour respecter notre budget quotidien. Direction donc le supermarché pour acheter de la lessive en poudre. De retour à notre maison d’hôtes, nous empruntons une bassine et nous mettons à faire notre lessive nous-mêmes. Ça deviendra sûrement notre nouvelle routine du dimanche. C’est drôle et plutôt efficace. En 30 minutes, nos deux lessives sont faites et étendues sur une balustrade. Avec le temps qu’il fait au Sri Lanka, le linge devrait sécher assez vite. Puis face aux plantations de thé, on aurait pas rêvé mieux comme cadre pour étendre notre linge. L’après-midi est consacrée au blog. Ces derniers jours, nous avions une connexion wifi vraiment mauvaise et nous n’avions pas pu avancer du tout sur notre carnet de voyage. Nous passons donc 3h à mettre en ligne nos aventures des derniers jours, retoucher nos photos et les mettre en place dans le texte. C’est vraiment un moment de décompression pour nous et de plaisir aussi de partager nos aventures avec toi. On a le sentiment de t’embarquer un peu avec nous et de te faire vivre notre voyage. Après cette parenthèse dédiée au blog, direction maintenant le centre pour nous délecter d’une bonne bière fraîche bien méritée. Nous nous installons en terrasse dans un café pas trop bondé. Juste en face, nous retrouvons notre restaurant de spécialités sri lankaises où nous avions déjà mangé le midi. L’estancot ne paye pas de mine mais la cuisine servie est locale et pas chère. Ici, aucun touriste ! Nous n’avons pas peur et au contraire on préfère vivre local et nous immerger à fond en mangeant justement dans des restaurants typiquement sri lankais. La cuisine est hyper sale mais ce qui est dans l’assiette est bon, espérons que ça passe dans nos estomacs. Sur le chemin du retour, nous sommes entourés d’une nuée de lucioles dont l’abdomen s’éclaire et s’éteint dès qu’elles entendent nos pas. Nous coupons la lumière de notre smartphone. La scène qui se joue devant nous est d’une poésie sans nom. C’est tellement beau de pouvoir admirer ces insectes décimés depuis de nombreuses années chez nous à coup de pesticides. C’est comme si les étoiles s’étaient détachées du ciel et virevoltaient au-dessus de nos têtes. Retour dans notre chambre où nous nous calons devant la saison 2 de « You », un autre moyen d’oublier que nous sommes en voyage et de décompresser.

Où dormir ?Ella Tea Land View, 10 € la nuit, grande chambre propre, douche chaude, vue sur les plantations de thé, famille hyper charmante.

BUDJET DÉPENSÉ28,59 € sur un budget prévu de 60 €.

Notre maison d’hôtes au milieu de la forêt et des plantations de thé

Notre maison d’hôtes au milieu de la forêt et des plantations de thé

 

 

JOUR 15

ELLA

 

Une nouvelle journée démarre. Et avec elle une petite balade matinale. Notre hôte nous fait passer par un raccourci et nous atterrissons directement sur la voie ferrée. Les rails s’enfoncent dans une jungle luxuriante à souhait. Nous avançons avec prudence au cas où un train viendrait à circuler. Direction le pont « Nine Arch Bridge », rendu célèbre par Instagram. Il s’agit d’un pont effectuant une courbe, supporté par 9 arches (d’où son nom), entouré de vert. Le cadre est majestueux et forcément instagramable. Mais le pont est aussi victime de sa popularité. On comprend mieux l’engouement pour Ella. Ici, énormément de touristes viennent se prendre en photo. Les influenceurs ont rendu le site célèbre avec leurs photos surfaites. Depuis le pont connaît une popularité grandissante et frôle la surfréquentation. Difficile donc de photographier l’édifice sans avoir un certains nombres de personnes sur la photo. Même quand le train passe sur le pont, en témoignent les fameuses photos Instagram, les touristes se placent dans les plantations alentours pour tenter d’obtenir le cliché parfait. Nous profitons de la beauté du pont, authentique et unique, et continuons notre balade pour nous éloigner de la masse de touristes. C’est vraiment  très plaisant de pouvoir se balader directement sur les voies ferrées. Le cadre y est pour beaucoup. Ce ne sont pas de simples rails posés au sol. La nature ajoute ce degré d’enchantement qu’on ne retrouve qu’au Sri Lanka. Nous prenons maintenant un tuk-tuk en direction du sommet « Ella Rock ». Une montagne culminant à 1041 mètres. Le bolide serpente pendant 4 kilomètres, avant de nous déposer à la gare ferroviaire de Kithalella. Nous devons à nouveau emprunter la voie ferrée pour rejoindre le point de départ de la randonnée. Cette fois, le train circule et nous devons nous écarter à son passage. Le train nous frôle, la sensation est frissonnante. Ça y est nous sommes au départ de la randonnée. Nous vérifions le sentier à emprunter sur l’application Maps.me, hyper pratique en voyage car elle te donne les cartes hors connexion et te calcule tes itinéraires pédestres notamment. Le sentier forme une boucle. Nous débutons donc par la droite. La première partie de la randonnée est tranquille et plate. Nous suivons un petit sentier qui passe le long des champs fermiers. Petit à petit, le chemin se rétrécit et nous arrivons dans des habitations. Les panneaux d’indication se font plus rares. Force est de constater que nous nous sommes un peu perdus. Un sri lankais nous repère et nous fait signe d’approcher. Il ne parle pas un mot d’anglais mais comprend qu’on veut aller à « Ella Rock ». Nous le suivons. Il emprunte un chemin de traverse. Le dénivelé est important. Nous avons du mal à le suivre. Nous n’en pouvons plus. A mesure que nous grimpons, nous nous éloignons du chemin comme le confirme Maps.me. Notre guide improvisé a-t-il bien compris où nous voulions aller ? Finalement nous le remercions et préférons revenir un peu sur nos pas pour récupérer le chemin principal. Il est moins escarpé. A 500 mètres de l’arrivée, nous arrivons à un belvédère. La vue est superbe. Le panorama est impressionnant. Un vendeur de noix de coco est installé juste-là, au bon endroit au bon moment. Nous ne résistons pas au plaisir de nous délecter d’une jeune coco. C’est rafraîchissant et parfait avant le dernier effort à fournir. Les derniers mètres sont clairement ardus. Le dénivelé est important et le chemin très accidenté. A la fin nous passons carrément sur le flanc de montagne sans chemin particulier à suivre. 300 mètres, 200 mètres, et nous voici enfin au sommet, après une bonne heure de marche. La vie est dégagée et surplombe toute la vallée. Nous ne résistons pas au plaisir de prendre un nouveau jus de fruits pressés. Ici, les fruits exotiques sont tellement peu chers qu’il est tentant de céder à ce petit plaisir. Ça sera fruits de la passion pour cette fois, cela changera des jus de banane que nous consommons quasiment tous les jours. Le temps de finir nos verres que nous amorçons la détente. Et là le moment le plus « cute » du voyage ! Un jeune chien, semblant perdu, a commencé à nous suivre. Nous pensons sur le coup qu’il ne va faire qu’un bout de chemin avec nous. Penses-tu ! Il a fait l’intégralité de la descente à nos côtés. Quand nous nous arrêtons il s’arrête. Quand nous changeons de direction, il presse le pas. Il semble assoiffé. Nicolas lui donne un peu d’eau de sa gourde. Il reste à nos côtés pendant les 45 minutes de descente. Nous le prénommons « Stutiyi », « merci » en cingalais, en signe de remerciement de nous avoir aidé à oublier l’effort physique que nous faisions. Nous retrouvons les rails et un gros dilemme se présente à nous : que faire de ce chien clairement perdu ? Il porte un collier donc nous en déduisons qu’il a des maîtres. Un train passe, nous nous écartons, Stutiyi se réfugie dans les herbes hautes. De retour à la gare de Kithalella, le chien repart, nous laissant seuls, et nous évitant ainsi un cruel dilemme. Nous poursuivons notre route via les rails. Nous y prenons goût. Il n’y a que 3,5 kilomètres qui séparent Kithalella et Ella. La balade est agréable évidemment. Des vendeurs ambulants sont installés tout au long du parcours, ayant flairé l’opportunité de faire des affaires avec les touristes. Nous sommes seuls au monde. Nous ne croisons que de rares sri lankais et quelques vaches qui avalent toute l’herbe fraîche qu’elles peuvent trouver. Nous mettons une petite heure pour retrouver Ella et sa frénésie. Finalement, autant Ella et son centre plus du tout authentique ne nous a guère emballé, autant les alentours avec les rails, les petits sentiers pédestres et « Ella Rock » nous ont beaucoup plu. Comme quoi, il faut toujours sortir des sentiers battus et ne pas avoir peur de s’écarter des ambiances trop touristiques pour vivre de vraies expériences. En fin de journée, nous nous délections de deux bières fraîches bien méritées avant de retourner dans le petit restaurant sri lankais qui aura été notre QG ces deux derniers jours. Nous avons mangé 3 fois au « City Café Ella » au total et goûté à la majorité des plats sri lankais proposés. Nous rencontrons même en ce dernier soir deux françaises fort sympathiques, dont l’une des deux nous reconnaît car elle nous suit sur Instagram. C’est toujours très intimidant pour nous qui sommes tout petit sur ce réseau social de nous faire reconnaître, encore plus à l’autre bout du monde. On profite de ce moment pour faire connaissance, parler de Paris, parler de la France, parler de notre mentalité de râleur en comparaison avec ce que vivent d’autres pays, parler de nos prochains voyages et l’idée que peut-être nous nous recroiserons un jour quelque part. Le monde est grand et si petit à la fois. Il est à présent l’heure de refaire nos sacs et de nous coucher. Le réveil est réglé sur 5h, ça risque de piquer un peu. Demain cap sur Kandy en train, en empruntant l’une des plus belles voies ferrées du pays.

BUDJET DÉPENSÉ39,50 € sur un budget prévu de 60 €.

Balade sur la voie ferrée

Balade sur la voie ferrée

Julien découvre une vache au bord de la voie ferrée

Julien découvre une vache au bord de la voie ferrée

Le pont "Nine Arch Bridge", rendu célèbre par Instagram

Le pont “Nine Arch Bridge”, rendu célèbre par Instagram

Début de la randonnée à "Ella Rock"

Début de la randonnée à “Ella Rock”

Julien ne s’attend pas à la difficulté de la suite de la randonnée !

Julien ne s’attend pas à la difficulté de la suite de la randonnée !

La jolie vue à mi-chemin

La jolie vue à mi-chemin

Stand de jus de fruits frais au bord de la voie ferrée

Stand de jus de fruits frais au bord de la voie ferrée

Un sri lankais contemple la vue

Un sri lankais contemple la vue

Fin de journée et retour en ville par la voie ferrée

Fin de journée et retour en ville par la voie ferrée

 

 

JOUR 16

ELLA

KANDY

DAMBULLA

 

5h, le réveil sonne. Aïe ça pique. On se réveille avec le sentiment de ne pas avoir assez dormi. Mais le train ne va pas nous attendre. Nous nous mettons en route, bercés par le jour qui se lève tout juste. A la gare, il y a déjà foule. Une queue se dresse devant nous. Nous ne sommes pas les seuls à vouloir faire l’expérience de ce train tellement promu sur les réseaux sociaux. Nous prenons un ticket pour rejoindre Kandy, il nous en coûte 175 Rs chacun en 3ème classe, soit 0,90 € par ticket. 6h45, le train démarre. Le défilé de mode aussi ! A peine le train avait-il démarré que des têtes et des jambes se sont mises à sortir des wagons. Et alors on te parle même pas des virages. La scène tient du ridicule. Vouloir faire une jolie photo dans ce sublime décor en sortant un peu la tête et dans une position naturelle ? Pourquoi pas ! Mais se pencher entièrement, le corps dans le vide, la jambe tendue, la bouche version « duck face », les cheveux aux vents, le regard lubrique, la poitrine galbée, ça devient vraiment n’importe quoi. Le plus choquant pour nous est le malaise des sri lankais qui assistent malgré eux à la scène. Eux qui vont travailler, à l’école ou empruntent le train seulement pour se déplacer. Ils n’ont pas choisi de subir ça. La plupart des femmes qui s’adonnent à l’exercice sont habillées en robe de soirée, avec des chapeaux chez certaines, la preuve qu’on est clairement dans la mise en scène. Tout ça parce qu’un jour tu as vu sur Instagram une photo que tu as jugé parfaite dans ce cadre enchanteur. Et tu t’es dis qu’il serait sympa de faire EXACTEMENT la même photo ! Les dérives d’Instagram… tu te penses sûrement influenceuse auprès de ta communauté, mais en réalité tu es juste influencée, et en manque cruel de créativité. Un vrai influenceur est celui qui justement va chercher LE spot que personne n’a encore photographié. Il aura toujours un train d’avance sur ceux qui ne font que reproduire. Les moutons profitent de chaque virage pour tenter la position parfaite. Les clichés s’enchaînent. Notre désespoir avec ! Au lieu de profiter du paysage paisiblement, nous avons des têtes et des jambes à chaque virage. C’est fatiguant. Nous fermons notre fenêtre. Nous rangeons l’appareil. Et nous repensons au premier train que nous avions pris entre Colombo et Galle. Là nous étions les seuls touristes. Là nous étions dans l’authenticité. Là nous étions au milieu des sri lankais et en immersion dans la vie locale. Ce train pour Kandy n’a que peu de saveur. Et dire que nous avons 6h de train en tout… espérons que la désinvolture des premiers kilomètres de train s’amenuise avec le temps et que les sri lankais finissent par monter dans le train qu’on rééquilibre les comptes. Si tu cherches de l’authentique, passe ton chemin. Mais si comme nous tu cherches simplement un moyen simple et bon marché pour rejoindre Kandy depuis Ella, alors le train est une bonne option. A mesure que le train avance, les touristes descendent et l’expérience regagne en authenticité. Tout autour, la nature verdoyante habille le paysage. Le train traverse forêts, plantations de thé, ponts au-dessus de jolies cascades et s’arrête dans toutes les gares sur son chemin. Tiré par une locomotive à vapeur, le train bleu n’a pas une vitesse de croisière très élevée. Il se révèle plutôt confortable par contre, bien que nous ayons pris des tickets en 3ème classe. Le train est plutôt récent et chaque rangée de sièges est accompagnée d’une tablette. Mais vue les secousses, difficile de travailler à bord. Des vendeurs ambulants passent dans les wagons. Nous nous laissons tenter par des beignets de friture aux crevettes. Le ventre plein, nous partons petit à petit vers un petit somme bien mérité. Il est certain que nous avançons lentement mais sûrement vers Kandy, la prochaine ville étape de notre voyage. Après 6h de voyage, nous arrivons dans la ville. La descente s’effectue dans la pagaille générale. Les sri lankais à quai n’attendent absolument pas que les occupants actuels descendent. Un embouteillage se créer. Nous sommes au milieu d’une foule compacte, avec nos quatre sacs. Nous forçons un peu le passage et finissons par nous dégager. Quelle arrivée mouvementée ! Nous reprenons nos esprits et sortons de la gare. Le bruit envahit tout. Julien ne se sent pas bien. La chaleur et la fatigue ont raison de son calme. Il craque un peu et fait une réaction d’angoisse face à l’activité de la ville. Il lui faudra un bon quart d’heure pour se remettre en route en direction du centre. La première impression de Kandy n’est pas bonne. La ville, bien que le berceau historique du Sri Lanka, ne présente pas les atouts que nous recherchons. La modernité s’installe dans les rues, nous retrouvons des enseignes célèbres comme Pizza Hut ou encore Domino’s Pizza. Nous nous enfonçons dans le centre. Les ruelles s’entrecroisent, telles un labyrinthes. Nous peinons à trouver un café qui propose une connexion wifi. Nous peinons à trouver un café surtout ! Ce n’est assurément pas la coutume locale. Le poids de nos sacs couplé à la chaleur tendent les esprits. Nous finissons par gagner une rue très commerçante, avec plusieurs cafés. Nous reprenons nos esprits autour d’un jus de fruit pressé et nous empressons de regarder les hébergements environnants. Kandy est chère en regard des autres villes traversées jusqu’à présent. Nous vérifions ce qu’il y a à faire ici. Le temple de la dent, un lac artificiel, un jardin botanique, un tour au marché local, rien ne retient vraiment notre attention. Levés depuis 5h du matin, il faut dire que notre forme habituelle n’est pas avec nous. Nous prenons la décision d’écouter nos corps et de quitter Kandy. Nous parcourons de nouveau le centre-ville dans le sens inverse, passant de gares de bus en gardes de bus jusqu’à trouver la bonne. La ville est grande et le réseau routier impressionnant. 20 minutes plus tard, c’est bon, nous sommes dans un bus qui nous conduira vers Dambulla, la ville étape suivante au programme. Exit Kandy, il parait que la première impression est toujours la bonne, et nous avons reçu derrière énormément de retours sur Instagram de voyageurs qui ont eu le même sentiment de déception. Le trajet vers Dambulla est l’occasion de reprendre des forces, confortablement installé dans un bus pourtant lancé à pleine vitesse. Nous prenons l’habitude et n’avons même plus peur des sorties de route de celui-ci. Il est déjà 18h quand nous arrivons à Dambulla. La nuit commence à tomber sérieusement. Et nous n’avons pas encore trouvé notre hébergement pour la nuit. Notre bus s’arrête pile en face d’un café. Manque de bol la connexion wifi ne fonctionne pas. Nous repartons bredouille. Un peu plus loin, une maison d’hôtes propose des nuits à 21 $. Nous tentons une approche. Le personnel ne nous calcule pas. Nous nous remettons en route. Cette fois nous tentons notre chance dans une guest house. La chambre sent fort l’humidité et le prix est un poil élevé compte-tenu des prestations proposées. La nuit est à présent tombée et toujours pas de lit. Nos sacs nous réchauffent le dos. Nos esprits aussi. Nous retournons à la précédente maison d’hôtes. Enfin nous sommes accueillis. Le personnel est froid. Tout est monétisé : l’accès à la piscine présente dans la cour ? 3 $ par personne. Une chambre avec climatisation ? 1000 roupies de plus rien que pour ce confort. Le wifi ? uniquement dans la cours et encore via le smartphone du gérant. Bref plein de petites choses qui amplifient notre mauvaise impression. Nous sommes fatigués nous acceptons de dormir ici. Julien a un mauvais pressentiment. Il ne veut pas faire travailler n’importe qui. Les hôtes sont clairement hautains et pas très accueillants. C’est la première fois qu’on ressent ça depuis que nous sommes arrivés au Sri Lanka. En même temps, il n’y a que des touristes dans ce complexe. Ils ont compris que le business = argent. Les valeurs en moins. Julien profite de la connexion wifi sommaire pour réserver en urgence une chambre dans une maison d’hôtes à 200 mètres de là à 9 € la nuit contre 21 $ dans celle-ci. L’annonce à ces hôtes pas très sympas est forcément prise comme l’affront de trop. La discussion devient houleuse. L’hôtelier tente de faire payer à Julien 200 roupies rien que parce qu’il a utilisé 10 minutes de son wifi. Belle mentalité ! Nous repartons une dernière fois avec nos sacs. La déception ressentie nous donne nos dernières forces pour la journée. Nous arrivons dans une nouvelle guest house. Accueillis avec un grand sourire malgré l’heure avancée. 20h30, nous posons enfin nos sacs. Nous n’avons rien dans le ventre depuis le matin. Juste le temps de reprendre nos esprits que nous partons dans le centre de Dambulla avaler un plat local et rentrons nous coucher pour vite oublier cette journée. Il y aura forcément des jours avec et des jours sans. Le voyage est fait ainsi. L’essentiel est de s’écouter et de ne pas laisser le négatif nous envahir. Là-dessus on est plutôt raccord. La première impression est très importante, le respect primordial, le sourire un atout incontestable. Fermons les yeux sur cette journée compliquée, demain sera un autre jour.

Où dormir ?Sujatha Tourist Rest, 10 € la nuit, chambre confortable, douche tiède, famille charmante.

BUDJET DÉPENSÉ34,44 € sur un budget prévu de 60 €.

Départ du train et les premières têtes qui dépassent

Départ du train et les premières têtes qui dépassent

Nicolas pris en pleine admiration du paysage

Nicolas pris en pleine admiration du paysage

Au tour de Julien de sortir sa tête !

Au tour de Julien de sortir sa tête !

Autour du train une végétation verdoyante

Autour du train une végétation verdoyante

La folie Instagram commence à se calmer...

La folie Instagram commence à se calmer…

Le train traverse des paysages magnifiques

Le train traverse des paysages magnifiques

Deux sri lankais se laissent prendre au jeu des photos

Deux sri lankais se laissent prendre au jeu des photos

Vue sur les champs depuis le train

Vue sur les champs depuis le train

De nombreuses petites maisons et ses cultures

De nombreuses petites maisons et ses cultures

Une magnifique traversée dans les champs de thé

Une magnifique traversée dans les champs de thé

 

 

JOUR 17

DAMBULLA

SIGIRIYA

 

Après une bonne nuit de sommeil, malgré quelques cafards dans la chambre somme toute inoffensifs, nous prenons un tuk-tuk en direction de « Cave Temple » et du Temple d’or de Dambulla. Ceux-ci sont situés sur une montagne appelée tout simplement « Dambulla Rock ». Le site date du 1er siècle et est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’entrée est fixée à 1500 Rs par personne. Passage obligé par une consigne qui garde nos chaussures, contre 50 Rs par paire. Puis c’est au tour de nos shorts de poser problème. Jugés trop courts, nous devons nous acquitter de la location d’un sarong pour couvrir nos jambes. 100 Rs chacun de plus donnés pour cette sortie. Au total le billet s’élève à 3400 Rs, soit 17 €. Nous débutons donc pieds nus la visite des « Cave Temple », 5 sanctuaires situés directement dans des grottes. Nous y admirons des centaines de statues de bouddha et de divinités. L’atmosphère est humide, le cadre incroyable. Le plus fascinant se trouve au-dessus de nos têtes et sur les côtés. En effet, des peintures faites à la maison recouvre l’intégralité des 2100 m2 de roche. Les peintures représentent des scènes de la vie de Bouddha. Franchement c’est sublime ! Et ça vaut clairement le billet lâché à l’entrée. Nous passons de grotte en grotte, il y en a 5 à visiter au total. Dans la première un immense bouddha couché semble atteindre le nirvana. Ses pieds sont plus grands que nous, ça te donne une idée de la dimension de la statue. Le site étant classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, forcément il y a du monde. Les grottes se remplissent vite. Certaines sont plus grandes que d’autres. Nous arrivons néanmoins à nous faufiler et à admirer ce travail d’orfèvre parfaitement conservé. Nous terminons la visite par une rencontre impromptue. Une charmante jeune fille vient nous accoster et dit nous suivre sur Instagram. C’est la deuxième fois en 2 jours que ça nous arrive et franchement ça fait toujours chaud au cœur. Dire qu’on a un tout petit compte et qu’on se fait reconnaître à l’autre bout du monde… la magie d’internet ! Nous reprenons nos chaussures pour terminer par la visite du « Golden Temple » de Dambulla. Il s’agit d’un immense bouddha assis en or surplombant la vallées. A ses pieds, un musée consacré au bouddhisme que nous nous abstenons de visiter. Nous immortalisons les lieux, notamment la stûpa dorée juste en face, puis nous faisons chemin vers Dambulla. Sur la route, nous avions repéré un impressionnant marché. Il l’est, en effet, puisqu’il s’agit du plus important marché de gros de fruits et légumes du Sri Lanka. Le « Dambulla Dedicated Economic Center » vaut vraiment le détour. C’est une sorte de Rungis à la sri lankaise. 3 grands hangars abritent des centaines de marchands venus vendre leurs fruits et légumes. Le choix est impressionnant. La fraîcheur évidemment au rendez-vous. Nous sommes les seuls touristes sur place. En même temps nous ne sommes pas dans un musée. Les marchands travaillent. Les sacs défilent. Les grappes de bananes avec. Nous nous mettons à l’écart pour observer sans gêner. Comme dans tous les marchés, nous sommes enchantés par cette farandole de couleurs. Bananes, ananas, pastèques, gingembre, tomates, pommes de terre, aubergines, courgettes, condiments, tubercules, agrumes, etc. Ici pas de vente au détail, les négociations se font sur de grosses quantités. Mais les vendeurs sont adorables. Non habitués à voir des touristes dans leurs allées, ils nous font de grands sourires et se prêtent volontiers au jeu des photos. Les vendeurs de fruits, devant nos mines curieuses, nous font même goûter quelques fruits locaux plus ou moins convaincants. Par contre, nous louchons clairement sur les mini pastèques dont nous raffolons. Le vendeur a dû le remarquer. Il s’empresse de nous la tailler en morceaux et nous l’offre instinctivement. Quel plaisir que de croquer à pleines dents dans cette pastèque juteuse et sucrée à souhait ! Un petit plaisir qui nous fait beaucoup de bien. La visite du marché se termine et restera un moment fort du voyage surtout pour la gentillesse qu’on a ressenti dans ce marché. Comme quoi, les expériences se vivent partout, même dans les endroits où à priori il ne serait pas censé se passer grand chose. De retour à Dambulla, nous rangeons nos affaires afin de procéder au check-out de notre chambre. La propriétaire nous offre le café et un magnet souvenir. C’est tout simple mais ça fait chaud au cœur. Le temps de nous dire au revoir avec de grands sourires que nous nous dirigeons vers la gare routière. Nous prenons le bus en direction de Sigiriya, où nous passerons 2 nuits. Le bus est bondé ! Aucunes places assises libres. Pas grave, nous expérimentons notre premier voyage debout serrés comme des sardines. Sigiriya ne se trouve qu’à 17 km au bord de Dambulla. Le trajet passe relativement vite. Nous arrivons au pied du « Lion Rock », le mont sur lequel nous ferons une randonnée demain. Pour l’heure, nous nous installons dans notre chambre d’hôte pour les deux prochaines nuit. La chambre est hyper propre et située en plein cœur d’un jardin calme et paisible. Le cadre est idéal pour nous reposer et reprendre des forces avant la randonnée pédestre qui nous attend. Sigiriya est un petit village assez touristique, son mont étant le principal attrait du coin et la raison de cette venue massive de touristes. Nous profitons de cette fin de journée pour travailler sur notre blog, rattraper un peu notre retard, retoucher nos dernières photos et prendre le temps de rien faire également. Entre la frénésie de certains jours et le calme absolu d’autres, l’équilibre que nous avons trouvé nous convient parfaitement.

Où dormir ?Sigiriya Amenity Home Stay, 18 € la nuit, chambre hyper confortable et très propre, douche chaude, petit déjeuner local inclus et très copieux, joli jardin extérieur, famille charmante.

BUDJET DÉPENSÉ59,18 € sur un budget prévu de 60 €.

Début de la visite des "Cave Temple"

Début de la visite des “Cave Temple”

Sculpture de Bouddha couché

Sculpture de Bouddha couché

De nombreuses sculptures de Bouddha

De nombreuses sculptures de Bouddha

L’intérieur d'une des caves du temple

L’intérieur d’une des caves du temple

Offrandes à Bouddha et lieu de prière

Offrandes à Bouddha et lieu de prière

Magnifiques sculptures et peintures du temple

Magnifiques sculptures et peintures du temple

Sculpture de Bouddha couché

Sculpture de Bouddha couché

Sculptures de Bouddha et peintures murales

Sculptures de Bouddha et peintures murales

Les couleurs des peintures sont en parfait état

Les couleurs des peintures sont en parfait état

Sculpture de Bouddha assis

Sculpture de Bouddha assis

La statue de Bouddha au temple d'or de Dambulla

La statue de Bouddha au temple d’or de Dambulla

La stûpa dorée du temple d'or de Dambulla

La stûpa dorée du temple d’or de Dambulla

Début de la visite du "Dambulla Dedicated Economic Center"

Début de la visite du “Dambulla Dedicated Economic Center”

Les travailleurs prennent plaisir à prendre la pose

Les travailleurs prennent plaisir à prendre la pose

Livraison de gingembre frais

Livraison de gingembre frais

Arrivée des grappes de bananes encore vertes

Arrivée des grappes de bananes encore vertes

Livreur de gingembre

Livreur de gingembre

Montagnes d’ananas et de pastèques

Montagnes d’ananas et de pastèques

Vendeurs de bananes et d’oignons rouges

Vendeurs de bananes et d’oignons rouges

Magnifiques couleurs des fruits et légumes frais

Magnifiques couleurs des fruits et légumes frais

C'est l'heure d'une pause café pour les travailleurs

C’est l’heure d’une pause café pour les travailleurs

Déchargement des énormes sacs de pommes de terre

Déchargement des énormes sacs de pommes de terre

Acheteurs en pleine négociation

Acheteurs en pleine négociation

Le coin des bouteilles consignées

Le coin des bouteilles consignées

Livraison des pastèques bien sucrées et juteuses

Livraison des pastèques bien sucrées et juteuses

Cartons de poissons séchés

Cartons de poissons séchés

Sacs de tubercules

Sacs de tubercules

Les sri lankais prennent la pose pendant leur pause

Les sri lankais prennent la pose pendant leur pause

Le plus grand stand de bananes

Le plus grand stand de bananes

Livraison de légumes variés

Livraison de légumes variés

 

 

JOUR 18

SIGIRIYA

 

5h30, une nouvelle journée sportive s’annonce. Nous partons motivés pour faire l’ascension du « Lion Rock » culminant à 363 mètres. L’accès au site se fait via un parc protégé et d’immenses jardins. Nous longeons un canal. Des panneaux « Beware of crocodiles » sont placardés sur les pelouses. Autant ne pas y mettre le pied ou tenter une baignade. En même temps, vue la couleur de l’eau, nous n’y serions pas allés. De gros nids non identifiés jonchent aussi les allées. Quelques varans nous devancent. Nous sommes assurément dans des jardins plutôt sauvages, où la faune locale règne en maîtresse. Nous marchons bien 2 kilomètres avant d’arriver au niveau de la billetterie. Et là mauvaise surprise… le prix ! Alors que nous n’avons pris que 10000 Rs, l’équivalent de 50 €, et que nous pensions avoir largement assez, voilà qu’on nous demande 10920 Rs, soit 55 € pour nous deux. La douche froide ! C’est hyper cher ! On a pas non plus nos cartes sur nous et comme on nous indique le distributeur ATM le plus proche, nous ne sommes même pas sûrs qu’elle aurait été prise. Nous avons deux choix : soit retourner à la chambre chercher plus d’espèces ; soit faire l’ascension du mont « Pidurangala » situé à côté et culminant lui à 340 mètres. C’est cette deuxième option que nous retenons. Le mont jumeau se trouve quelques mètres plus loin. Le prix est éloquent : 500 Rs, soit 2,50 €, 10 fois moins cher que le « Lion Rock » classé au patrimoine mondial de l’UNESCO ! Nous n’hésitons pas et prenons 2 tickets pour faire son ascension. Il n’y a pas foule, nous débutons la randonnée. Elle se passe en deux phases : une première plutôt simple via des escaliers. Pratiquement 500 marches à monter. Avant d’arriver à une deuxième partie plus compliquée et un poil dangereuse. Il nous faut escalader directement de gros rochers, dont certaines parois sont lisses et glissantes. Nous prenons notre temps. Nous sécurisons chaque prise. Une pierre après l’autre. Au bout de 15 minutes, nous arrivons enfin en haut, sur un plateau à l’aspect lunaire. Quelques singes sauvages viennent à la rencontre des rares touristes déjà sur site. Tout autour un panorama incroyable et impressionnant s’offre à nous. De la verdure à perte de vue, et surtout une vue imprenable sur le « Lion Rock ». Le mont a une forme singulière de champignon. La vue est vraiment superbe et pour le prix nous avons eu raison de faire cette ascension non prévue initialement dans notre programme. Nous immortalisons l’instant malgré un soleil déjà très lumineux. A 180• du « Lion Rock », une vue totalement dégagée sur un parc naturel. Il s’étend à perte de vue. On entend les paons crier « Léon » aux quatre coins de celui-ci. Le silence règne en maître. Le plateau est désertique. La roche couleur anthracite. Nous nous asseyons et prenons le temps de contempler. Simple mais ressourçant. De longues minutes s’écoulent, si bien que nous aurions pu y passer la journée. Puis vient le temps de la descente. Rapide, plus simple que la montée. Nous repartons heureux d’avoir vécu l’expérience avec des clichés magnifiques du site de Sigiriya. Retour à la chambre pour reposer nos jambes, avec l’idée de faire l’ascension du « Lion Rock » en fin de journée au moment du coucher de soleil. Nicolas tombe de fatigue et fait une petite sieste. Julien regarde ses séries. L’après-midi est propice à la détente. Dehors il fait une chaleur torride. Nous restons au frais en attendant la fin de l’après-midi, la baisse des températures, avant de repartir pour une deuxième randonnée. Si avec tout ça on ne sculpte pas nos corps, ça sera à ne rien y comprendre ! 16h, il est grand temps de repartir pour la deuxième ascension du jour. Les températures restent élevés mais si nous voulons arriver au sommet du « Lion Rock » pour le coucher de soleil c’est maintenant ou jamais. Passage obligé en caisse, ça fait mal au c** Même les locaux acquiescent et ne comprennent pas ce prix exorbitant fixé par leur gouvernement (ndlr : certains retours sur Instagram confirment qu’il y a 4 ans l’accès au site était gratuit…). Bref. Plus de temps à perdre pour démarrer la randonnée ! La première étape est un long chemin plat faisant front au « Lion Rock ». Le rocher imposant s’offre à nous, imposant, robuste, singulier. Une série d’escaliers nous mènent à un double escalier métallique en colimaçon. Nous voilà tournoyants dans un escalier arrivant sur une passerelle. Nous longeons d’immenses parois de roche sur lesquelles sont peintes 18 peintures rupestres de femmes cingalaises, seins nus et tenues traditionnelles, vestiges uniques de l’époque Ceylan médiévale. Les peintures sont pour la plupart parfaitement conservées. Interdiction d’y faire de photos. Nous reprenons l’escalier en colimaçon dans l’autre sens. Nous longeons cette fois un immense mur jaunâtre, où des inscriptions modernes y figurent. Ce sont les vestiges du tourisme avec des passants tentés d’y graver leur nom… c’est aussi la partie de l’ascension où nous restons au maximum silencieux. Un immense eissein de frelons surplombe nos têtes, reconnaissable par sa couleur noire goudron. Des panneaux somment de garder le silence. Des cages grillagées sont installées pour protéger touristes et guides en cas d’attaque… rassurant n’est-ce pas ! Selon la légende locale, les frelons sont les gardiens de Sigiriya. Le gouvernement a tenté à deux reprises de tuer les frelons et de détruire les nids à coups de pesticides. Ceux-ci se sont reconstitués encore plus gros l’année suivante. Depuis, ils sont laissés en tranquillité. Si les frelons attaquent, la légende stipule que tu dois comprendre que n’es pas le bienvenu sur le site. Aucun frelon à déplorer lors de notre randonnée, du coup nous en déduisons que nous sommes autorisés à aller jusqu’au sommet. Nous arrivons maintenant à la partie la plus emblématique : « Lion’s Paw ». Les vestiges d’une immense statue de lion, dont il ne reste aujourd’hui que les deux grosses pattes entourant un escalier central. Massives et toutes griffes dehors, les sculptures en imposent. Nous traversons les pattes par l’escalier central jusqu’à arriver à une corniche en métal qui longe la falaise. Il ne faut pas avoir le vertige. Les petites marches suivent le flanc de la falaise et nous conduisent à son sommet. Une fois en haut, nous découvrons les vestiges d’une forteresse jadis bâtie ici. Des jardins suspendus en terrasse, une piscine parfaitement conservée et en eau, les ruines des anciens murs, les systèmes d’irrigation de l’époque, et surtout un panorama à 360• unique. A l’est, nous avons une vue sur le pont Pidurangala que nous avions gravi ce matin. A l’ouest, nous avons une vue à perte de vue sur la jungle environnante. Le soleil est en train de se coucher, la scénographie qui se joue sous nos yeux est d’une poésie sans nom. Les singes sauvages sont les nouveaux habitants de la cité perdue. Ils tentent quelques approches malicieuses mais reste plutôt à l’écart des touristes. Nous passons de terrasse en terrasse pour y admirer toutes les perspectives. On imagine le labeur de l’époque pour construire une telle forteresse à plus de 300 mètres de hauteur, sur ce rocher, et y faire monter de l’eau par un système ingénieux pour l’époque de canalisation souterraine. Nous attendons que le soleil se couche. La descente s’effectue dans la pénombre. Nous reprenons les escaliers qui serpentent le long de la falaise. Le vertige est plus important qu’à la montée car nous avons une vue directe sur le vide. C’est pourtant sublime ! Nous faisons face à la jungle et sommes quasiment dans le vide, soutenus par un simple escalier en métal accroché dans la paroi. Il fait déjà quasiment nuit quand nous passons la porte au lion. Nous pressons le pas. Aucune lumière ne vient éclairer le chemin. En quelques minutes, nous regagnons l’allée centrale au pied du « Lion Rock » et savourons l’expérience que nous venons de vivre. Ça valait le coup ! Même si le prix nous reste en travers de la gorge. Il est à présent l’heure de reprendre des forces après cette journée sportive. Le site de Sigiriya est immense et énergivore. Nous faisons un arrêt dans un petit restaurant familial avant de regagner notre chambre pour une bonne nuit de sommeil bien méritée.

BUDJET DÉPENSÉ84,99 € sur un budget prévu de 60 €.

Découverte du "Lion Rock"

Découverte du “Lion Rock”

Vue du "Lion Rock" en haut du mont "Pidurangala"

Vue du “Lion Rock” en haut du mont “Pidurangala”

Julien émerveillé devant la beauté de la nature

Julien émerveillé devant la beauté de la nature

La sensation de marcher sur la lune

La sensation de marcher sur la lune

Entrée sur le site du "Lion Rock"

Entrée sur le site du “Lion Rock”

Impossible de ne pas prendre la pose devant cette nature incroyable

Impossible de ne pas prendre la pose devant cette nature incroyable

Les vestiges d’une immense statue de lion

Les vestiges d’une immense statue de lion

Les escaliers métalliques du rocher

Les escaliers métalliques du rocher

Vue sur le sommet du mont "Pidurangala"

Vue sur le sommet du mont “Pidurangala”

L'incroyable vue sur les vestiges et l'immense plaine

L’incroyable vue sur les vestiges et l’immense plaine

Vestiges des jardins et fontaines

Vestiges des jardins et fontaines

Coucher de soleil sur Sigirîya

Coucher de soleil sur Sigirîya

Les magnifiques couleurs sur l'immense plaine

Les magnifiques couleurs sur l’immense plaine

Vestiges du palais de Kassapa, le fils aîné du roi Dhatusena

Vestiges du palais de Kassapa, le fils aîné du roi Dhatusena

Julien admire le paysage

Julien admire le paysage

Nicolas admirant les dernières lueurs du soleil

Nicolas admirant les dernières lueurs du soleil

 

 

JOUR 19

SIGIRIYA

INAMALUWA

POLONNARUWA

 

Il est déjà l’heure de refaire nos sacs et de reprendre la route. Direction Polonnaruwa ce matin. Il n’y a pas de bus direct, du coup nous devons faire un bout de chemin entre Sigiriya et Inamaluwa, puis prendre un deuxième bus jusqu’à notre arrivée. Nous sommes parachuté sur le bord de la route à Polonnaruwa. Pas de « bus station » comme à l’accoutumée. Nous arrivons en fait sur un parking où une billetterie pour les touristes étrangers est installée. Mais pour l’heure nous devons chercher une chambre et poser nos gros sacs. C’est un peu la galère, on ne sait pas trop où aller. Aucun café pour se poser et checker sur internet où se situe le site des ruines et donc trouver un point de chute au plus près. Nous nous fions aux sri lankais qui nous alpaguent. En quelques minutes, nous trouvons notre logement pour la nuit. La chambre est plutôt spacieuse et propre. A cela, notre hôte nous propose de nous louer des vélos pour qu’on puisse vadrouiller plus facilement dans le site de Polonnaruwa. Petit problème : nous sommes à cours d’espèces. Nous partons donc à pied chercher un distributeur ATM afin de renflouer notre pochette. Nous en trouvons deux sur la route et les deux refusent notre carte. Les galères continuent. Retour à la maison d’hôtes sans le sou. Notre hôte nous indique un autre distributeur mais dans la nouvelle ville où nous nous rendons en vélo. La gentillesse et la confiance des sri lankais sont à noter. Cette fois, c’est la bonne ! Nous retirons le maximum que l’on puisse retirer afin d’être tranquilles ces prochains jours. Ce n’est pas la première fois que nous rencontrons des soucis avec notre carte, pourtant affiliée au réseau Visa. Il est 15h quand nous partons enfin pour la visite du site. Nous passons par le musée archéologique pour acheter nos tickets. Il se situe à 600 mètres de l’entrée principale. Nos vélos sont les bienvenus. Le premier point de contrôle passé, nous découvrons les premiers vestiges du royaume de Polonnaruwa. Des ruines à perte de vue, dominées par la jungle. Les singes sont partout et sont assurément les nouveaux propriétaires des lieux. Nous passons de temple en temple, de ruine en ruine, de pierre de lune en pierre de lune. Plus de 100 hectares protégés et témoins de l’époque royale. Nous poursuivons notre visite, quand sur la route, nous croisons une famille de cervidés : un cerf, une biche et un faon, tout juste né tant il est petit. La scène est magique ! Ils sont là, à quelques mètres devant nous, à l’état sauvage. La scène nous rappelle forcément « Bambi » et nous ne loupons pas une seconde de ce qui se déroule sous nos yeux. Nous arrivons sur un site sacré majeur. Nous retirons casquettes et chaussures pour pénétrer dans ces ruines dédiées à bouddha. Les sites s’enchaînent et nous sommes fascinés par la qualité de leur conservation. Certaines statues ont plus souffert du temps que d’autre, mais nous en avons assez pour imaginer ce que devait être la vie de l’époque. Nous passons maintenant devant d’énormes stûpas, l’une composées de milliers de briques rouge, l’autre maculée de blanc. La deuxième partie du parcours est dédiée à un bouddha couché de 15 mètres, taillé directement dans le roc. Une petite cérémonie se tient à ses pieds. Partout dans le pays, nous croisons des fidèles en train de prier. Leur ferveur est touchante à voir. Nous faisons désormais route vers le dernier temple du site. Sur la route, nous tombons sur un étang en forme de lotus mais l’eau a déserté la pierre. Enfin, nous arrivons au dernier temple. Nous sommes qu’une poignée sur place. Le temple renferme d’anciennes peintures murales et un bouddha géant auquel il manque la tête. Les murs extérieurs sont fascinants de détails. Après 3h à vadrouiller dans le site de point en point, il est maintenant l’heure de rentrer. Nous repartons avec nos vélos quasiment de nuit. Nous longeons la route principale. Au loin la nature nous a réservé une belle surprise. Le coucher de soleil donne des allures de lac en feu à un étang. Les couleurs sont incroyables, le dégradé parfait. Des passionnés d’ornithologie s’en donnent à cœur joie avec leurs appareils photos dernier cri. Nous restons là, bouches bées face à tant de beauté. L’instant est simple, pur, délicat. Les couleurs sont éphémères et bientôt l’obscurité de la nuit s’abat sur le paysage. Nous repérons un petit restaurant de fortune, installé dans un abri en taules, typiquement sri lankais. Les gérants ne sont pas habitués aux touristes car ils ne parlent pas un seul mot d’anglais. Nous parvenons à nous faire comprendre et à commander de savoureux kottu rotti. Le ventre plein et une journée intense dans les pattes, deux ingrédients radicaux pour nous faire tomber de sommeil à 21h. Extinction des feux, demain il sera déjà l’heure de faire route vers notre dernière étape dans le nord du pays, avant de retourner profiter des plages du sud. Le calme avant le pays suivant : l’Inde !

Où dormir ?Dilshan Guest, 10 € la nuit, chambre confortable, douche chaude, location de vélos, bon wifi.

BUDJET DÉPENSÉ74,59 € sur un budget prévu de 60 €.

A la découverte des ruines de Polonnaruwa

A la découverte des ruines de Polonnaruwa

La salle du conseil de Parakrama Bahu

La salle du conseil de Parakrama Bahu

La terrasse de la relique de la Dent (Dalada Maluwa)

La terrasse de la relique de la Dent (Dalada Maluwa)

A l'interieur de Dalada Maluwa

A l’interieur de Dalada Maluwa

Les ruines très bien conservées de Polonnaruwa

Les ruines très bien conservées de Polonnaruwa

Un vrai bond dans le passé

Un vrai bond dans le passé

Le site de Polonnaruwa s'étend sur environ 122 hectares

Le site de Polonnaruwa s’étend sur environ 122 hectares

De manière générale, le style architectural est marqué par l'influence hindoue

De manière générale, le style architectural est marqué par l’influence hindoue

La majorité des monuments sont à vocation religieuse

La majorité des monuments sont à vocation religieuse

Une superbe balade en vélo

Une superbe balade en vélo

Un des bouddhas du Gal Vihara

Un des bouddhas du Gal Vihara

Les offrandes à Bouddha

Les offrandes à Bouddha

Les sri lankais en pleine visite du site accompagné d'un guide

Les sri lankais en pleine visite du site accompagné d’un guide

 

 

JOUR 20

POLONNARUWA

ANURADHAPURA

 

Après une nuit fort réparatrice, direction ce matin Anuradhapura, dans le nord du pays. La station de bus n’est qu’à quelques mètres de notre guest house. Le bus arrive rapidement et nous voilà en route avec un bus direct. Nous profitons des 3 heures de bus pour nous relaxer. Julien écoute de la musique, tandis que Nicolas pique du nez. Chaque arrêt dans de grandes villes est marqué par la montée dans le bus de vendeurs ambulants de fritures, fruits frais, amuses-bouches, gâteaux, etc. Nous ne résistons pas au plaisir du grignotage, c’est tellement bon en même temps ! Nous nous délectons de bouchées salées, à la saveur non identifiée, et d’un gâteau archi sec, dangereux pour les dents, et très sucré. C’est un mélange de sucre, de banane, de coco, mais hyper dur et difficile à manger. Nous sommes curieux alors pour 50 roupies nous nous sommes lancés. Le résultat n’était pas à la hauteur de nos attentes. 13h15, nous arrivons au terminus à Anuradhapura, la ville sainte du Sri Lanka. Nous décidons d’y passer le week-end et de trouver une chambre pour les deux prochaines nuits. La galère commence ! Autant nous faisons pas mal de concessions et ne sommes pas trop difficiles, autant sur l’hygiène, les moisissures, les cafards, les odeurs, nous sommes plus regardants. Il s’écoule 3 bonnes heures sans que nous trouvions notre bonheur. 3 longues heures où nos 25 kilos de sac transforment nos tee-shirts en serpillères. Finalement, alors qu’on aurait dû commencer les recherches par là, c’est plus proche de la cité sacrée que nous trouvons refuge. Une immense cité antique que nous visiterons demain en louant des vélos et en passant là encore de site en site. Pour l’heure, nous prenons nos quartiers pour les deux prochains jours. La guest house est située au calme, à peine à l’écart de la ville, mais proche de toutes les commodités. La chambre est spacieuse et propre. Le wifi excellent. Le jardin extérieur finit de nous convaincre. L’ambiance est calme et propice à travailler sur notre blog et nos photos. Ces derniers jours, nous avons pris un peu de retard. Il va être temps de se poser un peu, profiter du calme du jardin et s’accorder du temps hors voyage. Alors que la nuit est déjà bien tombée sur Anuradhapura, nous nous mettons à la recherche d’un restaurant. Ils ne sont pas nombreux dans cette ville. Sur le bord de la route principale, un restaurant en plein air tenu exclusivement par des femmes. L’odeur des crêpes attire notre attention. Elles sont hélas en train de fermer, si bien que nous nous remettons en route. Autant il y a des expériences qu’on rêve de vivre, autant il y en a certaines qu’on se passerait bien de vivre. 19h30, j’ai (Julien) fait une chute de 2 mètres au moins dans le caniveau. Ma tête percute la paroi, je termine ma chute dans les eaux usées. Alors que je reprends à peine mes esprits au son des cris de Nico, je ne réalise pas encore ce qui vient de se passer. J’ai le bras en sang et ouvert sur 4 centimètres. Ma cheville droite me fait horriblement mal. Je suis plein de merde de la tête au pied. Je me relève difficilement. Des sri lankais, alertés par la détresse de Nicolas, l’aide à me sortir du caniveau. J’ai du sang sur les deux bras, les genoux, et réalise que mon pied est sûrement cassé. En 10 secondes, l’aventure a pris un nouveau tournant. Je suis sonné. Un des sri lankais nous rassure comme il peut et appelle une ambulance. A peine 5 minutes après l’appel, me voici en route vers l’hôpital. Je suis pris en charge aux urgences. On m’installe sur un lit et je patiente. Les infirmières se relaient à mon chevet. Elles me font une prise de sang et me donne mes premiers antibiotiques. Tandis qu’on m’annonce qu’il n’y aura pas de médecin avant le lendemain matin. Je suis obligé de rester à l’hôpital pour la nuit. Je suis dans une sorte de dispensaire sans hygiène, ouvert sur l’extérieur, où l’air est brassé par de gros ventilateurs, sur un des lits jumeaux avec les autres malades, et patiente de longues heures. Alors que mon bras est toujours ouvert, on m’emmène faire une radio du pied. On m’installe dans un couloir et je patiente encore, loin de Nicolas, sans savoir s’il saura me retrouver. J’empeste la merde, j’esquisse quelques sourires amusés d’infirmières puériles. Je m’installe difficilement sur la table. Clac. Le couperet tombe : j’ai une petite fracture nécessitant plusieurs semaines d’immobilisation totale. Je dois passer la nuit ici, Nicolas reste à mes côtés mais ne ferme pas l’œil de la nuit. Nous devenons littéralement la cible des moustiques. Yeux, oreilles, doigts, pieds, tout y passe ! Même l’huile de citronnelle donnée par une infirmière ne repousse pas ces affamés. La nuit est mouvementée. Je fais de petits cycles. 7h, mon bras est toujours ouvert. Le directeur de service prend les choses en main et montre vraiment sa volonté de nous aider. Je suis heureux d’être pris en charge finalement, dire le contraire serait mentir. Mais paradoxalement, je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser. Pourquoi suis-je priorisé alors que d’autres attendent d’être pris en charge et sont arrivés avant moi ? Pourquoi ma situation vaudrait-elle plus qu’une autre ? Parce que je suis blanc ? Parce que je suis un touriste ? Parce qu’il veut que je garde une belle image du Sri Lanka ? Toutes les situations dans la vie n’ont pas d’explication rationnelle et je prends ça comme une preuve de bienveillance humaine qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, mon cœur et mon bras droit. Je fonds en larmes car je comprends aussi que la suite de notre tour du monde est compromise. Je culpabilise. Je m’en veux. En même temps, je réalise la chance que j’ai eu que ce ne soit pas plus grave. Ces 10 secondes auraient pu être fatales. Je me suis fait une belle frayeur, mais je suis en vie.

Où dormir ?Lievi’s Tourist, 15 € la nuit, chambre très confortable, douche chaude, location de vélos, excellent wifi, restauration sur place, famille hyper charmante, jardin extérieur très calme.

BUDJET DÉPENSÉ28,78 € sur un budget prévu de 60 €.

La difficile réalité des hôpitaux publics de campagne

La difficile réalité des hôpitaux publics de campagne

 

 

JOUR 21

ANURADHAPURA

 

Après une énième sieste de quelques minutes, je prie pour que tout ça n’ait été qu’un mauvais cauchemar. Et pourtant je suis là. Sur un lit de fortune à attendre qu’on me recouse et qu’on me dise quoi faire avec mon pied. Le directeur de service repasse et les choses s’accélèrent comme par enchantement. On me propose de me recoudre directement à l’hôpital, dans une salle annexe, sans hygiène aucune mais avec des instruments à usage unique, c’est déjà ça. Un jeune médecin m’explique en anglais qu’il va me faire une anesthésie locale et une série de points. 7 au total seront nécessaires pour refermer la plaie que je me suis fait la veille. Je n’ose pas regarder. Je suis rassuré par les sourires bienveillants des médecins et des infirmiers. Presque 13 heures avant que cette plaie saignante soit recousue. Le voyage apprend la patience. Par contre, pas de chance pour mon pied. Mesurant du 47, il nous faut aller à Colombo pour espérer trouver une attelle à ma taille. Le directeur propose de nous la faire livrer par l’un de ses amis, demain, afin de nous éviter de nous déplacer et de mettre mon pied souffrant à l’épreuve. La suite de nos aventures me semblent bien compromises dans cet hôpital, la demande de rapatriement s’installe dans nos têtes. C’est un réel coup dur. Mais comment continuer à profiter du voyage et surtout à porter deux gros sacs avec un pied nécessitant une immobilisation totale ? Julien reste à l’hôpital, impuissant devant son sort, tandis que Nicolas contacte notre assurance voyage Chapka Assurances et nos proches pour anticiper un retour possible dans les prochains jours en France, le temps de se refaire une santé, et de repartir du bon pied vers la suite de notre tour du monde qui ne peut pas se terminer définitivement ainsi ! Les heures défilent et nous sommes toujours à l’hôpital. L’air est étouffant. La chaleur envahit les couleurs. Un véritable nid à microbes. Aux alentours de midi, énormément de monde envahit le dortoir pour venir au chevet des malades. Nous en déduisons que ce doit être l’heure des visites. On rentre ici comme dans un moulin. Les infirmières peinent à se faufiler au milieu de la foule. Un peu plus tard, ce sont deux hommes qui arrivent sur des brancards en métal dans un sale état. Ils ont la tête en sang et des bandages maculés. Leurs familles respectives arrivent. Tout le monde crie de douleur et pleure. Nous comprenons que la situation est grave. Nous partons en sanglots également. C’est hyper dur de voir la mort de si près et de voir ces familles hurler de douleur. Les deux hommes sont mis dans la salle où Julien a eu ses sutures, une simple salle où sont stockés les pansements, pas aseptisées pour un sou, et surtout pas adaptée à une opération en urgence. Femmes et hommes pleurent sur ces corps. La scène est vraiment hyper dure. C’est la première fois de nos vies où nous sommes confrontés à une situation aussi dure. Évidemment cela nous fait relativiser sur notre situation, qui n’est qu’un contrecoup face à la réelle détresse que nous voyons à quelques mètres. C’est un réel déchirement. Le directeur de service vient voir Julien pour lui demander pourquoi il pleure. Il lui répond que c’est la douleur de ces familles qui le bouleverse. Il y a de quoi. C’était vraiment insoutenable. Et nous espérons pouvoir vite sortir de là par la même occasion de peur de nous trouver mal à force. Il est à noter la grande gentillesse des sri lankais encore une fois : entre ceux qui sont venus nous demander s’ils pouvaient faire quelque chose pour nous; ceux qui nous ont proposé un oreiller; ou encore ceux qui ont vraiment mis le cœur à l’ouvrage de soigner Julien au plus vite; cette épreuve de l’hôpital va assurément marquer nos esprits et conditionner la suite de nos aventures. Il est 11h quand l’attelle de Julien arrive. Taille XL svp. Le directeur de service et un infirmier lui installe. L’idée est de maintenir  le pied fracturé immobile et de ne plus le solliciter. On lui prête également des béquilles pour qu’il puisse sortir de l’hôpital plus aisément. Le temps pour Nicolas de remplir les derniers papiers, récupérer les factures pour notre assurance voyage, payer les honoraires de l’hôpital, que nous pouvions enfin sortir et respirer un air moins chargé. C’était vraiment étouffant dans cet hôpital. Nous prenons un tuk-tuk, nous arrêtons à la pharmacie pour récupérer les médicaments prescrits et regagnons enfin notre maison d’hôtes. Fin d’une journée hyper stressante, fatigante et plombante. Maintenant il est l’heure de faire le dossier pour l’assurance, de laisser passer quelques jours au calme pour voir comment le pied de Julien évolue et d’attendre le retour des experts de l’assurance pour savoir si un rapatriement est la meilleure solution à donner. Pour l’heure, nous concluons ce carnet de voyage au Sri Lanka. Nous allons partager nos aventures des derniers jours sur les réseaux sociaux puis allons prendre un peu de recul le temps de nous refaire une santé. Cette épreuve n’est sûrement pas arrivée pour rien. Donc nous allons prendre le temps de la digérer et d’en faire une force pour reprendre dès que possible les routes du monde et aller au bout de notre projet. À bientôt les voyageurs !

BUDJET DÉPENSÉ93,92 € sur un budget prévu de 60 €.

 

 

 

A BIENTÔT POUR LA SUITE DE NOTRE #TOUR2MONDE !

18 commentaires
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18 commentaires

Audrey C. 17 janvier 2020 - 17 h 04 min

Merci pour ce premier carnet de voyage ! C’est un plaisir de vous lire et de vous suivre au quotidien !!

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Lepoint2départ 19 janvier 2020 - 5 h 28 min

Avec plaisir Audrey, on prend beaucoup de plaisir à faire tout ça ! Nicolas & Julien

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Cécile 17 janvier 2020 - 17 h 11 min

Quel bonheur de lire le récit des premières étapes du tour du monde. J’ai envie de faire mon sac, et de prendre le premier avion pour vous rejoindre au Sri-Lanka !

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Lepoint2départ 19 janvier 2020 - 5 h 27 min

Merci Cécile, on te sent partout avec nous et ça fait vraiment chaud au coeur 😉 Nicolas & Julien

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Anthonio Juan 20 janvier 2020 - 18 h 10 min

Supet votre blog, on voyage avec vous! En tout c’est une folle aventure (mais magnifique!) Hate de voir vos prochains jours sur ce blog et instagram, bisous 🙂

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Lepoint2départ 21 janvier 2020 - 15 h 01 min

Merci Antho de nous suivre, ça fait plaisir de lire les copains français 🙂 Nicolas & Julien

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Emilie et justine 17 janvier 2020 - 17 h 26 min

Superbe ce début de tour du monde . Tjr un réel plaisir de vous suivre . Beau récit et magnifiques photos .

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Lepoint2départ 19 janvier 2020 - 5 h 27 min

Merci les filles c’est vraiment très gentil 🙂 Nicolas & Julien

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Chrystele 18 janvier 2020 - 2 h 22 min

Si vous faites des postes comme ça pendant deux ans vous avez fait une nouvelle adepte. 😁 Je vous suis déjà depuis quelques jours sur insta et je suis fan. Des photos et de vos commentaires qui me donnent l’impression de vivre les choses avec vous. Merci !

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Lepoint2départ 19 janvier 2020 - 5 h 26 min

Merci beaucoup c’est vraiment adorable et on prend beaucoup de plaisir à le faire 🙂 Nicolas & Julien

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Serio Alexandre 20 janvier 2020 - 23 h 40 min

Encore une fois je me répète ici comme sur les réseaux sociaux: je suis content de voyager avec vous, vos photos sont top et vos récits aussi. J’aimerai cependant vous voir, face caméra au travers d’une petite igtv ou un live pour avoir vos impressions !!! Ce blog est un véritable carnet de voyage que j’ai plaisir à feuilleter.

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Lepoint2départ 21 janvier 2020 - 15 h 02 min

Pas de soucis Alex on va faire ça, le temps de nous poser un peu, là on est souvent dans des trains ou des bus 🙂 Merci en tous cas de nous suivre partout, c’est top d’avoir vos retours sur ce qu’on vit 🙂 Nicolas & Julien

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stephanie 8 février 2020 - 16 h 53 min

bonjour les gars,
plaisir de vs découvrir et de vs suivre ds l’aventure de votre vie. j’attends de vos nouvelles… je vs embrasse
A très vite.
stefanie

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Lepoint2départ 11 février 2020 - 9 h 15 min

Merci beaucoup Stéphanie, c’est toujours un plaisir également pour nous d’avoir des retours de nos lecteurs 🙂 Au plaisir, bonne visite sur notre blog ! Nicolas & Julien

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Paul 13 avril 2020 - 14 h 08 min

Quelle histoire les gars !!! Ces moments ont dû être très difficiles pour vous… vous avez eu bien du courage. Bon ce n’est que partie remise effectivement… vivement 2021 alors, en espérant que vous repartiez pour reprendre ce tour du monde où vous l’avez laisser. En tout cas, vos très belles photos et ce récit m’ont permis de me replonger dans ce pays magnifique. Ça m’a rappelé de très beaux souvenirs de voyage il y a 7 ans déjà… A bientôt !

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Lepoint2départ 13 avril 2020 - 18 h 06 min

On retient surtout tout ce qu’on a vécu au Sri Lanka, on a des milliers d’images dans la tête et le coeur, et cette mésaventure finalement est arrivée juste aux portes du confinement en France, alors on se dit que c’est un mal pour un bien. On aimerait repartir en 2021 et repartir au Sri Lanka d’ailleurs, histoire de finir ce qui était prévu et encore +, cette île ayant tellement de diversité de paysages !! Merci Paul pour ton retour en tous cas ! Nicolas & Julien

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LAURENCE TOURTOIS 22 mai 2020 - 15 h 16 min

Bonjour ,
j’étais à fond dans la lecture d’autant plus que je suis passée au Sri Lanka fin février et la lecture
de vos aventures m’a donné envie d’y retourner….la chute étant …brutale…j’ai hâte d’avoir de vos
nouvelles puis la suite de votre tour du monde …. vos images sont très belles et je suis curieuse de savoir
quel est votre appareil photo.
A bientôt

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Lepoint2départ 22 mai 2020 - 17 h 14 min

Merci beaucoup Laurence pour vos retours, nous utilisons le Fujifilm X-T20 et l’iPhone X pour nos photos 🙂 Au plaisir, merci de nous lire. Amitié, Nicolas & Julien

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