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Bilan 2020 : une année vraiment pas comme les autres !

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Dire que l’année 2020 n’aura pas été une année comme les autres est un euphémisme. Il y a tant à dire sur cette année en dents de scie, déstabilisante, qui nous a clairement poussé dans nos retranchements et vers notre intériorité. Mais alors que sur le papier l’année s’annonçait comme une année de merde, notre bilan est en fait totalement à l’opposé. Jamais nous n’aurons eu autant de temps pour nous poser, nous écouter, nous entendre, nous remettre en question, créer, apprendre, lire et mettre sur pied de nouveaux projets. Cette année, l’un de nous a aussi pris la décision douloureuse de « s’éloigner » du projet LEPOINT2DÉPART, pour des raisons que nous te donnons en fin d’article, avec nos objectifs pour 2021. Toujours est-il que tout ce qui s’est passé cette année aura été plus positif que négatif. En tous cas, c’est du côté du bon que nous préférons regarder et nous avions à cœur dans ce long bilan de retracer cette année vraiment à part, mois par mois, pour t’expliquer en profondeur comment nous pouvons voir de la lumière dans certaines situations et, pourquoi pas, te donner certaines clefs pour toi aussi y voir plus clair et avancer. Nous allons également te dire pourquoi nous ressentons le besoin de changer une nouvelle fois de façon de faire ici sur le blog et sur nos réseaux sociaux. Si tu as le courage de nous lire jusqu’au bout, tu comprendras que tout ce que nous vivons et partageons est intimement lié, qu’on veut plus que jamais une totale conférence entre nos paroles et nos actes et être dans une totale transparence avec toi qui nous lis. Alors installe-toi confortablement, avec un thé ou un café, et démarrons donc ce bilan d’une année qu’on ne pourra décemment pas oublier !

 


JANVIER

L’année avait plutôt magnifiquement commencé avec notre départ en tour du monde qu’on attendait tant. 1 an et demi de préparatifs sous haute pression, des mois à se serrer la ceinture pour réunir le budget, notre mariage au milieu des préparatifs, puis le déménagement, quitter Paris, dire au revoir à nos familles et nos amis pour une durée déterminée de 2 ans sur le papier. Ce fameux 12 janvier 2020 qu’on attendait tant était enfin là. C’est dans une excitation non contenue que nous sommes montés dans cet avion, direction le Sri Lanka. Impossible de te décrire précisément dans quel état d’esprit nous étions en montant dans l’appareil. Tant de souvenirs se bousculent. Tant d’idées se mélangent. Partir en tour du monde n’a rien à voir avec le fait de partir en vacances. Là nous venions de concaténer notre appartement parisien de 70 m² dans deux sacs à dos de 25 kg chacun. Une citation dit que « Le poids du sac, c’est le poids des peurs ». Faut croire qu’on ne partait pas vraiment l’esprit léger dans ce tour du monde…

Nous avons posé les pieds au Sri Lanka le 13 janvier 2020. A peine sortis de l’aéroport, nous y étions ! Dans l’inconnue. Hors de notre zone de confort. A ne pas trop savoir où aller. Et déjà des sri lankais qui nous sautaient dessus en bons touristes que nous étions. Les premières heures furent difficiles, sûrement la fatigue du voyage couplée à nos peurs. Le poids des sacs n’a pas tardé à se faire sentir sur nos épaules. En gros, nous avions chacun 16 kilos de changes dans le gros sac et 9 kilos de matériel multimédia. 25 kg sur le dos pendant 2 ans… mais bien sûr ! Passée cette étape de l’arrivée, les jours suivants furent divins et heure par heure nous arrivions à nous détendre et à profiter pleinement du pays. Nous avions opté pour le backpack qui offre une grande liberté de mouvement. Hormis le vol de départ, nous n’étions plus censés prendre l’avion avant un long moment. Au Sri Lanka, tous nos déplacements se faisaient à pied, en bus, en train et en tuk-tuk. Uniquement des transports publics. Pour être connectés au plus près de la vie locale. Ce séjour fut bouleversant en de nombreux points. Déjà pour la gentillesse des sri lankais. Ensuite pour la beauté insolente des paysages plutôt laissés à l’état brut. Enfin pour la liberté extrême que nous ressentions à vivre chaque journée pleinement comme si c’était la dernière. La moindre action devenait une victoire. Le moindre kilomètre un pas de plus vers l’émerveillement suivant. Nous avons vraiment passé 3 semaines de dingue au Sri Lanka et il est certain que nous y retournerons un jour.

Bilan intermédiaire janvier : passée la semaine éprouvante émotionnellement du départ, nous avons ensuite vécu 3 semaines divines sous le soleil sri lankais. Mon seul regret (Julien) : ne pas avoir réussi à me détendre suffisamment et à me laisser porter. J’ai reporté le poids de mes peurs sur Nicolas par moments et je regrette de lui avoir quelque peu gâché quelques moments qui auraient pu se passer totalement différemment si je n’avais pas réagi comme je l’ai fait. Je me suis rendu compte que mes 10 années de freelance à bosser seul, au calme, à la maison, m’avaient créé une sorte d’agoraphobie. Au Sri Lanka, il y a du monde et du bruit partout. Portant 25 kg sur le dos, j’ai ressenti une pression énorme d’avoir tout ce barnum sur le dos et autant de matériel informatique de valeur avec moi. Je n’ai pourtant pas ressenti de danger précis au Sri Lanka. Mais mes propres peurs ont conditionné certaines de mes réactions et j’avoue que j’ai parfois mal réagi. Le genre de réactions qu’ont parfois certains voyageurs à l’étranger, vociférants à haute voix, et que je critique pourtant ouvertement. Je le regrette mais j’ai compris avec le recul qu’il me fallait partir ultra léger la prochaine fois et ne surtout pas m’encombrer avec ce matériel qui m’handicape plus qu’autre chose. Je me suis mis trop de pression en partant dans ce tour du monde, conditionné par mon envie d’être blogueur voyage. Et j’ai failli me gâcher ce tour du monde... j’allais oublier que c’était la chance de ma vie et que ça n’arriverait qu’une fois. Et ça je te l’explique en février dans la péripétie qui allait me le faire comprendre de manière brutale...

 


FÉVRIER

Nous sommes le 1er février 2020. Nous nous trouvons à Anurâdhapura, dans le nord du Sri Lanka. Il est environ 21 heures et nous sommes en train de marcher pour trouver un restaurant. Alors que Nicolas & moi marchions sur un trottoir, j’ai soudainement disparu sous le pavé. Une chute de 2 mètres de tout mon poids dans les égouts de la ville. Ma tête tape contre une paroi et je m’écrase brutalement dans la merde. Je reste au sol, sonné, une poignée de secondes. J’entends l’écho des cris de mon mari. Rapidement, le bruit des sirènes de l’ambulance appelée par un sri lankais qui est venu à notre secours. Je suis tiré de ce trou. Je vois que mon bras droit est coupé et ouvert sur 3 bons centimètres. J’essaye de poser le pied au sol et je ressens une douleur qui ne trompe pas : mon pied droit est sûrement cassé. Je fonds en larmes. Je comprends immédiatement que la suite de notre tour du monde est compromise. 1 an et demi de préparation et de conditionnement mental. 3 semaines à peine s’étaient écoulées après notre départ. Et là, en une fraction de seconde, le rêve s’est transformé en cauchemar. J’ai déjà eu l’occasion de décrire en long, en large et en travers cette douloureuse expérience dans notre récit du Sri Lanka. Mais aujourd’hui, avec le recul, je n’y vois que du positif et je vais te t’expliquer dans le bilan intermédiaire du mois.

Derrière, tu te doutes que nous n’avons pas échappée à un rapatriement médical. Nous sommes le 12 février 2020, notre visa expire dans quelques heures. Je suis réveillé à 5h par les infirmières qui préparent ma sortie. De là, chaque kilomètre qui m’a conduit de l’hôpital à Paris le lendemain m’a fait culpabiliser. Me blesser est une chose, mais entraîner mon mari dans la chute en était une autre. Lui aussi en rêvait de ce tour du monde. Lui aussi s’était conditionné. Lui aussi voulait le vivre intensément. Et là, il venait de passer 7 jours sur une banquette, à l’hôpital, accusant le coup et prenant de fait un coup au mental certain. Nous qui voulions limiter l’avion c’était raté ! Nous n’avons pas eu d’autres choix et j’étais maintenant en business class en train de rentrer en France. A l’arrivée, c’est le papa de Nicolas qui nous a accueilli et hébergé. Il était loin de se douter que la situation, qui devait durer le temps de ma rééducation, allait finalement s’étaler tout au long de 2020…

Bilan intermédiaire février : après un départ en fanfare, février venait nous mettre une baffe comme on en avait pas pris depuis longtemps ! Mais, sur mon lit d’hôpital au Sri Lanka, j’ai eu le temps de cogiter et je suis fier avec le recul d’avoir appris une leçon. Je retiens 3 choses essentielles de cette mésaventure :

- la première est que je suis en vie ! Sans vouloir en rajouter, cette chute aurait pu être fatale. Ma casquette a un peu amorti la blessure que je me suis fait à la tête mais j’ai conscience que ça aurait pu être plus grave. En arrivant à l’hôpital d’Anurâdhapura, j’ai été propulsé dans le genre d’hôpital que je n'avais vu que dans des films. Sans hygiène, sans asepsie, avec des chiens errants dans les couloirs et des hommes souffrant le martyre sur leurs lits installés autour de moi. J’ai réalisé que, finalement, je n’avais qu’un pied cassé et une blessure au bras mais que c’était ok, que j’étais en vie ! L’hôpital n’avait pas de docteur sur place quand je suis arrivé. Pas d’autre choix que d’accepter la fatalité de la situation et de prendre mon mal en patience. Si bien que je suis resté 13 heures le bras ouvert. Sans parler de la radio que j’ai dû passer encore couvert de merde, de la douche que j’ai pris au savon sans aucune hygiène, des infirmières qui se sont moquées de mon odeur, des moustiques qui nous ont dévoré toute la nuit, de la nuit justement qu’on a passé sur place au milieu des cris et de la peur... une expérience quelque peu traumatisante mais qui m’a permis d’immédiatement relativiser sur ma situation personnelle. Sans parler du fait qu’étant blanc et voyageur, j’ai été priorisé par l’équipe médicale, sur les ordres de leur directeur. Celui-ci avait à cœur de nous aider au plus vite afin que nous puissions quitter l’hospice rapidement. Quand tu vois le malheur et la mort autour de toi, cela devient difficile à accepter qu’on te priorise pour un pied cassé, même si au fond j’étais quand même rassuré qu’on s’occupe de moi, je ne vais pas te mentir. Depuis cet accident, je garde une grosse cicatrice sur le bras droit, qui est comme un phare pour moi et que je regarde chaque jour en repensant à tout ça, et une plaque dans le pied. Même si je remarche normalement, je n’ai pas encore repris le footing. Même si je vais bien, il ne se passe plus un jour sans que je ne repense à mon accident. Mais c’est ok, je vais bien, je suis en vie.

- la deuxième est une leçon personnelle. Je concède que je suis quelqu’un au caractère bien trempé, qui n’aime pas vraiment laissé de place à l’imprévu. Paradoxal pour quelqu’un qui se veut aujourd’hui backpacker et qui part avec 25 kilos sur le dos... autant j’avais essayé de tout verrouiller avant mon départ, que ce soit au niveau administratif, au niveau pro en fermant proprement ma boîte ou au niveau perso, autant je n’avais jamais imaginé une seule seconde que je puisse me blesser. Pourtant c’est la vie. Ça fait partie de la vie. Et cette blessure me l'a prouvé. Il faut que j’arrête de vouloir tout contrôler. Il faut que j’apprenne à lâcher prise. Il faut que j’apprenne à prendre la vie comme elle vient. Combien faudra-t-il de cicatrices avant que je le comprenne ? En tous cas, je suis conscient aujourd’hui ce qu’est la vraie vie et sais aussi qu’elle ne me loupera pas si je venais à oublier de nouveau la leçon !

- la dernière est que je suis conscient, aujourd’hui plus que jamais, de la chance que j’ai d’être occidental et particulièrement français. Les mois qui ont précédé notre départ, j’étais dans une forme de rejet du système français, agacé au possible des lourdeurs administratives et de la bêtise parfois de la mentalité française. Je me rêvais alors en ermite, en nomade affranchi de tout système, libre. Mais finalement, quand il t’arrive ce genre de péripétie, tu es bien content d’appartenir à une nation, d’avoir les moyens de souscrire à une bonne assurance voyage et d’être rapatrié où que tu te trouves dans le monde. Tu es bien content au retour chez toi d’avoir de bons systèmes de santé et tous les soins pris en charge par la sécurité sociale. Tu es bien content au retour d’avoir une assurance chômage qui te permette de tenir le temps de pouvoir repartir en voyage. Bref, j’ai compris immédiatement dans ce premier hôpital à Anurâdhapura la chance qu’était la mienne d’être français. Il faut voir de ses propres yeux les choses pour arrêter de penser que c’est toujours mieux ailleurs. Notre pays est l’un de ceux qui fait le plus rêver à l’étranger et la plupart des français passent leur temps à le conspuer sans prise de recul. Une mentalité détestable à laquelle je ne me ferai jamais !

 


MARS

Nous sommes à présent en France depuis 15 jours, chez le papa de Nico. La cohabitation se passe mais ce n’est pas tous les jours facile. Nous n’avions clairement pas prévu notre année comme ça et il est très difficile du jour au lendemain de retrouver une routine, le cercle familial, la vie que nous avions laissé avant de partir. Bien sûr, nous sommes au chaud et ça, évidemment, ça n’a pas de prix, et l’aide du papa de Nico est précieuse. Mais nous avons hâte de repartir, de nous remettre dans notre aventure, de retourner au Sri Lanka poursuivre notre séjour. C’était sans compter sur la pandémie mondiale de la COVID-19 qui commençait à déferler en Europe. Et, là aussi, nous allions apprendre de cette situation inédite, qui allait aussi m’aider personnellement dans ma reconstruction.

Le 17 mars 2020, le couperet tombe et la France se confine. Jamais dans l’histoire de l’humanité une telle situation ne s’était produite. Quelques jours plus tôt, ce sont les établissements publics et les lieux qualifiés comme « non essentiels » par le gouvernement qui sont fermés. La France en prend un coup. Nous en prenons un coup. Distanciation sociale, gestes barrières, masque chirurgical ou FFP2, gel hydroalcoolique, autant de termes qui font leur entrée dans nos quotidiens. Du 17 mars au 10 mai, nous sommes confinés, enfermés, recroquevillés sur nous-mêmes. Les tensions sont palpables, les disputes avec Nicolas récurrentes, la cohabitation familiale de plus en plus difficile. De surcroit, nous avons peur de tout et de tout le monde. Pas un jour ne se passe sans que nous ne parlions de ce fichu coronavirus. Les médias alimentent la polémique et passent en boucle les images chocs des morts qui s’accumulent partout sur la planète. Les gouvernants disent tout et son contraire. Personne ne sait où est la vérité et chacun s’adapte comme il le peut. Cette situation est très éprouvante mentalement. Se voir privés de nos libertés est difficile. Ne pas pouvoir sortir un supplice. Heureusement, le papa de Nico a un jardin, et nous pouvons au moins faire le plein de vitamine D chaque matin. Ce qui ne fût pas le cas de tous les français, affaiblis à juste titre par l’épreuve.

En ce mois de mars, repos intense aidant, la créativité est revenue. Comme ça par magie. Une nuit, alors que j’ai eu le sentiment de rêver éveillé, j’ai vu notre blog dans une toute nouvelle version. Je l’ai vu comme un livre, où chaque journée deviendrait un chapitre de notre vie. L’envie de refondre le blog à 100% était née. Et avec elle la promesse de 4 mois intensifs de travail. Nous avons tout refait : de la structure au design, en passant par les couleurs, les polices d’écriture, la mise en page, la façon de présenter nos contenus textuels et visuels, etc. Un travail colossal qui nous a occupé jour et nuit de mars à juin et dont nous sommes particulièrement fiers tant il nous ressemble aujourd’hui.

Bilan intermédiaire mars : comme je te l’ai expliqué plus haut, ma blessure a entraîné Nico dans ma chute. Lui aussi a été rapatrié et lui aussi a vu son tour du monde stoppé brutalement. Je m’en voulais et je ne pouvais pas m’empêcher de culpabiliser. La pandémie mondiale est venue confirmer que de toute manière nous n’aurions pas pu aller au bout des 24 mois. Nous aurions finis par rentrer. Tous les voyageurs à l’étranger ont vécu cet écueil. Rares sont celles et ceux qui ont fait le choix de se confiner à l’étranger. Si je ne m’étais pas blessé, soit nous restions au Sri Lanka confinés, soit nous changions de pays pour nous confiner, soit nous rentrions. Encore aurait-il fallu que nous puissions étendre nos visas et/ou surtout que les gouvernements autorisent les étrangers à rester sur leur sol. Cela aurait été de toute façon compliqué et plus qu’incertain. Le fait que la pandémie touche toute la planète, et loge de fait tout le monde à la même enseigne, m’a aidé à relativiser. Si ça se trouve c’est mon ange gardien, car j’y crois, ou celui de Nicolas, qui m’a poussé dans ce trou. Ainsi, avec une telle blessure, impossible de poursuivre le voyage. Ça se trouve nous avons été protégés d’un mal plus grand. Quand on voit, avec le recul, la dangerosité de la COVID-19 et le taux de mortalité, on se dit chanceux d’être rentrés au chaud en France, à l’abri d’un danger sûrement plus grand. Puis surtout, le fait d’être hébergé par le papa de Nico et de ne pas avoir à taper dans nos économies, reporte juste notre tour du monde. Il n’est en rien annulé ou définitivement compromis. Il est juste décalé de plusieurs mois, ce qui, là aussi, est une chance, au regard des voyageurs qui n’avaient qu’une année sabbatique pour mener à bien ce projet, pour eux définitivement terminé. Il faut toujours voir le verre à moitié plein et là aussi nous sommes chanceux. On pense même que le report d’un tour du monde est un problème de privilégiés, certains n’auront jamais le luxe de se poser cette question.

 


AVRIL

Je profite de ma convalescence pour me reposer, physiquement et mentalement. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai la sensation que je m’entends, et que bientôt je m’écouterais. Le silence du confinement, l’arrêt brutal de la planète, le temps mis au ralenti, autant de facteurs qui m’aident à entendre ma petite voix intérieure. C’est comme si le temps avait été mis sur pause. Plus rien ne se passe, ni dans la rue, ni sur les réseaux sociaux. Ni dans nos vies d’ailleurs. Nous sommes en quelque sorte dans une parenthèse inerte où chaque journée ressemble à la précédente. Dans le même temps, ma rééducation se passe à la maison. Mon kinésithérapeute m’appelle régulièrement pour prendre de mes nouvelles et me donner des exercices à faire. Les cabinets étant fermés je n’ai pas le choix. Encore cette fameuse fatalité que j’évoquais plus haut ! Mais petit à petit, mon pied droit reprend des forces. Et petit à petit, je peux reposer le pied par terre. Et reporter le poids de mon corps de plus en plus. De pas bancals en boitant, j’allais bientôt remarcher quasiment normalement. J’avoue avoir été soulagé de ne pas avoir eu de séquelle physique et de sentir que ma mobilité était enfin en train de revenir.

Autre pulsion créative intervenue en plein mois d’avril : celle qui a conduit à la création de la vidéo « VOYAGE INTERMÉDIAIRE ». Alors que depuis des années, nous sommes arrosés d’images et de preuves de l’effondrement écologique, tout à coup la planète nous montre sa capacité de résilience. Les animaux sauvages reviennent en ville. Les eaux deviennent plus claires. La pollution de l’air disparaît dans des zones habituellement sinistrées. Les gaz à effet de serre diminuent drastiquement. La vie reprend. Tandis que nous sommes toujours chez nous, confinés, dehors tout va bien. La planète s’adapte. Les espèces s’adaptent. Pourquoi l’homme ne ferait-il pas pareil ? Le signal était trop fort et l’occasion trop belle pour rester stoïques. En une nuit, j’ai eu une pulsion d’écriture. L’envie de coucher sur papier toutes les questions que la situation pose. L’envie de nous remettre en question. L’envie de transmettre un message fort. L’envie de faire bouger les choses à notre petit niveau. Alors que l’écriture du texte était faite en à peine 24H, le tournage et le montage auront eux nécessités 7 jours. Le temps de déballer notre vidéoprojecteur et de trouver les images d’illustration et nous étions prêts à tourner en une prise cette vidéo venue du cœur. A sa mise en ligne, tu l’as partagé en masse. Si bien qu’en quelques jours, ce sont 15.000 personnes qui ont entendu notre message. Nous sommes très fiers de cette vidéo, qui est venue dans une pulsion de faire quelque chose de ce temps inédit et précieux que la planète avait bien voulu nous donner.

Bilan intermédiaire avril : la création de notre vidéo « VOYAGE INTERMÉDIAIRE » a été salvatrice. Tout d’un coup, ce sont toutes nos questions et nos angoisses que nous sortions de nos cœurs. Elle est le point de départ d’énormément de réflexions que nous avons depuis. D’envie de changements. D’envie de ralentir. D’envie de nous détacher de ces formes de tourisme qui ne sont plus acceptables en 2020 compte-tenu de leurs effets pervers sur la planète. D’envie de nous engager. D’envie d’éveiller les consciences. C’est vraiment dans cette période de flou total que nous avons vu de la lumière et surtout compris qu’on avait aussi un rôle à jouer. Ou qu’en tous cas, si nous décidions de rester sur les réseaux sociaux à partager des contenus, ce serait uniquement dans le but de véhiculer de beaux messages raccords avec nos valeurs. Ce mois d’avril fût une sorte de bascule où nos angoisses ont laissé place à notre envie de reprendre nos aventures et d’en découdre avec cette année 2020 qui ne faisait que commencer.

 


MAI

Le confinement dure depuis le 17 mars et commence clairement à peser sur notre moral. Même si nous sommes bien occupés par la refonte de notre blog, rester enfermés une aussi longue période n’est pas pour nous. Nous devions être en tour du monde à la base et nous sommes en train de faire le tour de la maison. Le gouvernement allait nous donner une fenêtre d’espoir avec l’annonce du déconfinement dès le 11 mai 2020.

Mais nous ne voulions pas repartir à n’importe quelle condition. Chaque jour nous suivons l’évolution de la situation aux informations et comprenons à quel point notre pays a besoin qu’on reste chez soi. Ce n’est ni un comportement résigné ni un comportement de vendu comme le disent les complotistes. C’est un comportement qu’on juge nécessaire et responsable en regard de la situation. Rapidement, l’idée de faire quelque chose en France germe en nous. Avant de connaître Nicolas, j’avais déjà fait un road trip en France. 40 jours sur la route en dormant dans ma 206. J’avais eu l’occasion de découvrir mon pays comme jamais, dans des conditions roots, mais tellement propices à la relaxation et à l’introspection. Je propose donc à Nico que nous partions en road trip cet été afin de nous évader et nous retrouver. Cohabiter en famille n’est pas toujours facile y compris pour l’intimité du couple ! Immédiatement, il est emballé par l’idée et nous réfléchissons au projet. Instinctivement, nous partons sur un road trip en France bien sûr mais nous ne nous arrêtons pas là. Quitte à faire ce road trip dans nos frontières, autant le faire à bord d’un véhicule emblématique français. A la base, nous pensions acheter un van à retaper. Mais le temps d’un aménagement complet est important. Le coût avoisine les 10/15000 €, ce qui n’était pas le budget que nous voulions consacrer à ce projet estival. Et c’est là que j’ai eu l’idée de partir sur une Renault 4L, la deuxième voiture la plus vendue de l’histoire de l’automobile française. Mon premier road trip a été fait en 206, LA voiture la plus vendue, celui-là se ferait en 4L. Un signe du destin ! De plus, ma grand-mère en avait eu une et cela me rappelait déjà de très bons souvenirs de mon enfance. Une voiture qui nous permettrait de parcourir la France en 4L, à faible allure, en ne prenant que des routes de campagne et en dépensant notre argent chez nous. Une manière citoyenne de participer à la reprise de l’économie dans notre pays et soutenir les petits commerçants.

PROBLÈME — le confinement était toujours en cours au moment de l’idée. Avant une restriction des déplacements entre régions au moment du déconfinement. Comment donc aller chercher un véhicule qui ne serait pas forcément dans notre région ? Finalement, c’est à Orléans que nous avons trouvé la perle rare. Et nous sommes passés par un ami garagiste et professionnel pour aller récupérer le véhicule au moyen d’un camion plateau. Nous avons dépensé 4000 € pour l’achat de la 4L et dépensé 2000 € en réparations. Nous revenions dans cet article sur la genèse du projet et les réparations justement au cas où cela t’intéresse d’en savoir plus. Fin mai, la voiture était donc achetée, avant de rentrer au garage, histoire de se refaire une santé mécanique. Le plus gros était fait, il ne nous restait plus qu’à préparer l’itinéraire et l’équipement nécessaire à un tel road trip. Et étape ultime : baptiser la voiture. Pour cela, nous avons lancé un jeu sondage sur notre profil Instagram. Et au terme de 4 manches, c’est le prénom « SIMONE » qui s’est détaché à une voie près. Simone était désormais dans nos vies et bientôt au cœur de toutes nos aventures.

Bilan intermédiaire mai : JAMAIS nous n’aurions eu l’idée d’un tel road trip s’il n’y avait pas eu cette pandémie mondiale. En tous cas pas dans ces conditions. Nous sommes hyper fiers avec le recul d’avoir su nous réinventer et de ne pas être restés sur un « échec ». La fin temporaire de notre tour du monde aurait pu nous plonger dans une forme de dépression. Ce fût tout l’inverse. Nous avions une niaque d’en découvre avec la situation et de vivre. Nous voulions découvrir du pays. Et quelle plus belle occasion que de découvrir notre pays natal : la France. C’est quand même paradoxal de se dire qu’on allait partir 24 mois de nos vies découvrir 24 pays... et pas la France ! L’un des plus beaux pays au monde, sans vouloir être chauvin. Cette pandémie nous a obligé à revoir nos priorités. Nous a obligé à revoir local. Nous a obligé à profiter de chaque journée comme si c’était la dernière. Déconfinés mais jusqu’à quand ? Nous n’avions pas une seconde à perdre et désormais chaque journée allait être rythmée par ce nouveau projet. Le tour du monde a été classé dans un coin de nos têtes et nous avons fini par accepter qu’il ne se ferait assurément pas en 2020 et sûrement pas non plus en 2021. L’histoire donnera raison à notre lucidité. Comme quoi, pour avancer, il faut des projets. Et nous sommes vraiment fiers d’avoir su embrasser le côté positif de la situation et en faire une force pour partir sur ce projet incroyable !

 


JUIN

Ce mois de juin est bien rempli, entre la refonte de notre blog qui arrive à son terme, l’élaboration de l’itinéraire que Nicolas a réalisé avec soin, les achats du matériel destiné au bivouac et les démarches administratives avant de prendre la route. Comme à chaque grand départ, j’avoue que le stress m’a un peu envahi. Je ne suis pas encore prêt à partir sans avoir préparé un minimum les choses. Pourtant la leçon que j’ai appris au Sri Lanka était forte et aurait dû me mener à lâcher prise. La nature de l’homme est difficile à changer ! Nicolas a vraiment assuré et a fait énormément pour que ce road trip se prépare dans de bonnes conditions. Concernant l’itinéraire déjà. Il a prévu que nous passions par une majorité de « Plus Beaux Villages de France » par les routes de campagne. Il a aussi prévu quelques randonnées sur le parcours, des excursions sur des îles et même des visites de sites historiques. Un programme dense sur 3 mois mais un excellent moyen de vraiment découvrir la France. Concernant l’équipement ensuite. Il a construit un meuble adapté au coffre réduit de notre Renault 4L et organisé minutieusement le rangement. Chaque objet avait sa place et pour le coup nous n’embarquions rien de futile. Pour gagner un peu en rangement, nous avons acheté une galerie de toit pour la voiture et accroché une valise vintage dessus. L’effet visuel était sympa mais la fonction première était bien de gagner en place. Fin juin, les préparatifs étaient bouclés. Nous attendions la livraison de la voiture révisée et nous serions quasiment prêts à prendre la route.

Bilan intermédiaire juin : je rêve du jour où je serai prêt à prendre la route sans le faire avec toute la pression que je me mets. Partir sans feuille de route, sans préparation, sans stress. Je n'en suis pas encore là mais je pointe une nouvelle fois du doigt ce qu’il me faut changer. Déjà, m’en rendre compte est une étape pour  comprendre ce qu’il me reste à changer. J’ai encore une fois, même si je n’en doutais pas, pu voir à quel point mon mari est fiable et solide. Nicolas est un garçon organisé, intelligent, patient, et il a parfaitement géré les préparatifs, tandis que je bouclais la refonte de notre blog. Je reconnais avec le recul qu’on aurait pu faire exactement la même chose, le stress lié aux préparatifs en moins. De l’écrire me permettra de ne pas l’oublier, et de travailler à ne plus reproduire ces erreurs.

 


JUILLET

Début juillet, la 4L est révisée et fin prête à prendre la route. Nous terminons les derniers achats en vue de notre départ. Je suis toujours très stressé à l’idée de partir, bien que l’idée m’excite toujours autant. Mais ce sont des angoisses liées au bivouac que nous n’avons jamais pratiqué, au risque potentiel de casse et de vol ou même à mon pied, en me demandant s’il va tenir le choc de ces 3 mois à venir. Mais pourquoi m’obstiner à toujours vouloir avoir réponse à tout alors que personne ne sait à l’avance ce que la vie lui réserve ? Décidément, la vie devra encore me mettre des claques pour que j’apprenne à accepter la fatalité et à réussir à lâcher prise !

Le 14 juillet 2020, nous profitons de la fête nationale pour prendre la route. Tu crois qu’on aime les symboles ? Nous partons donc en direction de l’Alsace. La suite du programme tu la connais si tu as suivi notre itinéraire : suivre la route des vins d’Alsace, remonter vers le nord, puis l’ouest, la Bretagne, le Pays Basque, le sud, la Côte d’Azur, la Corse, … un joli programme en somme et la promesse de 3 mois d’évasion. Pour l’heure, nous vivons nos toutes premières heures sur la route et nous offrons un restaurant le 14 juillet au soir, histoire de fêter dignement le début de cette aventure. Nous avons un peu traîner au restaurant car c’est quelque chose qu’on avait un peu oublié avec la pandémie. Quel bonheur de voir du monde et de manger en terrasse ! A la tombée du jour, il nous faut nous remettre en route afin de trouver un spot pour la nuit.

Nous n’avions jamais fait de bivouac ! Dormir dans la nature, à l’improviste, en respectant les lois en la matière en France : mission difficile mais pas impossible. Le tout est de ne pas être trop exigeant avec le spot en question. Pour ce premier soir, nous nous sommes contentés d’un terrain près d’un… cimetière ! Mais pas de fantômes à déplorer, juste une tente trop petite et une nuit passée les pieds dehors sous la pluie. Folklorique et vraiment drôle avec le recul ! Mais, dès le lendemain, direction le Decathlon le plus proche afin de changer de tente et poursuivre le road trip dans de meilleures conditions. 3 mois sur la route c’est long et il était donc primordial que nous puissions nous reposer suffisamment.

Bilan intermédiaire juillet : passée la période de doutes qui a précédé le grand départ, dès les premières heures nous avons ressenti les effets bénéfiques de l’évasion. Définitivement, nous sommes faits pour le voyage. C’est devenu un pilier de notre équilibre. Pas pour fuir mais pour vivre. On ne se sent jamais aussi vivant que quand nous sommes dans la découverte et l’évasion. Notre 4L avance à une moyenne de 80 km/h et nous laisse tout le temps pour contempler le paysage. La première nuit en bivouac a été hyper drôle. Nous étions hyper angoissés, on ne va pas se mentir, à l’idée de cette première nuit en bivouac. Le moindre bruit de craquement dans les arbres t’interpelle, le moindre sifflement d’oiseau te réveille, la moindre voiture qui approche de la tente te met mal à l’aise, sans parler de la pluie qui s’est invitée. Mais passée l’angoisse de cette première nuit, les suivantes furent beaucoup plus simples. Déjà nous avions une tente 3 places beaucoup plus adaptée à notre gabarit. Ensuite, même si les sangliers et les biches se sont invités, nous étions ensemble. Être collés nous rassurait. Être ensemble était la chose primordiale. Et il ne nous est rien arrivé. Jamais. Comme quoi il ne servait à rien de s’angoisser !

 


AOÛT

En ce mois d’août 2020, notre road trip « La France en 4L » bat son plein. Nous sommes sur les routes depuis 15 jours et profitons à fond de chaque journée qui passe. Les kilomètres s’enchaînent, les paysages avec. La France nous émerveille. Chaque région est singulière et nous impressionne par la richesse de ses paysages, sa gastronomie, sa diversité culturelle, son histoire locale ou encore la beauté de ses villages. Nous découvrons des régions où nous n’étions jamais allés ensemble. Certaines où aucun de nous n’y était jamais allé. Fin août, nous sommes dans le sud et avons déjà effectué la moitié de notre road trip. Je fête mon anniversaire sous les oliviers des Alpilles, au chant des cigales, entouré de mes amis et de mon mari. Le coucher de soleil est sublime, la nature est de la partie. Pour résumer les choses simplement : nous sommes heureux !

Bilan intermédiaire août : le road trip se passe à merveille et aucun problème n’est venu entacher le tableau. Nous sommes actuellement en train d’écrire un livre de nos aventures en 4L. Nous y parlerons en détail de cette aventure, région par région. La morale est qu’il ne faut pas trop se prendre la tête avec les préparatifs. La véritable aventure intervient justement quand on décide de se laisser porter. La vie n’est pas toujours simple mais c’est la vie. Et on remarque à nouveau que notre état d’esprit positif n’a attiré que du positif. Nous savourons donc ce mois d’août à 200% et sommes bien loin désormais de nos angoisses et de la maison. En 15 jours, c’est fou comme le voyage a remis de la couleur dans nos cœurs et nous a redonné de l’énergie. Sans parler de l’inspiration, présente à chaque carrefour de notre aventure.

 


SEPTEMBRE

Nous sommes toujours sur les routes. La météo se dégrade. Alors que nous avons dû accélérer les derniers jours pour arriver à temps à Toulon, nous arrivons au port de la ville le 1er septembre 2020. Nous sommes rejoints par la maman de Nico. Tous les 3 embarquons pour la Corse avec la compagnie Corsica Ferries. La maman de Nico a tenu à nous offrir la traversée et les nuits d’hôtels sur l’île de beauté. Un magnifique cadeau pour un séjour qui allait finalement ressembler à des vacances au sein du road trip. En Corse, il n’est pas question de bivouac. Pas question de courses sur le pouce. Pas question de recherches de spots. Nous arrivons le 2 septembre à Ajaccio. Nous profitons d’un café à l’arrivée pour faire le point sur notre itinéraire. Nous reprenons en gros l’itinéraire que j’avais fait avec un ami en mai 2017, en faisant une boucle d’Ajaccio à Cargèse. Nous avions 15 jours pour faire la boucle avec Simone – notre 4L – et prendre le temps sur ces routes corses jugées coriaces à pratiquer. La voiture n’a jamais montré le moindre signe de faiblesse et a avalé les kilomètres de la même manière que sur le continent. L’île de beauté tient toutes ses promesses. Les plages sont magnifiques, les villages agréables à visiter, la nature sauvage et enivrante, les corses accueillants et loin des clichés qui leur collent à la peau. Nous dormons soit au camping, soit à l’hôtel, soit dans un chalet, soit dans une maison d’hôtes. Le fait de ne pas avoir à chercher un spot pour la nuit libère nos esprits. Ici, rien d’autre à faire que profiter. Midi et soir nous allons au restaurant et retrouvons le plaisir de nous occuper de rien. Le temps est au beau fixe et tous les 3 profitons de ce séjour pour nous détendre. Il n’y a qu’en fin de séjour que la pluie s’invitera à son tour en Corse, abrégeant quelque peu les dernières sorties à la plage. La fin du séjour est aussi marquée par une tension palpable entre Nico et moi. Quelque chose bloque. Nous avons besoin de nous parler. Déjà ces tensions étaient palpables avant que nous prenions la route. Uniquement des tensions liées à notre blog LEPOINT2DÉPART et tu comprendras mieux un peu plus bas les tenants et les aboutissants. Pour l’heure, nous terminons notre séjour à Ajaccio, quelques heures avant de reprendre le ferry pour revenir à Toulon. Nous raccompagnons la maman de Nico au train et nous fonçons prendre une chambre d’hôtel. La bulle de tension y éclate et nous mettons cartes sur table. Une discussion nécessaire et concluante. Nous sommes très amoureux et sommes heureux de pouvoir aller aussi loin dans les discussions, les remises en question et l’envie de changer ce qui ne va pas. Un couple c’est comme tout : rien n’est jamais acquis ! Il faut se parler, comprendre les problèmes, ajuster, relativiser, se remettre en question, faire des concessions. Surtout communiquer. Et cette discussion aura certainement aidé à y voir plus clair sur la suite de nos aventures respectives. Pour l’heure, nous reprenons la route du côté de Nice. La météo gâche quelque peu cette étape. Entre Nice, où nous arrivons sous la pluie avant d’en repartir sous la pluie, l’étape dans les Calanques de Marseille, où nous avons pu passer entre les gouttes quelques heures seulement, différentes étapes plus dans les terres que nous avons dû annuler, la météo nous a forcé à accélérer le pas et à survoler certains coins de France. Plus les jours défilaient et plus nous parlions de rentrer. Nous accélérons encore le pas pour arriver à Montpellier puis à Perpignan. Nos amis nous accueillent à bras ouverts à tour de rôle, et grâce à eux, nous pouvons passer les nuits au chaud.

Le 24 septembre 2020, nous sommes à Collioure, à côté de Perpignan. Dans ce village, la vie allait nous réserver une belle surprise. Depuis quelques jours, l’un de nos followers sur notre profil Instagram guette notre arrivée dans le coin. Quand nous arrivons dans son village, il se propose même de nous faire la visite, alors qu’il termine déjà sa journée de travail à 19h. Nous l’attendons sagement autour d’une sangria maison et partons à ses côtés découvrir le village. Léo est passionné par son village. Il distille des faits historiques à mesure que nous découvrons les ruelles. Nous prenons un plaisir certain à nous faire guider et à en apprendre plus sur cette bourgade charmante à souhait. Nous prolongeons la soirée autour d’une planche de spécialités locales et de bières. La météo menace à nouveau et il fait à présent nuit. Léo propose de nous héberger pour la nuit et nous ne boudons pas notre plaisir de savoir que nous passerons la nuit au chaud. Le lendemain, nous nous réveillons avec le petit-déjeuner préparé, et plein de petites attentions. Une belle rencontre et un accueil incroyable, alors que quelques heures plus tôt nous ne nous connaissions pas. Ce genre de rencontre que seule la vie peut provoquer et l’assurance que nous nous reverrons un jour ou l’autre.

Nous reprenons maintenant notre route en direction du Pays Basque. Nous avions hâte d’arriver à cette étape. La pluie nous laisse un peu de répit et nous pouvons découvrir Saint-Jean-de-Luz, Biarritz ou encore Bayonne. Le 28 septembre 2020, nous sommes du côté d’Hendaye, à la frontière espagnole. Nous en profitons pour faire une courte halte pour fêter un événement personnel très particulier : nos noces de coton. Déjà un an que nous sommes mariés ! Le temps a filé et nous profitons de cette soirée pour repenser au plus beau jour de nos vies, à ce moment bienheureux à Paris entouré de nos proches. Une journée qu’on oubliera jamais et dont on se rappelle chaque seconde. La soirée est intime et nous fait un bien fou, à l’abri de la pluie et dans la chaleur de nos bras respectifs.

Les jours suivants, la pluie ne quitte plus le ciel. Nous sommes obligés de survoler le Bassin d’Arcachon. Puis d’annuler une collaboration prévue avec l’Office du Tourisme de Bordeaux, ainsi qu’une nuitée prévue dans une tiny house dans le même secteur. Notre moral en prend un coup. Clairement, la suite du road trip est compromise. En plus de la pluie, les températures commencent à chuter. Les nuits sous la tente sont de plus en plus éprouvantes. On est quasiment plus dans le plaisir mais dans la résistance. Les conditions ne sont plus aussi optimums pour vivre le road trip dans de bonnes conditions. Nous enchaînons les nuits dans des hôtels, ce qui commence à peser lourd sur nos économies. Autant, certaines années, la météo offre une arrière saison qualifiée d’ « été indien ». Autant cette année 2020 n’aura rien épargné ! Nous sommes fin septembre et il caille déjà sévère ! Notre dernière nuit sous la tente près de Bayonne aura été chaotique. Nous avons eu hyper froid et nos sacs de couchage ne faisaient clairement plus le poids face à la chute brutale des températures. C’est décidé, la tente c’est terminé !

Nous accélérons ensuite jusqu’à la Charente, où nous revenons chez le papi de Nico nous mettre quelques jours à l’abri de la pluie. Nous espérions que la météo s’améliore mais ce ne fut pas le cas. L’idée d’abandonner le road trip nous traverse. Finalement, nous revoyons l’itinéraire jusqu’à la fin pour définir des villes étapes où nous avons de la famille ou des amis. Ainsi, nous pouvons continuer encore quelques jours, même si il était évident que désormais chaque journée nous rapprocherait toujours un peu plus de la maison, et donc de notre point de départ !

Bilan intermédiaire septembre : nous arrivons dans le dernier quart de l’année. Nous sommes fatigués, et moralement, et physiquement. Moralement, parce qu’entre tout, nous avons accumulé beaucoup d’informations à digérer. Physiquement, parce que nous enchaînons les kilomètres et les visites. La pluie surtout est venue peser lourdement sur le déroulé de notre road trip. Autant jusqu’à présent nous ne parlions jamais de météo. Autant depuis le retour de Corse nous ne parlons que de ça ! Nous passons notre temps à passer entre les gouttes. L’itinéraire est taillé à la hache. Les étapes annulées s’accumulent et c’est à regret que nous devons survoler certaines zones. Frustrant quand on sait que parfois il fait bon dans le sud jusqu’à fin octobre. Cette année 2020 ne veut décidément rien laisser se passer comme à l’accoutumée. Nous sommes fin septembre et il caille déjà sévère ! Mais, plutôt que d’abandonner, notre recul nous aide à comprendre qu’à chaque problème sa solution. Nous acceptons de devoir abréger l’itinéraire et de faire différemment. Nous comprenons qu’un road trip est par définition aléatoire. Et qu’encore une fois il ne sert absolument à rien de vouloir tout prévoir, notamment un itinéraire trop ambitieux. Non, nous n’aurons pas visité toute la France ! Et en même temps qui le pourrait en 3 ou 4 mois ? Nous qui voulions aller lentement sommes maintenant obligés de le faire encore plus ! Au lieu d’enchaîner 10 « Plus Beaux Villages de France » comme en Aquitaine, là nous pouvions tout juste en visiter 1 ou 2 par jour, et c’était déjà très bien ! Puis la pluie nous aura permis de passer plus de temps chez nos amis et nos familles, et c’est très bien comme cela. Nous avons appris à composer avec les aléas. Nous arrivions fin septembre à réaliser le chemin parcouru, et à savourer ce répit que 2020 avait bien voulu nous laisser. Surtout qu’octobre allait avoir un air de déjà vu...

 


OCTOBRE

Début octobre, nous fêtons l’anniversaire de Nico sous la pluie charentaise. Je l’invite au restaurant et passons une soirée en amoureux au top. Ce genre de moment où tu oublies tout ce qui se passe autour de toi. Nous faisons déjà le bilan de notre road trip, qui n’est pourtant pas fini. Mais la pluie a quelque peu « gâché » les derniers jours. Le cœur n’est plus à l’aventure. Nous savons que désormais les derniers jours seront essentiellement composés de routes et de peu de visites. C’est ainsi, il faut composer avec les aléas. Nous repensons dans les jours suivants à la rencontre que nous avions fait à Collioure. A la maison de Léo. A son souhait de trouver un locataire pour la chambre d’étudiant qu’il a aménagé au rez-de-chaussée de sa maison. A la proposition qu’on lui a fait aussi quelques jours plus tôt de la lui louer. A cette vie qui pourrait être la nôtre en 2021, de changer de région, et de nous rapprocher de la mer. Nous attendons patiemment sa réponse qui n’allait pas tarder à venir. Léo accepte notre proposition et en un simple « OUI » ouvre une perspective toute nouvelle pour nous en 2021. Sans que nous n’ayons à chercher. Sans que nous n’ayons à justifier de situations professionnelles. Sans que nous n’ayons à nous stresser. Juste comme ça. Simplement. Le feeling était donc partagé et nous sommes ravis de cette nouvelle. Le road trip reprenait des couleurs et grâce à lui nous avons également retrouvé le goût de l’aventure. Mais aussi et surtout rencontré notre futur colocataire, qui nous ouvre ainsi les portes de sa maison. Comme quoi, la vie te met parfois sur ta route de belles âmes et des rencontres qui sonnent comme des évidences. Léo en est une et nous avons hâte de prendre un nouveau départ à ses côtés. 2021 entre mer, montagnes et amis, ne pourra qu’être source de vie. Mais ça on t’en reparlera en temps voulus.

La pluie battante ne s’arrête plus. Nous quittons la Charente pour arriver dans le Limousin. Cette fois chez l’oncle de Nico. La campagne est belle mais le ciel est gris. Et tout le programme des « Plus Beaux Villages de France » du coin abrégé. Puis nous filons entre les gouttes pour traverser l’Auvergne, puis l’Ardèche, avant d’arriver tard en soirée chez mon papa, dans la Drôme. En une journée, nous avons traversé la France par la diagonale du vide et survolé toutes ces belles régions qu’on espérait tant découvrir. Ce ne sera pas pour ce road trip. Après tout, il faut bien en garder pour les suivants. Je retrouve aussi ma grand-mère paternel, qui va beaucoup mieux qu’à l’été, où une déshydratation avancée l’avait conduite à l’hôpital, sur fond de suspicion de COVID. Un stress avant de partir en Corse dont je me serai bien passé. Mais tout est bien qui finit bien et ma grand-mère a retrouvé la forme des grands jours. A 94 ans, elle force le respect ! Le programme dans la Drôme se fait lui aussi entre les gouttes mais nous arrivons tout de même à vadrouiller un peu dans la région. C’est ma région natale et j’ai à cœur de faire découvrir certains villages à Nicolas.

Dernière étape de notre voyage avant le retour : Annecy. Une étape dans laquelle nous étions fortement attendus. Annecy est la ville de mon amie Aurélie. C’est la seule que nous n’avions pas pu voir en novembre 2019, au moment de notre tournée des « au revoir » avant de décoller pour notre tour du monde, en raison de la grève ferroviaire. Autant dire que là, nous espérions ne pas tomber en panne à l’approche d’Annecy ou avoir une tuile sur la route qui nous aurait empêché d’y aller ! Fort heureusement, ce ne fût pas le cas, et nous avons pu passer 4 jours baignés de bonheur à ses côtés. Une amitié qui dure depuis plus de 10 ans et qui confirme l’importance de nos amis dans nos vies.

Le 13 octobre 2020, l’heure du grand retour avait sonné. Après 3 mois sur la route, il était l’heure pour nous de reprendre le chemin du retour. L’heure de faire un dernier bilan et de nous rendre compte de l’incroyable aventure que nous venions de vivre. Pressés de rentrer, c’est aussi ce jour-là que nous nous sommes fait flasher pour un léger excès de vitesse. Fallait bien que ça nous arrive ! Et en fin de journée, alors que la nuit s’installe, nous retrouvons le point de départ, avec 13.000 kilomètres de plus au compteur.

Retour chez le papa de Nicolas. Reprise de notre routine. Nous récupérons après 3 mois intensifs sur la route. Plus de spot à chercher pour dormir. Plus de douche froide. Plus de nuit humide. Plus de craintes liées aux bruits divers de la nature. Nos nuits sont paisibles et ressourçantes. Et alors que nous venions d’échapper aux griffes de la pandémie, le gouvernement venait d’annoncer le deuxième confinement à compter du 30 octobre. Une aubaine pour nous d’avoir pu vivre cette aventure avant que la France ne se recroqueville à nouveau ! Dans ce contexte, nous avons repris nos habitudes créatives et avons pris le temps de trier la masse de contenus produits sur la route. Photos, vidéos, récits, notes, etc. de quoi être bien occupés tout l’hiver !

Bilan intermédiaire octobre : la météo a clairement redistribué les cartes. Nous étions hyper bien sur la route et serions bien restés un mois de plus à vadrouiller. Si les températures n’avaient pas chutées aussi brutalement, nous aurions aimé prolonger les nuits en tente. Mais la situation a été autre. Nous forçant à nous adapter pour ne pas abandonner. Le début du mois d’octobre a résonné comme un nouveau bilan de cette aventure. Nous commencions à réaliser ce que nous venions de vivre. 2020 aura été une année de tous les défis. En permanence, nous avons eu à nous adapter. 2020 nous a obligé à accepter les choses comme elles viennent. Et c’est une très belle leçon à apprendre, surtout pour le grand angoissé historique que je suis. Adaptation, résilience, humilité, autant de comportements que nous avons eu à adopter pour avancer jusqu’au bout. A notre retour, en voyant que la France se reconfine, on réalise à quel point nous avons eu de la chance. A quel point nous avons été privilégiés de pouvoir vivre cette aventure entre deux confinements. C’est la raison pour laquelle nous avons passé 1 à 2 heures par jour à faire nos partages sur Instagram. Pour toi qui n’a pas pu voyager cette année. Pour toi qui ne vivait pas la situation aussi bien que nous. Pour toi qui a cru que 2020 allait être insurmontable. Le partage n’a de sens que s’il apporte une valeur ajoutée à celles et ceux qui le reçoive. Et quand on lisait l’avalanche de messages qu’on recevait au quotidien sur nos réseaux sociaux, on savait qu’au-delà de vivre une expérience personnelle folle, on contribuait aussi à faire voyager une majorité de nos followers. Et ça ce fût une énorme source de motivation pour y consacrer autant de temps chaque jour.

 


NOVEMBRE

Nous sommes désormais bien confinés au chaud. Nous reprenons nos habitudes en la matière : café du matin, consultation des informations, petit tour sur les réseaux sociaux, douche et travaux créatifs. Après avoir trié et dégrossi notre aventure en 4L durant 3 mois, j’ai commencé à écrire le livre de notre aventure. Ce livre n’a pour le moment de vocation qu’à être destiné à nos proches, nos amis et nous, en souvenir d’une aventure incroyable. 3 mois c’est dense et on a vécu énormément de choses. Je commence donc par le plan, la structure du livre, pour trouver une manière ludique et agréable de retranscrire ce qu’on a vécu. Je sais que la tâche va être longue et douloureuse. Et je mets ce projet en route comme un fil rouge qui va s’étendre jusqu’à une bonne partie de l’année 2021. Je suis très fier déjà de me lancer dans une telle aventure. Je n’ai plus envie de gaspiller mon temps. Désormais chaque projet est un challenge personnel et un chemin pour apprendre. C’est aussi dans cette période que Nicolas et moi faisons un bilan concret sur notre implication dans le projet LEPOINT2DÉPART. La discussion va mener à une décision plutôt inattendue…

Cela fait des mois que ce projet se fait en dents de scie. Un coup nous y sommes très actifs, un coup plus du tout. Nico a du mal à rester motivé sur la partie photos/vidéos et de mon côté du mal à me mettre au travail quand je vois la montagne de sujets qu’on aimerait aborder. Nous avons lancé ce projet en janvier 2018, sans objectif particulier. Puis à mesure que nous avancions, nous y voyions un moyen de potentiellement pouvoir vivre un jour de la création de contenus. Mais à la condition de vraiment aimer ça et d’y consacrer tout notre temps. C’est grâce à une discussion profonde qu’on a compris qu’on était pas fait pour ça. Les choses ont changé sur Internet. Les codes ont changé. Aujourd’hui il y a un sacré niveau et une course à l’esthétisme qui brouille les règles du jeu. Nous ne sommes pas prêts à jouer ce jeu. Nico m’avoue que rester devant un écran à retoucher des photos ou monter des vidéos n’est définitivement pas son truc. Je lui avoue que je lui en veux de me laisser seul à croire vraiment à ce projet. Nous allons très loin dans la discussion et les aveux. Mais jamais nous n’aurions risqué notre couple pour un blog. Tout ça part du plaisir à partager à la base. Quand il n’y ait plus, il n’y a qu’une solution : ARRÊTER ! Mais, personnellement, j’aime ce projet et je sais que j’ai encore des choses à dire. Nico m’explique qu’il a d’autres projets en tête, d’autres envies, et donc qu’il pense bon qu’il s’éloigne temporairement du projet LEPOINT2DÉPART pour s’y consacrer pleinement. Je pense aussi que c’est une bonne option, surtout que j’ai envie de donner un autre sens au projet LEPOINT2DÉPART et prendre un nouveau départ. Je ne veux plus être blogueur voyage. Je ne veux plus partager uniquement nos aventures. Je veux me mettre à nu. Expliquer ce qu’il y a entre nos voyages. Ces périodes de longues remises en question. Ces phases douloureuses où on déconstruit tout. Ces phases où on questionne nos manières de voyager. Ces phases où on digère les leçons qu’on a appris en voyage. T’expliquer comment et pourquoi nous sommes devenus des voyageurs différents. Et enfin donner une suite à notre vidéo « VOYAGE INTERMÉDIAIRE ». Il est temps de tenter d’apporter nos réponses aux questions qu’on a volontairement posé. Ce nouveau POINT2DÉPART s’annonce différent de celui que tu as connu. Mais cette transition est nécessaire, vitale, pour ne pas arrêter définitivement le projet. Donner du sens et être en accord avec mes valeurs humaines est primordial. Mais j’aurai l’occasion de t’en reparler dans un article dédié début 2021 quand la transition sera effective.

Dans la continuité de notre envie de soutenir la France et la reprise de l’économie, nous avons le souhait de lancer une sorte de « Marché des créateurs 🇫🇷 ». Une page qui référence une centaine d’idées cadeaux à l’approche des fêtes, fabriqués en France par des créateurs français. La plupart étant même des voyageurs. L’idée est de pousser à une consommation locale, plus responsable, avec des produits éco-pensés et éco-produits. La page est un succès et ce sont plus de 1500 lecteurs qui iront piocher des idées dedans. Nous-mêmes avons commandé plusieurs articles sur cette page et incité nos familles à faire de même. Vue la crise, il aurait été facile de se ruer sur Amazon. L’idée était de montrer qu’il existe une manière alternative de consommer, qui est en réalité celle de l’avant Amazon. Celle de la proximité. Celle du dialogue. Celle de l’humain. Faire un cadeau a du sens. Mais faire un cadeau qui a du sens a encore plus de sens. C’était aussi de montrer qu’on ne doit plus consommer par la facilité. Derrière chaque démarche, il doit y avoir un raisonnement. Quand on se permet de prendre la parole sur les réseaux sociaux comme on le fait, on se doit derrière de corréler nos paroles à nos actes. C’est ce que nous avons essayé de faire avec ce marché, expliquer pourquoi il était important pour nous de changer sa façon de consommer et surtout comment le faire. Ce fût un joli succès que nous tâcherons d’appliquer à d’autres domaines dorénavant.

Novembre a aussi été synonyme de préparatifs pour 2021. Nous avons couché sur papier de nouvelles idées, de nouvelles envies. Nico a activé sa reconversion, il aura l’occasion de t’en parler prochainement. Je suis de tout cœur avec lui et surtout très fier de voir à quel point il est impliqué dans ce nouveau challenge. De mon côté, je poursuis l’écriture du livre de nos aventures et rêve déjà du film que je vais devoir monter derrière. Je ne me mets 0 pression. Ce sont des projets dont je me laisse le temps de bien faire les choses.

Bilan intermédiaire novembre : quand il y a de l’amour, il y a de l’espoir. Il est vrai que cette année 2020 aura pesé lourdement sur nos morals. Il est vrai aussi que nous avions du mal à avancer sur LEPOINT2DÉPART. Chacun ayant des réticences à s’y mettre vraiment pour les raisons que j’ai évoqué plus haut. Mais JAMAIS nous n’aurions risqué notre couple pour un blog. Nous sommes fiers d’être capables d’aller très loin dans les discussions et les remises en question. Le projet a déjà 2 ans et en 2 ans on évolue, et les priorités changent. Nico a un super projet personnel, né par nos voyages en plus. Je suis fier de lui, car s'éloigner d'un projet n’est pas une décision facile à prendre mais ce n’est en rien un échec. En 2 ans, il a appris énormément de choses. Que ce soit en informatique, en photo, en retouche photo, en vidéo, en montage, en matériel, en blogging, etc. Il a développé de nouvelles compétences. Même si aujourd’hui il se met en retrait, il a plus de connaissances qu’au point de départ du projet. Et c’est tout ce qui compte ! Il m’a fallu du temps pour accepter et digérer sa décision, mais je la respecte totalement. A deux, nous nous soutenons désormais chacun dans nos projets respectifs. Nico m’aide ponctuellement sur certains aspects du projet, je l’aide désormais sur certaines parties du sien. Nous communiquons mieux. Nous sommes plus efficaces. Finalement, nous sommes toujours dans les projets de l’un et de l’autre, mais avec plus de distance et de liberté. Et ça a tout changé ! Désormais, je vais pouvoir donner au POINT2DÉPART ce tournant viscéral que je veux lui donner plutôt que de l’abandonner. Nico soutient l’idée et va lui se donner toutes les chances de se reconvertir professionnellement dans un domaine qui l’a toujours passionné. J’aime profondément mon mari et je suis fier d’être à ses côtés pour le voir prendre ce nouvel envol. Je comprends qu’il culpabilisait de m’annoncer sa décision de s'éloigner du projet LEPOINT2DÉPART mais aujourd’hui, quand je vois à quel point faire travailler ses mains le rend heureux, je suis convaincu qu’il a pris la bonne décision.

 


DÉCEMBRE

Ce mois de décembre sonne quasiment la fin d’une année compliquée, certes, mais paradoxalement tout aussi constructive. Et alors qu’on aurait pu penser qu’on serait fatigués de cette année, nous avons été hyper productifs au contraire. Je me suis notamment lancé dans la création d’un jeu de société inspiré de notre aventure en 4L. Encore une fulgurance venue en pleine nuit. J’ai visionné le plateau et la mécanique de jeu, et, au réveil, un dimanche matin, je m’exécutais à réaliser un prototype du jeu. Plus de 300 cartes, un plateau, des pions 4L, une mécanique simple, une manière de découvrir la France et d’en apprendre plus sur les régions, bref un projet dont nous sommes très fiers et qui nous permettra de passer les longues soirées d’hiver avec nos amis.

Le 25 décembre 2020, Noël était enfin là, et avec lui la promesse de fêtes en famille calmes et ressourçantes. Pas de coronavirus à table, pas plus de masque dans la maison. Nous avons toutes et tous fait très attention, donc il n’y avait pas de raison. Et que ce fût agréable de ne pas parler de COVID pour une fois dans l’année ! Un peu de répit mental, avant la venue du père Noël venu les bras chargés de cadeaux. Que du cadeau utile. Que du cadeau qu’on voulait vraiment. Beaucoup de « Made in France ». Un Noël comme on les aime : simple, chaleureux, joyeux.

La digestion du repas étant difficile, je me surprends en pleine nuit du 25 au 26 décembre à écrire un conte pour enfants. D’où est venue mon inspiration ? La maman de Nico est arrivée quelques jours plus tôt avec un petit chiot du nom de Cappuccino, que sa voisine lui a confié pour les fêtes. Immédiatement, la connexion est bien passée avec le chien, attachant et mignon comme tout. Faut croire qu’il m’a énormément inspiré. Puisqu’en 24h à peine j’avais écris un conte de 25 pages intitulé « Cappuccino se fait de nouveaux amis » et illustré par 25 illustrations que j’ai fait sur l’application Canvas. Un exercice qui n’a pas vraiment de but, si ce n’est de laisser parler ma créativité. J’adore quand ma plume se lance et ne s’arrête plus jusqu’au point final ! Qui sait ? Peut-être que ma série de livres « Cappuccino… » détrônera un jour Martine dans le cœur des enfants. En tous cas, quoi que devienne ce projet, il m’a permis d’apprendre et de faire quelque chose que je n’avais encore jamais fait !

Nico, lui, découvre les joies de la couture et de la broderie. Instinctivement, il se met à personnaliser ses futurs tenues de travail, fabrique des pochettes en toile de jute pour ses draps de protection, customise ses tee-shirts, développe ses propres réseaux sociaux. Le grand manuel qu’il est passe de longues journées à créer, à acheter des tissus et à faire naître une véritable petite entreprise. Je regarde tout ça avec fierté de le voir aussi investi dans sa reconversion. Avec tous ces cartes en main, il ne peut que réussir ! En tous cas, il aura mis toutes les chances de son côté, et ça, c’est le plus important !

Bilan intermédiaire décembre : fin décembre, c’est l’heure du bilan qui avait sonné et donc l’écriture de ce long article à cœur ouvert. Une trace indélébile de l’année particulière que nous venions de vivre, avec un souhait de totale transparence avec toi qui nous lis. Sûrement pour casser l’image lissée par les réseaux sociaux. Surtout pour expliquer comment on fait pour avancer et aller de l’avant malgré tout ce qui peut nous impacter. Il va bientôt être l’heure de préparer 2021 et de faire nos valises. Oui, parce qu’on ne te l’a pas encore dit. Mais, grâce à Léo, l’année prochaine nous mettons le cap sur la ville de... Perpignan ! Avec la promesse de nouveaux challenges et de nouvelles aventures, dans un sud qui nous a tant enchanté durant ce road trip en France.

 


BILAN DU BILAN 2020

Si tu as eu le courage d’arriver jusqu’ici, déjà on t’en remercie, mais surtout on espère que tu auras compris à quel point cette année nous aura poussé dans nos retranchements. Comme nous avions du temps, beaucoup de temps, nous nous sommes sûrement posés les bonnes questions. En tous cas, toutes ces questions qu’on repoussait en temps normal, par manque de temps justement. Là, nous n’avions que nous à penser. Même si l’année n’a pas toujours été facile, elle s’est avérée très positive et hyper constructive. Nous ne voulons pas l’oublier. Nous ne voulons pas avoir vécu tout ça pour rien. Nous voulons donné une suite qui fait sens à 2020. Surtout, que ce fût une année au cours de laquelle nous avons lancé énormément de projets, fait un road trip de 3 mois en Renault 4L, appris beaucoup, lu beaucoup, procrastiné beaucoup, écouté des podcasts, regardé des séries TV. Nous nous sommes aussi beaucoup remis en question : beaucoup d’introspection, beaucoup de navigation personnelle… Nous avons beaucoup discuté et nous nous sommes aussi pas mal disputés. Mais des disputes constructives qui ont permis d’avancer, de se poser les bonnes questions et d’en sortir encore plus soudés. Tant que la discussion est positive c’est tout ce qui compte au fond ! Nous savons désormais où sont nos forces et nos faiblesses et ce que nous avons à changer pour que les choses aillent dans le bon sens. Nous savons aussi la préciosité de la liberté et à quel point il est vital de profiter de chaque instant. Nous connaissons mieux notre capacité de résilience et d’adaptabilité. Cette année 2020 a permis d’y voir plus clair, paradoxalement, et restera une année de transition pour nous. Nous avons compris certaines de nos erreurs. Nous sommes prêts pour le changement. Elle restera aussi une année bercée de rencontres magnifiques et de perspectives enivrantes. 2021 s’annonce donc comme la mise en application des leçons tirées de 2020. Pour conclure ce long bilan, on ne te remerciera jamais assez de ton soutien depuis le début dans notre projet et on espère que tu seras toujours là pour cette nouvelle ère qui s’ouvre. En tous cas, nous, on sera là tant qu’on prendra du plaisir à créer & à partager, mais si et seulement si on peut le faire en accord avec nos valeurs et qui nous sommes. A demain 2021, nous sommes prêts et conscients que tu vas, toi aussi, nous apporter ton lot de surprises et de projets singuliers !

  • En 2020, on a appris à accepter la fatalité !
  • En 2020, on a appris à nous adapter !
  • En 2020, on a appris à accepter les choses comme elles venaient !
  • En 2020, on a arrêté de se projeter pour vivre à 200% au présent !
  • En 2020, on a pris le temps et tout remis en question !
  • En 2020, on a compris la préciosité de la liberté !
  • En 2020, on a mesuré nos capacités de résilience !
  • En 2020, on a admiré la nature revenir à l’état sauvage !
  • En 2020, on a déconstruit les certitudes au profit des incertitudes !
  • En 2020, on a appris à savourer chaque petite victoire !
  • En 2020, on a dompté nos forces et nos faiblesses !
  • En 2020, on a réduit la pression qu’on se mettait !
  • En 2020, on a décidé d’être plus bienveillant envers nous-mêmes !
  • En 2020, on a pris le temps d’observer et d’écouter !
  • En 2020, on a remis du sens dans nos existences !
  • En 2020, on a préféré être que paraître !
  • En 2020, on a débuté un tour du monde, devenu un « VOYAGE INTERMEDIAIRE » !
  • En 2020, on a surtout voyagé vers notre intériorité !
  • En 2020, on a pu voyager 3 mois entre 2 confinements !
  • En 2020, on a compris que nous étions des privilégiés !
  • En 2021, on a juste envie de dire MERCI à 2020 !

 


OBJECTIFS POUR 2021

Pour finir, je voulais lister quelques pistes que je compte explorer en 2021. Elles sont les fondements des changements à venir sur LEPOINT2DÉPART et les raisons qui font qu’aujourd’hui je ressens ce besoin de changement. Internet évolue à vitesse grand V, moi aussi dans la vraie vie. Il n’est pas toujours simple de faire coïncider les deux. Voici quelques pistes que je me donne pour objectif d’explorer, à défaut de tout arrêter !

  • Prendre toujours plus de recul par rapport aux réseaux sociaux. C’est simple : si je n’avais pas LEPOINT2DÉPART, j’aurai purement et simplement supprimé l’intégralité de mes réseaux sociaux ! Il y a trop d’aspects négatifs, une mise en scène permanente, une surreprésentation de la réalité qui pousse certains à la frustration et/ou à la jalousie, sans parler de tout ce temps perdu à scroller sans fin pour voir la vie des autres… le fameux syndrome FOMO (de l’anglais : fear of missing out, « peur de rater quelque chose ») ! J’ai de plus en plus de mal avec les réseaux sociaux, pourtant ils furent mon métier durant des années. J’ai longtemps alimenté les réseaux sociaux d’artistes avec lesquels je travaillais. Mais, au niveau personnel, je n’ai jamais trop partagé ma vie. Je n’ai pas plus envie de le faire aujourd’hui. Quand je vois en plus à quel point ces réseaux ont détruit certaines de nos relations amicales, à nous voir reprocher de ne pas « liker » certaines publications… 2021 sera un challenge de savoir doser et de prendre la parole autour de contenus engagés et à valeur ajoutée. Dans une époque où nous sommes noyés sous les informations, j’ai à cœur de prendre la parole uniquement autour d’idées créatives et d’idées qui t’aideront à avancer dans ta propre vie de voyageur. Je vais donner un sens à ce que je fais et le faire simplement de la manière qui est la mienne. Sans me soucier des algorithmes. Sans chercher à faire du « like ». Simplement en étant moi. Et m’affranchir du regard des autres !
  • Trouver un meilleur équilibre entre vie perso et vie pro. Nous n’avons aucun soucis à passer notre temps H24 ensemble et le road trip de 3 mois cet été est venu le confirmer. C’est rassurant d’ailleurs, comme nous prévoyons de partir 2 ans en tour du monde ! Mais il faudrait qu’on arrive à plus compartimenter les choses. Comme nous bossons désormais tous les deux à la maison, il va falloir qu’on trouve des plages totalement à nous, sans parler de boulot ou de nos projets respectifs. Ces derniers mois, nous avions trop tendance à parler du POINT2DÉPART, si bien que toutes nos conversations finissaient par y être liées. En 2021, nous allons nous efforcer à mieux compartimenter les choses et à reprendre une vie de couple classique, en remettant le travail et nos projets au second plan.
  • 2020 a confirmé que nous étions créatifs tous les 2, mais pas au même niveau. Je concède que je suis plus « intello » et que Nico est plus « manuel ». Absolument rien de péjoratif là-dedans, bien au contraire. On se complète totalement. C’est vrai que moi j’aime faire travailler ma tête, lire, rester devant l’écran. Alors que Nico aime créer de ses mains, est doué pour le faire et ne supporte pas de rester collé à un écran justement. Alors que nous avions du mal à avancer sur LEPOINT2DÉPART, désormais nous savons qu’on est fait pour des choses différentes. Après une grosse remise en question, tout s’est décanté et nous sommes fiers du nouvel équilibre que nous avons trouvé. Nous nous aidons mutuellement dans ce qu’on sait faire de mieux. Et c’est parfait ainsi !
  • S’écouter et surtout s’entendre. 2020 a marqué un arrêt brutal de la planète. Comme si le temps s’était arrêté, surtout lors du premier confinement très strict. Ce temps de pause forcée a été salvateur. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai eu la sensation d’entendre ma petite voix intérieure qui me guidait. J’ai appris à écouter mon corps. A ralentir. A comprendre qu’à chaque journée suffit sa peine. À accepter que chaque journée ne fait que 24h. A me détendre. A me mettre moins de pression. A limiter mon excès de perfectionnisme. 2020 aura été une année où il aura fallu s’adapter en permanence et ne pas fonder trop d’espoirs. En réalité, c’est ça la vie. Être obligés de profiter de chaque journée comme si c’était la dernière. C’est le principe du « Carpe Diem » : saisir l’instant présent. Vivre dans le moment et savourer chaque seconde. En ça, 2020 fut ultra bénéfique et jamais je ne me serai autant remis en question. Alors qu’en cours d’année j’ai eu un temps l’impression d’être perdu à tout remettre à plat, je termine l’année confiant et sûr d’une chose : j’ai beau évoluer et changer, mes valeurs humaines restent les mêmes. Alors je n’ai plus peur et j’ai envie de foncer, conscient que la vie est courte et que le temps défile.
  • Nous faire de nouveaux amis. Même si nous avons notre cercle proche et nos amis fidèles, nous en avons perdu d’autres sur la route, à mesure que nous prenions le chemin du voyage et de notre tour du monde. Ça peut paraître paradoxal sur le papier, mais pourtant, dans la réalité, certains amis ne se sont plus intéressés à nous du jour où on a annoncé notre projet. C’est l’effet pervers des réseaux sociaux de créer des frustrations et des jalousies. Alors, plutôt que de perdre du temps à vouloir recoller les morceaux ou comprendre l’incompréhensible, on se dit qu’il est peut-être temps de nous entourer de personnes qui respectent nos choix. On a eu l’occasion de rencontrer d’autres voyageurs sur la route, notamment cet été lors de notre road trip en 4L, avec qui le dialogue était fluide, intense, avec des expériences de vie similaires. L’amitié est un sel essentiel à la vie mais n’est pas immuable. Parfois, nous prenons des chemins différents qui font qu’on ne se reconnaît plus, qu’on ne se comprend plus. Il faut l’accepter et aller de l’avant. Plutôt que de passer du temps à attendre, à espérer, on préfère se concentrer sur le positif et rester ouverts à de nouvelles rencontres. C’est triste, ça nous a beaucoup affecté un temps, mais aujourd’hui nous sommes ok avec ça et prêts à enrichir nos vies de nouvelles têtes qui partagent les mêmes centres d’intérêt : sans jugement, sans jalousie et surtout sans superficialité.
  • Garder en tête à quel point la planète est résiliente. Désormais, je n’ai plus peur pour la planète. Plus peur de l’effondrement écologique. J’ai peur pour l’homme. La planète s’adaptera, lui risquerait de disparaitre. Quand la pandémie a frappé, je l’ai été tout autant de voir tous ces milliards dégainés par les gouvernements, trouvant d’un coup tout plein de solutions et de billets pour sauver l’économie de leurs pays. Mais pourquoi donc ne le font-ils pas pour l’écologie ? Parce qu’ils n’en ont rien à foutre ! La politique est faite pour gérer le court terme et pas les enjeux de demain. J’ai eu de la peine devant ça, de la haine même. Mais que faire à mon petit niveau ? Cette situation m’a en tous cas donné envie d’agir. Pas dans le militantisme, ni dans l’anarchisme, encore moins dans le complotisme. Mais dans l’éducation ! Alors que la planète entière était pleine d’espoir, que les réseaux sociaux étaient inondés de bonnes résolutions et d’envies de changement, combien ont vraiment respecté leurs engagements pris lors du premier confinement ? A peine étaient-on déconfinés le 11 mai dernier qu’on voyait dans les journaux les longues files d’attente chez McDonald’s ou chez ZARA ! Qu’on lisait sur Internet que les français se ruaient sur les plateformes de réservations de voyages à l’autre bout de la planète ! Qu’on lisait sur Internet que les français avaient de l’argent à dépenser et qu’ils n’avaient qu’un souhait : le dépenser ! Quand j’ai vu qu’au déconfinement en gros « on oublie tout et on reprend ses mauvaises habitudes », je me suis dit que c’était juste pas possible ! Le signal envoyé par la planète était trop fort ! On ne pouvait pas faire comme si de rien n’avait été ! Je ne pouvais pas le croire. Je ne voulais pas le croire. Notre vidéo « VOYAGE INTERMÉDIAIRE », certes utopique, était pleine d’espoirs. Aujourd’hui, je n’en ai plus autant… en tous cas, à défaut de vouloir sauver la planète, je veux déjà me sauver moi. Et utiliser nos réseaux sociaux pour « éduquer ». Vulgariser les choses. Questionner ma communauté. Tenter tous ensemble d’avancer sur un meilleur chemin. Sans moralité. Sans jugement. Sans jalousie. Juste dans le respect et le souhait d’avancer différemment. De remettre du sens et de l’éthique dans le voyage. Et de prendre le temps de questionner le chemin.
  • Redonner un vrai sens au projet LEPOINT2DÉPART. 2020 m’aura donné une envie débordante de donner une vraie valeur ajoutée au projet, ne plus rester passif par rapport à tout ce qui se passe dans le monde et agir pour faire évoluer les mentalités. Entre nos voyages, nous disparaissions des réseaux sociaux. Alors que c’est dans ces périodes qu’on a évolué comme jamais. Ce sont ces périodes que je veux désormais te raconter. Ces phases de remises en question. Ces phases où font sens les notions APPRENDRE – COMPRENDRE – AGIR. Aucune évolution ne se fait sans la compréhension. Pourquoi se remettre en question si on a pas conscience qu’il y a un problème ? Je suis convaincu que les comportements changeront avec l’éducation des peuples. Il y a beaucoup à faire sur le sujet. Et la situation étant critique, il y a urgence à agir !
  • Te transmettre toutes les clefs qu’on a appris en voyage. LEPOINT2DÉPART a failli être arrêté en 2020, pour toutes les raisons évoquées plus haut. A la base, le projet n’était qu’un énième blog voyage. Sans objectif précis, si ce n’est celui de compiler et partager nos aventures. Mais les réseaux sociaux ont changé la donne. Il y a tant de dérives désormais qui sont liées à la course à l’esthétisme, avec des photos ultra retouchées ; des contrats rémunérés qui pipent l’objectivité de certains blogueurs/influenceurs, ces mêmes influenceurs qui te vendent parfois tout et n’importe quoi ; cette course aux « likes » ridicule qui fait tant de mal aux relations humaines ; ces groupes privés qui se montent pour se « liker » mutuellement ; ces comptes qui pratiquent le « follow / unfollow », avec pour seul objectif de gagner des abonnés ; Twitter et sa déferlante de haine ; Facebook et sa déferlante de messages complotistes ; des blogueurs voyage qui font et feront toujours mieux que nous ; cette mise en scène permanente sur les réseaux sociaux qui est à l’opposée de nos caractères… Bref, durant deux ans, nous aurons essayé, nous aussi, de nous faire notre place dans le game et de jouer aux blogueurs voyage. Mais comme ce n’était pas fait pour nous, on a enchaîné les disputes, certaines de nos photos sonnaient faux, avec des poses pas naturelles, un storytelling compliqué, des posts rares car des légendes pas faciles à trouver sans tomber dans le « gnian-gnian » et surtout une absence de sens total à ce qu’on faisait sur la toile. Être le couple mignon qui partage ses photos devant de beaux paysages n’est pas pour nous. Ce fût un moyen d’apprendre à utiliser un appareil photo et un trépied, mais clairement ce n’est pas pour nous ! Nous n’assumions plus le fait d’être comme tous ces comptes de couples qui se mettent en scène et donnent une image erronée du voyage. Nous ne voulions plus appartenir à ces groupes de comptes qu’on a « unfollow » les uns après les autres. Nous ne voulions plus nous inscrire dans quelque chose qui, de toute évidence, ne nous rendait pas heureux. Puis notre voyage au Sri Lanka en janvier 2020 nous a éclairé. Naturellement, ce voyage en sac à dos a redonné un vrai sens à ce qu’on faisait et nous a permis de remettre l’aventure au cœur de nos partages. Ici, pas de faux-semblant. Pas d’histoire à pré-fabriquer. Le Sri Lanka ne triche pas. L’authenticité est dans toutes les rues. Nous partagions simplement notre quotidien. Sans mise en scène. Sans supercherie. Sans chichi. Sans réfléchir. Chaque jour, nous publions le journal de nos aventures sur notre blog. Chaque jour, nous publions une photo accompagnée d’une légende évidente à écrire. Chaque jour, nous apprenions à devenir les meilleures versions de nous-mêmes. Pour la première fois, depuis le lancement du blog, nous étions vraiment nous. Sans filtre. Sans fard. Juste nous. Deux aventuriers humbles propulsés dans l’immensité du monde. Et ce fût une révélation ! La promesse de ne jamais revenir en arrière. Car on ne revient jamais en arrière d’un tel voyage !

2021 s’annonce donc pleine de belles promesses. Pleine de challenges aussi sur le plan personnel et professionnel. Mais sans pression. Sans calcul. Juste avec l’envie de faire les choses. De te les partager de la manière la plus simple et authentique possible. Et de t’embarquer, je l’espère, sur cette voie qui nous a rendu beaucoup plus heureux. Le voyage a ouvert nos esprits. J’espère que notre blog et nos réseaux sociaux auront le même impact sur le tien. C’est la mission que je me donne en tous cas, pour que chaque partage compte et qu’ensemble nous avancions dans la bonne direction.

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Passionné de voyages depuis l'enfance, je ne cesse d'apprendre en voyageant, de me remettre en question sur mon comportement et aujourd'hui j'ai envie de te transmettre toutes mes clefs pour t'aider à mieux voyager ! - Julien