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Chapitre 8

De Tangalle à Balangoda

0 La gare de bus de Balangoda

20 janvier 2020

TANGALLE

EMBILIPITIYA

BALANGODA

Nous nous réveillons un peu fatiguée de la veille. La nuit a été courte. Alors que nous rentrions nous coucher, une notification Instagram vient changer le programme. Un ami nous conseille la plage voisine, devenue un sanctuaire protégé pour les tortues marines. Apparemment, tous les soirs, plusieurs d’entre elles rejoignent le rivage pour y creuser un nid et y pondre leurs œufs. L’idée ne fait qu’un tour et nous voilà dans un tuk-tuk en direction de Rekawa Beach, à une dizaine de kilomètres de Tangalle. Le déplacement nous en coûte 2000 Rs (~ 10 €), le chauffeur nous emmenant à la plage, patientant le temps qu’il faut si nous devions voir une tortue et nous ramenant à notre hôtel. A l’arrivée, nous ne sommes pas seuls. Une quinzaine de touristes venus chercher la même expérience que nous. Le site est protégé. Des gardiens bénévoles sillonnent la plage pour repérer d’éventuelles tortues. C’est la seule condition pour pourvoir y accéder, accompagnés d’un guide assermenté. La baie est interdite à toute personne étrangère à l’association de 19h à 6h toute l’année. Seuls les bénévoles du sanctuaire y ont accès pour protéger les tortues de mer en voie d’extinction. 21h30, nous patientons. 22h, les premiers touristes déçus repartent. 22h30, un guide revient de la plage. Bingo, 2 mammifères ont été repérés à quelques centaines de mètres. Nous nous acquittons de 1000 Rs chacun en guise de participation aux frais pour le centre de protection des tortues, pour dédommager notamment le guide qui passe plusieurs heures avec nous. Nous le suivons, torche rouge à la main, arpenter une immense plage plongée dans le noir. Le ciel est maculé d’étoiles toutes plus scintillantes les unes que les autres. Ici, les tortues ont pu trouver un havre de paix vierge de toute construction humaine. 23h, nous croisons une première tortue qui retourne à l’océan. Nous sommes arrivés trop tard pour voir sa ponte. Minuit, une nouvelle tortue est repérée. Cette fois, ça sera la bonne. Le guide nous demande d’attendre que la tortue finisse de creuser son nid. 30 minutes plus tard, il nous fait signe d’approcher et de nous tenir en cercle autour de la tortue. 00h30, elle commence le travail. Environ 80 œufs tombent sur le sol. La scène est irréelle ! Les œufs sont récupérés par l’un des gardiens, ce qui choque l’assistance. Il faut noter que selon leurs indications 99% des tortues marines ont disparu en 300 ans. Le point critique est atteint. Il faut l’intervention de l’homme pour mettre à l’abri les précieux œufs et les sauver des prédateurs et surtout des braconniers. La nature ne peut plus lutter seule. La résistance s’organise. C’est un mal pour un bien dirons-nous ! Certes, notre présence durant la pondaison n’est pas naturelle et souhaitée, il est vrai. Mais l’observation est faite à distance, avec respect, dans le milieu naturel de la tortue, avec des hommes prêts à tout pour les protéger. En protégeant la baie, l’homme assure la reproduction des tortues et la réintroduction des bébés tortues en fin de cycle, soit 2 mois après la ponte. La tortue est épuisée. Nous aurions aimé l’aider. Son regard est triste. Elle est à bout de force. Nous la regardons reboucher son nid et tenter de ressortir de son trou. Elle a du mal. Elle s’enlise. Ses yeux se ferment. On devine sa souffrance. Nous la regardons quelques minutes ainsi, bouches cousues devant l’incroyable beauté de la nature. La scène est magique ! Puis nous regagnons notre tuk-tuk. Il est 1h du matin quand nous reprenons la route. Pour un dimanche paisible en apparence, cette expérience aura été l’une des plus belles de nos vies. Il est 9h et il nous reste 1h pour ranger la chambre et reprendre la route. Aux alentours de 11h, nous prenons un bus en direction d’Embilipitiya plus au nord. Le bus est quasiment vide et le contrôleur nous offre même le confort du coffre pour nos deux gros sacs. Les petits resteront sur nos genoux. 2h de route sont nécessaires pour atteindre la ville, avant de devoir changer de bus et prendre celui en direction de Balangoda où nous avons prévu de faire escale. Les paysages s’enchaînent, tantôt côtiers, tantôt montagneux. Les plages laissent place aux rizières et aux massifs montagneux en arrière-plan. La température diminue de quelques degrés. Les paysages défilent à toute vitesse tant le bus va vite. Les routes sont cabossées. Rien ne ralenti le bolide lancé à pleine vitesse. Sur la route nous croisons des colonies de singes sauvages. Le bus klaxonne, les primates s’écartent. Chaque village est traversé par la route principale, bordée de petits commerçants. Autour les maisons s’agglutinent, portes grandes ouvertes, preuve qu’ici les mentalités ne sont pas les mêmes. Alors qu’en France on verrouille tout, ici la porte est laissée ouverte malgré la forte température. Avec les montagnes, nous gagnons quelques degrés à la baisse. L’arrêt à Pallabedda verra monter énormément de monde. Le bus est bondé. Les jeunes écoliers en uniforme traditionnel se faufilent au milieu des adultes. Le contrôleur peine à récolter l’argent de tous les passagers. Le bus est vraiment un moyen de locomotion peu cher. Pour faire l’intégralité du trajet, soit près de 5h au total, il nous en coûtera 2,50 € à 2. Un tuk-tuk à Tangalle nous proposait 6000 Rs pour le trajet, soit 30 €. En tour du monde, on a un budget à respecter, et il n’est pas question de l’éclater. Puis c’est sympa d’être mêlé aux sri lankais et de vivre comme eux le temps de quelques jours. A l’arrivée à Balangoda, une nouvelle épreuve qui devient récurrente nous attend : trouver un hébergement ! Le coin n’est pas du tout, mais alors pas du tout, touristique. Aucun hôtel, quelques chambres d’hôtes et peu de solutions alentours. Nous tentons une première chambre, le confort est spartiate et l’hygiène moyenne. Nous en tentons 3/4 à la suite et c’est de pire en pire. Certaines sont complètes, d’autres puent la moisissure, tandis que certaines s’emballent au niveau des prix. Sortir des sentiers battus n’est pas évident dans ce genre de situation. Avec la chaleur, et le poids de nos sacs sur le dos, le moral a vite fait d’en prendre un coup. Finalement, nous revenons sur la première chambre visitée par Julien. Cela sera suffisant pour une nuit. Demain nous rejoindrons un point plus central et touristique afin de moins galérer, pouvoir nous poser cette fois 3/4 nuits et louer un scooter pour visiter une zone sans avoir à bouger nos sacs à chaque fois. On est en plein dans l’aventure, et il y a des jours comme aujourd’hui où elle est moins évidente que d’autre.

Où dormir ? — Umaya Rest Inn, 5 € la nuit, chambre propre avec moustiquaire, douche séparée, ventilateur.

BUDJET DÉPENSÉ — 21,07 € sur un budget prévu de 60 €.

La gare de bus de Balangoda

La gare de bus de Balangoda

 


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Le blog voyage de Nicolas & Julien, deux passionnés de voyage en vadrouille depuis 2015. Lepoint2départ, là où l'aventure commence !