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temps de lecture : 7 mn

Chapitre 20

De Polonnaruwa à Anurâdhapura

0 A la découverte des ruines de Polonnaruwa

1er février 2020

POLONNARUWA

ANURÂDHAPURA

Après une nuit de sommeil réparateur, direction ce matin Anurâdhapura, dans le nord du pays. La station de bus n’est qu’à quelques mètres de notre guest house en plus. Le bus arrive rapidement et nous voilà en route vers notre destination finale en trajet direct. Nous profitons des 3 heures de bus pour nous relaxer. Julien écoute de la musique, tandis que Nicolas pique légèrement du nez. Chaque arrêt dans de grandes villes est marqué par la montée dans le bus de vendeurs ambulants de fritures, de fruits, d’amuse-bouches, de gâteaux, etc. Nous ne résistons pas au plaisir du grignotage, c’est tellement bon en même temps ! Nous nous délectons de bouchées salées, à la saveur non identifiée, et d’un gâteau archi sec, malmenant un peu nos dents, et très sucré. C’est un mélange de sucre, de banane, de coco, mais hyper dur et difficile à manger. Nous sommes curieux alors pour 50 roupies nous nous sommes lancés. Le résultat n’était hélas pas à la hauteur de nos attentes ! 13h15, nous arrivons au terminus à Anurâdhapura, la ville sainte du Sri Lanka. Nous décidons d’y passer le week-end et de trouver une chambre pour les deux prochaines nuits. La galère commence ! Autant nous faisons pas mal de concessions et ne sommes pas trop difficiles, autant sur l’hygiène, les moisissures, les cafards, les odeurs, nous sommes plus regardants. Il s’écoule trois bonnes heures sans que nous ne trouvions notre bonheur. Trois longues heures où nos 25 kilos de sacs transforment nos tee-shirts en serpillères. Finalement, alors qu’on aurait dû commencer les recherches par-là, c’est plus proche de la cité sacrée que nous trouvons refuge. Une immense cité antique que nous visiterons demain en louant des vélos et en passant là encore de site en site. Pour l’heure, nous prenons nos quartiers pour les deux prochains jours. La guest house est située au calme, à peine à l’écart de la ville, mais proche de toutes les commodités. La chambre est spacieuse et propre. Le wifi excellent. Le jardin extérieur finit de nous convaincre. L’ambiance est calme et propice à travailler sur notre blog et nos photos. Ces derniers jours, nous avons pris un peu de retard. Il va être temps de se poser un peu, profiter du calme du jardin et s’accorder du temps libre. Alors que la nuit est déjà bien tombée sur Anurâdhapura, nous nous mettons à la recherche d’un restaurant. Ils ne sont pas étonnamment pas nombreux dans le secteur. Sur le bord de la route principale, un restaurant en plein air tenu exclusivement par des femmes attire notre attention. L’odeur des crêpes met nos estomacs en éveil. Elles sont hélas en train de fermer, si bien que nous nous remettons en route, un poil déçus ! Autant il y a des expériences qu’on rêve de vivre, autant il y en a certaines qu’on se passerait bien de vivre… 19h30, le drame survient. Je (Julien) fais une chute de 2 mètres au moins dans le caniveau. Ma tête percute la paroi, je termine ma chute dans les eaux usées. Alors que je reprends à peine mes esprits au son des cris de Nico, je ne réalise pas encore ce qui vient de se passer. J’ai le bras en sang et ouvert sur 4 centimètres. Ma cheville droite me fait horriblement mal. Je suis plein de merde de la tête aux pieds. Je me relève difficilement. Des sri lankais, alertés par la détresse de Nicolas, l’aide à me sortir du trou. J’ai du sang sur les deux bras, les genoux, et réalise que mon pied est sûrement cassé. En quelques secondes, l’aventure a pris un nouveau tournant. Je suis sonné. Un des sri lankais nous rassure comme il peut et appelle une ambulance. A peine 5 minutes après l’appel, me voici en route vers l’hôpital. Je suis pris en charge aux urgences. On m’installe sur un lit et je patiente. Les infirmières se relaient à mon chevet. Elles me font une prise de sang et me donne mes premiers antibiotiques. Dans le même temps, on m’annonce qu’il n’y aura pas de médecin avant le lendemain matin. Je suis donc obligé de rester à l’hôpital pour la nuit. Je suis dans une sorte de dispensaire sans hygiène, ouvert sur l’extérieur, où l’air est brassé par de gros ventilateurs, sur un des lits jumeaux avec les autres malades, et patiente de longues heures ainsi, totalement désorienté. Alors que mon bras est toujours ouvert, on m’emmène faire une radio du pied. On m’installe dans un couloir et je patiente encore, loin de Nicolas, sans savoir s’il saura me retrouver. J’empeste la merde, j’essuie quelques sourires amusés venant d’infirmières puériles. Je m’installe difficilement sur la table. Clac. La radio est prise. Le couperet tombe : j’ai une petite fracture de la cheville nécessitant plusieurs semaines d’immobilisation totale. Je dois passer la nuit ici, Nicolas reste à mes côtés mais ne ferme pas l’œil de la nuit. Nous devenons littéralement la cible des moustiques. Yeux, oreilles, doigts, pieds, tout y passe ! Même l’huile de citronnelle donnée par une infirmière ne repousse pas les nuisibles. La nuit est mouvementée. Je fais de petits cycles. 7h, mon bras est toujours ouvert. Le directeur de service prend les choses en main et montre vraiment sa volonté de nous aider. Je suis heureux d’être finalement pris en charge, dire le contraire ne serait pas honnête. Mais, paradoxalement, je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser. Pourquoi suis-je priorisé alors que d’autres attendent d’être pris en charge et sont arrivés avant moi ? Pourquoi ma situation vaudrait-elle plus qu’une autre ? Parce que je suis blanc ? Parce que je suis un touriste ? Parce qu’il veut que je garde une belle image du Sri Lanka ? Toutes les situations dans la vie n’ont pas d’explication rationnelle et je prends ça comme une preuve de bienveillance humaine qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, mon cœur et mon bras droit. Je fonds en larmes car je comprends aussi que la suite de notre tour du monde est compromise. Je culpabilise. Je m’en veux. En même temps, je réalise la chance que j’ai eu que ce ne soit pas plus grave. Ces 10 secondes auraient pu être fatales. Je me suis fait une belle frayeur, mais je suis en vie.

Où dormir ? — Lievi’s Tourist, 15 € la nuit, chambre très confortable, douche chaude, location de vélos, excellent wifi, restauration sur place, famille hyper charmante, jardin extérieur très calme.

BUDJET DÉPENSÉ — 28,78 € sur un budget prévu de 60 €.

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