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Chapitre 13

Nuwara Eliya

0 Reprise du travail avec le sourire !

25 janvier 2020

NUWARA ELIYA

Réveil en fanfare avec l’excitation d’aller retrouver nos amies de la veille dans les plantations de thé. Nous arrivons sur place à 10h pétantes. Nous voyons une vingtaine de têtes dépasser des arbres à thé. Elles sont déjà à pied d’œuvre. Nous arrivons à l’heure de la pause. En réalité, elles s’activent depuis 7h30 du matin. A 10h elles marquent une pause déjeuner. C’est aussi l’heure de la première pesée du matin, sous l’œil aiguisé de leur contre-maître qui note sur les carnets individuels de chaque cueilleuse le poids de sa récolte. Un kilo de feuille ramassé équivaut à 40 roupies, soit environ 20 centimes d’euros. La cheffe de groupe, celle que nous avions repéré la veille pour son tempérament vivace, soulève chaque filet pour aider son contre-maitre dans l’exercice. Elle nous confesse qu’une bonne journée permet de gagner entre 700 et 750 roupies, soit à peine 4 € pour les meilleurs jours. La moyenne par fille est fixée à 16 kilos de feuilles ramassées par jour. Chaque journée est rythmée par 3 pesées, découpant la journée de travail et permettant à chacune de souffler un peu avant de retourner aux champs. A l’heure de la pesée, les femmes se mettent en file indienne en attendant la pesée de leur récolte et la consignation du poids sur leur carnet. L’organisation est scolaire et rodée. Les cueilleuses nous accueillent avec de grands sourires, heureuses de partager ce moment avec nous. Tandis que certaines nous proposent de goûter à leurs victuailles, d’autres nous proposent une tasse de thé. De thé justement il va en être question. Elles retournent dans les plantations 30 minutes plus tard. Il est 10h30, les choses sérieuses vont commencer. Rien que l’ascension dans les plantations est une épreuve. Les côtes sont raides, les chemins de terre pas vraiment aménagés. Alors que nous sommes en baskets, nous avons du mal à suivre nos hôtes du jour. Elles avancent d’un pas entraîné, en tongs, dans ces chemins caillouteux à souhait. Nous voilà au milieu des arbres à thé, avec l’une des cueilleuses qui nous prend sous son aile. Elle nous explique qu’il faut cueillir uniquement les jeunes pousses, reconnaissables par leur couleur vert clair. Ce sont elles qui donneront le fameux thé Ceylan, un thé noir, après transformation dans les usines. Il faut voir à quelle cadence elle s’exécute. Elle y va avec les deux mains. Tac tac tac, elle arrache toutes les jeunes pousses qui se présentent à elle. En deux temps trois mouvements, l’arbre à thé est complètement taillé. Il ne reste que les feuilles vert foncé qu’on ne ramasse pas. Nous lui proposons de l’aider. Elle nous prête son filet, entouré directement autour de la tête avec une ficelle. Ainsi nous avons les deux mains libres, le filet dans le dos et les arbres à thé à décimer devant nous. Nous tentons le mouvement. Il est gauche et moins aguerri que celui de notre professeure. Elle sourit. Il y a de quoi. Nous essayons de suivre la cadence. Et surtout de ne pas mettre dans son filet de mauvaises feuilles ou pire des mauvaises herbes qui poussent parfois au milieu des arbres à thé. Alors qu’elle nous confie de grosses poignées de jeunes pousses, nous avons seulement une des deux mains pleines. Assurément nous n’avons pas la bonne technique. Après 30 minutes à nous exécuter, nous réalisons la pénibilité et la monotonie de ce travail. Ces femmes sont de 7h30 à 15h30 dans les plantations, toute l’année, du lundi au samedi, sous un soleil de plomb, à récolter des feuilles à deux mains. C’est un travail vraiment rébarbatif et pourtant elles le font avec le sourire. Dorénavant il est certain que nous ne boirons plus jamais notre thé de la même manière. Nous reverrons le visage de Moniyama, notre guide du jour, qui a tant sourit en nous voyant récolter de manière hasardeuse les feuilles. Nous repenserons à toutes ces femmes courageuses, pratiquement pieds nus, sur des flancs de collines abruptes, à longueur de journée, récolter des feuilles de thé dans une cadence folle. Nous aurons en mémoire leurs sourires et leur entrain à vouloir partager leur quotidien avec les touristes. Nous serons désormais les témoins de ces petites mains sans qui aucune théière ne saurait infuser ! Nous reprenons notre scooter pour descendre quelques kilomètres plus bas dans la vallée. Nous arrivons à l’usine « Damro Factory », le producteur de thé à qui appartient les plantations dans lesquelles nous avons découvert la récolte des feuilles. La visite est gratuite. Une guide locale nous propose de nous faire la visite. Elle prend le temps de nous expliquer chacune des étapes de la fabrication du thé. Les explications sont en anglais, mais entre le débit de parole et son accent, nous ne parvenons à comprendre qu’un mot sur deux. Nous retenons que plus de 600 femmes travaillent pour cette usine. Il faut 10000 kilos de feuilles de thé pour obtenir 2000 kilos de produit fini. Les feuilles sont dans un premier temps sécher dans d’immenses séchoir. Les feuilles perdent ainsi 80% de leur humidité. Elles sont ensuite triées, broyées et réduites en miettes. Le thé vert est obtenu sans fermentation. Le thé noir est obtenu suite à une fermentation naturelle. Le thé blanc lui est réalisé avec une autre technique et le cœur de la feuille de thé, ce qui explique son prix plus élevé. Le thé ainsi broyé passe dans dans plusieurs machines, des espèces de centrifugeuses, des fours, des tapis, avant d’arriver à la forme que l’on connait. L’usine fonctionne 24h/24 du lundi au samedi. Le thé est vendu sur place et exporté dans le monde entier grâce à la place des marchés de Colombo qui gère les exports internationaux. Vue l’importance des plantations de thé au Sri Lanka, pas étonnant que le pays soit l’un des plus gros acteurs au monde en la matière. La visite se termine par une tasse de thé offerte, de quoi éveiller les papilles et donner envie de passer à la caisse. Nous reprenons le scooter et poursuivons notre route vers une deuxième usine, la « Blue Field Factory ». Le bâtiment est maculé de bleu, tu t’en serais douté, avec ses grandes fenêtres ouvertes laissant s’échapper des vapeurs de thé évidemment. A l’intérieur, il règne une chaleur intense. Nous découvrons des femmes travaillant dans cette atmosphère humide et chaude sans relâche. La production de thé bat son plein et les feuilles réduites en poudre défilent sur les tapis roulant. L’usine tourne à plein régime. Nous prenons le temps de faire quelques photos pour compléter nos connaissances en la matière. Après une bonne matinée consacrée au thé, nous poursuivons notre route vers le village de Ramboda plus au sud, apparemment célèbre pour ses cascades. La route serpente et les virages sont serrés. Après une bonne heure à faire des lacets, nous arrivons aux fameuses cascades. Il y en a 3 : une « lower », une « middle » et une « upper ». Ce sont les deux dernières qui retiennent notre attention. Au niveau d’un pont, nous accédons à la « middle », la cascade intermédiaire des sœurs « Ramboda Falls ». Nous devons nous acquitter d’un droit de passage de 100 Rs chacun, soit 0,50 €. Au niveau de cette cascade intermédiaire, plusieurs sri lankais barbotent dans l’eau avec leurs enfants. Il est vrai que la chaleur du jour est un bon argument pour se laisser tenter par une eau de montagne qu’on devine fraîche. Pour l’heure, nous empruntons les escaliers – à croire qu’on en a pas eu assez avec Adam’s Peak – pour atteindre la « upper » cascade, qui comme son nom l’indique est la plus haute des 3. Nos corps souffrent un peu de ces ascensions à réplétion, mais au bout de 15 minutes nous arrivons enfin à la cascade tant convoitée. Elle découle d’un flanc de montagne abrupte et forme un réservoir à sa base. Le cadre est un peu désert et franchement joli. La chaleur est écrasante et nous retournons bien vite au niveau de la « middle falls ». Cette fois, nous nous laissons tenter par une trempette des pieds. L’eau est hyper fraîche mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Après avoir eu les mollets qui chauffent, cette immersion dans l’eau des montagnes nous fait le plus grand bien. Notre circulation sanguine nous dit merci. Nous restons ainsi 15 bonnes minutes à nous rafraîchir la demi-jambe. Le soleil commence à décliner, signe qu’il est l’heure de rentrer. Surtout que nous avons 20 bons kilomètres à faire avant la tombée de la nuit. Il est l’heure de remettre nos chaussures et de reprendre la route. Plus nous nous rapprochons de Nuwara Eliya et plus les vendeurs de fruits et légumes se font nombreux. D’abord les vendeurs de fraises à la sauvette, simplement installés avec une chaise et quelques barquettes à la main. Certaines vendeuses tendent même la barquette sur la route en criant « strawberry ». C’est plutôt drôle et atypique ! Ensuite les vendeurs de légumes, dont les étales généreusement garnis attirent notre attention. Nous nous arrêtons sur l’un d’eux afin de faire l’inventaire de la marchandise proposée. Le choix est impressionnant. Les légumes parfaitement rangés et de première fraîcheur. Dans une farandole de couleurs sont proposés : courgettes, courgettes jaunes, aubergines, choux vert, choux rouge, navets, bouquets de persil, sucrines, choux kale, coriandre, salade frisée, cornichons, concombres, choux-fleurs, betteraves, courges, gingembre, piments verts, carottes, basilic thaï, menthe, épinards, pommes de terre, pommes grenailles, tomates, poivrons rouge, citrons verts, aubergines zébrées, choux romanesco, oignons rouges, rhubarbe, etc. Il y en a vraiment pour tous les goûts. La qualité semble au rendez-vous. Les légumes sont beaux et ne présentent aucun défaut. Les primeurs les lavent en permanence. Les étalages donnent bien plus envie qu’au supermarché. Ce stop est l’occasion d’en prendre plein les yeux et d’éveiller nos papilles. Mais il est déjà l’heure de retourner en ville rendre le scooter. Le temps de remettre un peu de « gazoline » et nous voici à rendre les clés. Ces deux journées en totale liberté ont été géniales ! Quelle agréable sensation que de pouvoir sortir des sentiers battus à notre guise et explorer une région. Nous retournons dans notre chambre compiler ces nouveaux souvenirs pour notre blog avant de refaire nos sacs. Demain nous reprenons le bus en direction d’Ella avec de nouvelles aventures en perspective.

BUDJET DÉPENSÉ — 34,15 € sur un budget prévu de 60 €.

Parcelles d’arbres à thé appartenant à Damro Tea Gardens

Parcelles d’arbres à thé appartenant à Damro Tea Gardens

Pause de 10h pour les cueilleuses de thé

Pause de 10h pour les cueilleuses de thé

Le petit carnet consignant le poids de chaque pesée

Le petit carnet consignant le poids de chaque pesée

Remplissage des sacs avec les feuilles de thé

Remplissage des sacs avec les feuilles de thé

Dernières pesées avant le départ des sacs pour l’usine

Dernières pesées avant le départ des sacs pour l’usine

Camion transportant les récoltes du matin

Camion transportant les récoltes du matin

Reprise du travail avec le sourire !

Reprise du travail avec le sourire !

Notre professeure Moniyama nous montre les gestes

Notre professeure Moniyama nous montre les gestes

Julien tente de suivre la cadence

Julien tente de suivre la cadence

Nicolas s’exécute sous le regard vigilant de Moniyama

Nicolas s’exécute sous le regard vigilant de Moniyama

Une cueilleuse au beau milieu d’arbres à thé

Une cueilleuse au beau milieu d’arbres à thé

L’usine où sont transformées les feuilles de thé

L’usine où sont transformées les feuilles de thé

Les feuilles de thé en cours de transformation

Les feuilles de thé en cours de transformation

En fin de chaîne, on obtient enfin le précieux thé !

En fin de chaîne, on obtient enfin le précieux thé !

 


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Le blog voyage de Nicolas & Julien, deux passionnés de voyage en vadrouille depuis 2015. Lepoint2départ, là où l'aventure commence !