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Chapitre 12

De Nuwara Eliya à Horton Plains

0 Début de la randonnée à Horton Plains

24 janvier 2020

NUWARA ELIYA

HORTON PLAINS

8h du matin, nous nous mettons en route vers Horton Plains. Le ciel est très chargé et il y a beaucoup de vent. Nous prenons le risque, nous composerons avec dame nature. Le parc est à 30 km de Nuwara Eliya et il faut compter 1h30 pour le rejoindre en scooter. Le trajet est l’occasion de traverser de nombreux petits villages via des routes de montage entourées d’arbres luxuriants. Nous traversons également d’immenses champs verts où les vaches sont reines. Les fermes produisent lait, fromage, crème, beurre ou même glace. Nous passons devant la « Highland Milk Factory », une des marques célèbres du pays. L’usine est immense, on devine l’importance de la production. La région est propice par son climat à l’agriculture. Nous longeons les champs fraîchement labourés, ou même des potagers bien garnis. Avec une terre qui semble aussi fertile, pas étonnant que les étales des marchands soient garnis de beaux légumes. A mesure que nous nous enfonçons dans les hauteurs, la température descend clairement. Nous avons même froid par moment. Le climat n’est clairement pas le même que dans le sud ! Nous arrivons à Horton Plains sur les coups de 9h15. L’entrée est payante et le prix est un véritable mystère. En tout, entre les entrées au tarif étranger, les taxes, le droit de parking et les frais de dossier, on en a pour 7500 Rs à 2, soit 37 €. Ce n’est pas donné mais ça aurait pu être pire si nous étions venus en bus privé, tuk-tuk ou voiture, taxé eux-aussi. En revanche pas de supplément pour le scooter, ce qui est bon à savoir si tu veux réduire la note. Attention, les drones sont strictement interdits dans le parc. De toute façon, tous les sacs sont fouillés à l’entrée donc impossible de feinter ! Nous débutons la randonnée à 9h45. Le sentier de 9 kilomètres est balisé et fait une boucle. Tu peux le faire de la gauche vers la droite ou inversement. Étants droitiers, nous partons instinctivement sur le sentier de droite. Immédiatement nous sommes sous le choc ! Les paysages sont incroyablement différents de ceux qu’on avait déjà apprécié au Sri Lanka. Ici, on se croirait hors zone, dans un autre pays. Ça nous rappelle l’Afrique par rapport à l’image qu’on s’en fait. On imagine aisément un film comme « Le Roi Lion » être tourné ici. La plaine est aride par endroit, verdoyante à d’autre, quasiment déserte parfois. Le décor nous laisse sans voix. La météo est avec nous. A peine avions-nous pénétré dans le parc, que le ciel s’est mis en pause au bleu et que le vent a cessé. D’ailleurs, il est bon de noter qu’il n’y a que très peu de zones d’ombre dans le parc. Pas de café évidemment puisque c’est une réserve naturelle. Nous avons nos gourdes et elles sont plus que bienvenues sous cette chaleur. La randonnée est plutôt simple sauf à quelques endroits où le chemin se complique un peu. Nous avançons, seuls au monde. Le parc est quasiment vide. Même les animaux semblent l’avoir déserté. Nous apercevons un petit caméléon vert, effrayons un petit écureuil, entendons des dizaines de grenouille, marchons entourés de centaines de papillons blancs, suivons les cris des oiseaux habitant le parc ou passons sous des arbres occupés par des colonies de singes sauvages. D’ailleurs le parc abrite des espèces endémiques d’oiseaux qu’on ne peut voir qu’au Sri Lanka. Nous arrivons au premier spot remarquable du parc : « Baker’s Falls », une cascade en pleine jungle. Nous y accédons via un escalier, encore un, où nos mollets tiraillent à chaque marche, encore traumatisés par l’ascension du pic d’Adam quelques jours plus tôt. La cascade est jolie et un arc-en-ciel se forme dans le nuage de brume qu’elle dégage. Nous poursuivons la randonnée en traversant une forêt dense. Le chemin est plus compliqué. Nous avançons avec prudence. Il ne faudrait pas se casser une jambe au milieu de nul part. Nous arrivons maintenant au deuxième spot remarquable du parc : « World’s End ». Un panorama sur toute la vallée. La vue est presque totalement dégagée. Nous immortalisons l’instant. Nous mesurons la grandiloquence de la nature. Notre petitesse par la même occasion. C’est le spot qui attire le plus de touristes et qui est souvent mis en avant sur les blogs. Il est vrai que la vue est sympa. Quelques nuages empêchent la vue sur l’ensemble de la vallée mais nous comprenons l’idée. Quelques dizaines de mètres plus loin, nous arrivons au 3ème et dernier spot remarquable du parc : « Little World’s End », la même chose que le grand mais en moins bien. La vue est moins dégagée et le panorama moins impressionnant. Nous abordons le dernier quart de la randonnée. Nous remontons dans le lit d’une rivière, pierre après pierre. Le silence environnant est l’occasion de nous vider la tête et d’apprécier le silence justement. Nous revenons au croisement initial, ravis de cette balade bucolique dans des paysages surprenants. Une mixité rendue possible par le climat très particulier qui règne sur cette plaine et l’immense variété de sa flore. Il est 12h45 quand nous regagnons le point d’entrée, soit 3h pile pour effectuer la randonnée. Sur le parking, une espèce de biche broute l’herbe sèche. Elle semble habituée aux touristes. Elle se laisse prendre en photo, se laisse même approcher, voir caresser. L’animal est docile et donne lieu à de très beaux clichés avec son habitat naturel en arrière-plan. Nous remontons sur le scooter des images plein la tête et la sensation d’avoir vécu encore un très beau moment. Sur le retour, nous traversons le village de Pattipola. La voie ferrée coupe le village en de nombreux points. Les sri lankais marchent à même la voie, sans peur que le train n’arrive. L’image est belle. De nombreux marchands de légumes installés au bord des routes témoignent de l’activité agricole importante dans la région. De nombreux vendeurs de fraises également. Nous rentrons à Nuwara Eliya faire le plein. Les plaines ont eu raison du réservoir de notre scooter. En début d’après-midi, nous prenons la route du nord pour aller explorer les environs et rejoindre une cascade. Les villages des montagnes sont vraiment mignons, occupés par des maisons de toutes les couleurs. Sur la route, nous croisons une quinzaine de cueilleuses de thé. Il est 15h30, apparement c’est la fin de leur journée. L’une d’entre elles nous fait signe d’approcher. Elle a le sourire jusqu’aux oreilles de nous montrer ce qu’elles font. En file indienne, et chacune leur tour, les femmes lui tende leur filet garni des précieuses feuilles de thé. Seules les jeunes pousses semblent être ramassées. Un contre-maitre note sur le carnet que lui tend chacune des femmes le poids de la récolte du jour. On imagine donc que les femmes sont rémunérées en fonction du poids de feuilles de thé ramassées. Il n’y a que des femmes qui présentent le résultat de leur journée de travail. Les feuilles de thé sont ensuite transvasées dans de plus gros sacs, pour ensuite être chargés dans une camionnette. Puis direction l’usine à thé où elles seront séchées. Ce sont ces feuilles qui constituent le thé Ceylan célèbre dans le monde entier. Après avoir assisté à cette scène, nous ne boirons plus jamais notre thé de la même manière. Nous entamons la discussion avec celle qui nous avait fait un grand signe. Elle nous explique que leurs journées débutent à 10h pour se terminer à 15h30. Nous lui expliquons vouloir en apprendre plus sur la récolte du thé dans les plantations et lui proposons de venir les aider le lendemain dans les plantations. Elle accepte, le rendez-vous est donc pris. En espérant les retrouver et pouvoir les aider. En tous cas, ce moment fut rapide mais intense. Nous tenterons d’approfondir la question demain. Nous reprenons notre route. Enfin si on peut appeler ça une route ! Elle est totalement défoncée par endroit. D’énormes trous nous font faire de sacrés bons. Nous parcourons près de 10 kilomètres ainsi. Le scooter peine à avancer. Mais à force de persévérance, nous arrivons enfin à la cascade que nous étions venus chercher. Déception ! « Pundalu oya falls » est au bord d’une route, accolée à une maison de fortune, sans grand intérêt. Les photos mises en avant par les publicités locales sont plus avantageuses que la réalité. Nous faisons donc le chemin dans le sens inverse et repartons pour une bonne heure de tape-cul. Les villages traversés sont par contre très mignons. Nous croisons même des agriculteurs en train de laver leur navets fraîchement récoltés directement dans la rivière. Plutôt insolite n’est-ce pas ? La journée a été riche en émotions. Nous avons parcouru 100 kilomètres en scooter sur des routes vraiment hasardeuses par moment. Nous rentrons exténués de notre journée. Une bière et une douche plus tard que nous nous mettons déjà au lit. Sans même ressortir manger. Comme quoi, vivre une journée à fond n’est pas de tout repos mais tellement vivifiant pour l’esprit. Reposons-nous, que demain on a promis à nos amies du jour d’aller les aider dans les plantations et ça pourrait ne pas être aussi facile que ça en a l’air !

BUDJET DÉPENSÉ — 51,37 € sur un budget prévu de 60 €.

Début de la randonnée à Horton Plains

Début de la randonnée à Horton Plains

Les vastes plaines d’Horton Plains

Les vastes plaines d’Horton Plains

Petite cascade

Petite cascade

Baker’s Falls

Baker’s Falls

Petit ruisseau dans la plaine

Petit ruisseau dans la plaine

La vue depuis World’s End

La vue depuis World’s End

Dernier chemin avant la fin de la randonnée

Dernier chemin avant la fin de la randonnée

Rencontre avec le sambar du Sri Lanka

Rencontre avec le sambar du Sri Lanka

Sur le chemin du retour, nous croisons des cueilleuses de thé

Sur le chemin du retour, nous croisons des cueilleuses de thé

Magnifique sourire d’un cueilleuse de thé

Magnifique sourire d’un cueilleuse de thé

En file indienne pour la pesée des sacs !

En file indienne pour la pesée des sacs !

Remplissage des sacs de thé avant le départ pour l’usine

Remplissage des sacs de thé avant le départ pour l’usine

Cueilleuses de thé dans les champs

Cueilleuses de thé dans les champs

 


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