Newsletter
    Et si tu recevais toute l'actualité du blog directement dans ta boîte e-mail ?

Chapitre 21

Anurâdhapura

0 Les magnifiques couleurs sur l’immense plaine

2 février 2020

ANURÂDHAPURA

Après une énième sieste de quelques minutes, je prie pour que tout ça n’ait été qu’un mauvais cauchemar. Et pourtant je suis là. Sur un lit de fortune à attendre qu’on me recouse et qu’on me dise quoi faire avec mon pied. Le directeur de service repasse et les choses s’accélèrent comme par enchantement. On me propose de me recoudre directement à l’hôpital, dans une salle annexe, sans hygiène aucune mais avec des instruments à usage unique, c’est déjà ça. Un jeune médecin m’explique en anglais qu’il va me faire une anesthésie locale et une série de points. 7 au total seront nécessaires pour refermer la plaie que je me suis fait la veille. Je n’ose pas regarder. Je suis rassuré par les sourires bienveillants des médecins et des infirmiers. Presque 13 heures avant que cette plaie saignante soit recousue. Le voyage apprend la patience. Par contre, pas de chance pour mon pied. Mesurant du 47, il nous faut aller à Colombo pour espérer trouver une attelle à ma taille. Le directeur propose de nous la faire livrer par l’un de ses amis, demain, afin de nous éviter de nous déplacer et de mettre mon pied souffrant à l’épreuve. La suite de nos aventures me semblent bien compromises dans cet hôpital, la demande de rapatriement s’installe dans nos têtes. C’est un réel coup dur. Mais comment continuer à profiter du voyage et surtout à porter deux gros sacs avec un pied nécessitant une immobilisation totale ? Julien reste à l’hôpital, impuissant devant son sort, tandis que Nicolas contacte notre assurance voyage Chapka Assurances et nos proches pour anticiper un retour possible dans les prochains jours en France, le temps de se refaire une santé, et de repartir du bon pied vers la suite de notre tour du monde qui ne peut pas se terminer définitivement ainsi ! Les heures défilent et nous sommes toujours à l’hôpital. L’air est étouffant. La chaleur envahit les couleurs. Un véritable nid à microbes. Aux alentours de midi, énormément de monde envahit le dortoir pour venir au chevet des malades. Nous en déduisons que ce doit être l’heure des visites. On rentre ici comme dans un moulin. Les infirmières peinent à se faufiler au milieu de la foule. Un peu plus tard, ce sont deux hommes qui arrivent sur des brancards en métal dans un sale état. Ils ont la tête en sang et des bandages maculés. Leurs familles respectives arrivent. Tout le monde crie de douleur et pleure. Nous comprenons que la situation est grave. Nous partons en sanglots également. C’est hyper dur de voir la mort de si près et de voir ces familles hurler de douleur. Les deux hommes sont mis dans la salle où Julien a eu ses sutures, une simple salle où sont stockés les pansements, pas aseptisées pour un sou, et surtout pas adaptée à une opération en urgence. Femmes et hommes pleurent sur ces corps. La scène est vraiment hyper dure. C’est la première fois de nos vies où nous sommes confrontés à une situation aussi dure. Évidemment cela nous fait relativiser sur notre situation, qui n’est qu’un contrecoup face à la réelle détresse que nous voyons à quelques mètres. C’est un réel déchirement. Le directeur de service vient voir Julien pour lui demander pourquoi il pleure. Il lui répond que c’est la douleur de ces familles qui le bouleverse. Il y a de quoi. C’était vraiment insoutenable. Et nous espérons pouvoir vite sortir de là par la même occasion de peur de nous trouver mal à force. Il est à noter la grande gentillesse des sri lankais encore une fois : entre ceux qui sont venus nous demander s’ils pouvaient faire quelque chose pour nous; ceux qui nous ont proposé un oreiller; ou encore ceux qui ont vraiment mis le cœur à l’ouvrage de soigner Julien au plus vite; cette épreuve de l’hôpital va assurément marquer nos esprits et conditionner la suite de nos aventures. Il est 11h quand l’attelle de Julien arrive. Taille XL svp. Le directeur de service et un infirmier lui installe. L’idée est de maintenir  le pied fracturé immobile et de ne plus le solliciter. On lui prête également des béquilles pour qu’il puisse sortir de l’hôpital plus aisément. Le temps pour Nicolas de remplir les derniers papiers, récupérer les factures pour notre assurance voyage, payer les honoraires de l’hôpital, que nous pouvions enfin sortir et respirer un air moins chargé. C’était vraiment étouffant dans cet hôpital. Nous prenons un tuk-tuk, nous arrêtons à la pharmacie pour récupérer les médicaments prescrits et regagnons enfin notre maison d’hôtes. Fin d’une journée hyper stressante, fatigante et plombante. Maintenant il est l’heure de faire le dossier pour l’assurance, de laisser passer quelques jours au calme pour voir comment le pied de Julien évolue et d’attendre le retour des experts de l’assurance pour savoir si un rapatriement est la meilleure solution à donner. Pour l’heure, nous concluons ce carnet de voyage au Sri Lanka. Nous allons partager nos aventures des derniers jours sur les réseaux sociaux puis allons prendre un peu de recul le temps de nous refaire une santé. Cette épreuve n’est sûrement pas arrivée pour rien. Donc nous allons prendre le temps de la digérer et d’en faire une force pour reprendre dès que possible le voyage et aller au bout de notre projet.

BUDJET DÉPENSÉ — 93,92 € sur un budget prévu de 60 €.

 

A bientôt pour la suite de notre #tour2monde !

 


Autres chapitres

Inscris-toi à notre newsletter

Et si tu recevais toute l'actualité du blog directement dans ta boîte e-mail ?

Le blog voyage de Nicolas & Julien, deux passionnés de voyage en vadrouille depuis 2015. Lepoint2départ, là où l'aventure commence !