Le jour où on a décidé de partir en tour du monde

par Lepoint2départ

Du surmenage professionnel à la décision de partir en tour du monde, on revient dans ce tout premier article sur la genèse de notre projet. On t’en dit plus sur nos parcours respectifs, nos motivations, nos attentes et ce fameux jour de juin 2018 où nous avons pris LA décision qui allait changer le reste de nos vies.

Du surmenage à la décision

Il y a de multiples raisons qui peuvent pousser à tout plaquer pour partir, pas forcément en tour du monde d’ailleurs, mais partir, fuir un quotidien, une situation ou une vie qui ne convient plus. Tout allait pourtant bien à l’époque où nous avons pris la décision de partir en tour du monde : nous étions en bonne santé, nos boulots respectifs marchaient très bien, notre appartement nous convenait parfaitement, nous ne manquions de rien… enfin si, mais sans savoir exactement quoi ! Ce petit quelque chose qui manque et qui reste dans un coin de nos têtes… La réalité est que lentement mais sûrement je me sentais glisser vers un burn-out professionnel. J’ai commencé à ressentir les effets assez tôt fin 2017-début 2018 quand j’ai connu une des saisons les plus chargées de ma petite entreprise. J’en ai parlé à Nicolas assez régulièrement comme un appel à l’aide pour lui faire comprendre que mon corps ne supporterait pas de continuer à un rythme aussi effréné encore longtemps. Lui venait de prendre ses fonctions comme directeur d’un restaurant vietnamien à Créteil. J’ai compris à travers Nicolas ce que ça signifie de bosser dans la restauration : commencer très tôt, rentrer très tard, ne pas être joignable facilement en journée, donner toute son énergie à son travail, rentrer tel un zombie à la maison, enchaîner les journées, ne plus avoir envie de sortir le week-end pour récupérer de l’énergie, … et encore Nicolas ne bossait quasiment jamais le soir ni le dimanche, fait plutôt rare dans la restauration. Quant à moi j’étais attaché de presse dans le secteur culturel. J’ai créé une auto-entreprise en juin 2009, à l’ouverture du statut, d’abord pour avoir un complément de revenus, puis pour en faire en septembre 2012 mon activité principale. Depuis mon installation à Paris en mars 2014, je n’ai pas arrêté d’enchaîner les contrats, passant petit à petit de la création de sites web en tout genre à des fonctions d’attaché de presse web, étant moi-même aguerri à ce milieu digital depuis l’âge de mes 15 ans. J’ai eu beaucoup de contrats, j’ai bien gagné ma vie, même très bien certains mois, donc de quoi je me plaignais ? La réalité est qu’à mes débuts j’ai transformé ma passion pour la musique en métier et que j’avais des étoiles plein les yeux à l’idée d’évoquer celui-ci. Travailler avec des artistes ? une chance ? enfin ça dépend avec lesquels. De la passion au dégoût, il m’a fallu 5 ans. 5 années durant lesquelles j’ai vraiment découvert le milieu de l’intérieur. 5 années au cours desquelles j’ai manqué de devenir moi-même un de ces attachés de presse bobo à la grosse tête cernée jusqu’au cou tant le boulot est harassant et ingrat. 5 années où j’ai compris que l’humain était loin d’être au coeur du business et que passion et industrie ne faisaient pas bon ménage. J’ai finis par me lasser, par ne plus pouvoir supporter les réunions promo, ne plus pouvoir faire bonne figure face à des producteurs méprisants, des maisons de disques se servant des artistes comme de vulgaires produits marketing prêts à jeter, ne plus pouvoir ramer auprès des médias pour obtenir 2 pauvres articles sur des blogs aux faibles audiences, ne plus avoir d’idées novatrices… Je devenais moi-même un robot, exécutant fidèlement des tâches que je maitrisais, sans n’y trouver plus aucun épanouissement personnel… il est certain que ma tête était en train de me lâcher, mon corps n’allait pas tarder à en faire de même. C’est à cette époque-là que ce doux rêve de tout plaquer pour changer de vie est revenu, nourri par les nombreux voyages que nous avions fait durant 4 ans avec Nicolas et ce fameux voyage à Bali qui a littéralement changé notre vision du voyage, nous menant à ce jour de juin 2018 où j’ai apporté l’idée sur un plateau…

 

Un verre de rouge et une décision radicale

Il y a des journées qui sont assurément à marquer d’une croix blanche dans le calendrier, et cette journée de fin juin 2018 en était assurément une ! La journée fut chargée. Comme à notre habitude nous avons décidé de nous retrouver en terrasse pour boire un verre et décompresser de nos journées. Rapidement, les verres aidant, j’ai amené dans la discussion l’idée d’un changement de vie. C’était assez paradoxal car au même moment Nicolas ne se plaignait pas vraiment de son quotidien. Je suis sûr qu’il aurait pu continuer ainsi 10 ans sans ressentir cette lassitude qui était la mienne. Mais à être en couple autant s’écouter, s’encourager et se soutenir en toute situation. J’ai donc lancé l’idée de partir en tour du monde, comme ça, après un simple verre de rouge : « Et si nous plaquions tout pour partir faire un tour du monde ? ». La réaction de Nicolas était à prévoir « Quoi ? Mais comment ? Mais enfin t’as perdu la tête ? »… effectivement, avec le recul, c’était gonflé comme idée mais après tout… pourquoi pas ? Il était plus que dubitatif au départ, limite saoulé que je remette tout en question alors que tout allait bien pour lui, et surtout très inquiet de devoir quitter son job, économiser autant d’argent, changer son mode de consommation, se remettre en question, … les inquiétudes de Nicolas étaient évidemment fondées : à son bon poste, il fallait prendre en compte son bon salaire, le confort financier que ça représente, notre appartement qu’on avait eu le plaisir de décorer à fond, devoir partir loin de nos amis et familles, il est certain qu’une telle décision ne se prend pas sur un coup de tête. Mais à force d’y réfléchir, il a commencé à peser le pour et le contre. Concernant le boulot : certes il avait un poste à responsabilité mais ça reste un boulot qui paye le loyer, ce n’était pas son affaire. L’argent n’est pas une fin en soi : tu peux gagner très bien ta vie et ne pas être totalement épanoui pour autant, l’argent ne fait pas le bonheur ça se saurait ! Il a rapidement conclu qu’il n’aurait aucun mal à retrouver un poste similaire un jour vue son CV et son expérience dans le métier. Concernant l’appartement, il a listé les points négatifs pour mieux s’en détacher : certes notre appartement était très joli et décoré dans nos goûts, mais il était aussi très sombre, mal isolé, très cher, et surtout pas à nous vue que nous n’étions que locataires… sans parler de notre voisin qui faisait des soirées à répétition en semaine et à des heures vraiment inconfortables ! Concernant nos amis et nos familles, il sera forcément difficile de partir loins d’eux pendant 2 ans, de les laisser, de ne pas pouvoir être là dans les moments importants d’une vie (anniversaires, Noël, …), MAIS, et c’est encore en voyant le bon côté des choses cette fois qu’on avance, avec toute la technologie d’aujourd’hui, on se dit qu’on pourra très facilement prendre et donner des nouvelles, partager des photos et des vidéos, témoigner de nos aventures via notre story Instagram, téléphoner en vidéoconférence, … finalement 2 ans dans une vie ce n’est pas grand chose, et avec le soutien de nos proches, on a le sentiment que rien de négatif ne va nous arriver. Ce projet va forcément nous rendre plus fort, souder les liens encore plus et promet de belles retrouvailles au retour. Surtout qu’on est forcé de rien, que 2 ans c’est le projet de base, mais que si nous ressentons une lassitude ou un inconfort régulier, on se donnera les moyens d’abréger le voyage et de rentrer en France plus tôt que prévu. Bref parfois pour y voir plus clair, il te faut voir aussi le négatif dans les situations pour mieux avancer dans ton raisonnement. Du coup, de l’annonce un peu brutale à la décision commune, l’idée a fait son chemin. Depuis ce jour nous n’avons cessé d’en parler, de ressasser la décision à prendre dans nos têtes, d’essayer de nous projeter dans ces nouvelles vies, de voir ce qu’on pourrait faire par la suite, tenter d’imaginer le retour, … autant de questions qu’on se posent à 33 ans et qu’on ne se seraient certainement pas posées à 20… et puis un jour, sans pouvoir te préciser exactement combien de temps après l’idée, la décision de la concrétiser avait été prise ! Et une fois qu’elle l’eut été Nicolas & moi n’avions plus que ça en tête et avons tout mis en oeuvre pour que ce rêve devienne réalité. Pour que ce projet de vie ne soit plus qu’une hypothèse, pour que nous ayons le courage de tout remettre à zéro et partir vers l’inconnue. C’est vrai que ça demande du courage de se remettre en question, de bousculer sa routine, de remettre en question sa vie. Souvent quand on a évoqué ce projet auprès de nos proches et de nos amis, leur réaction a été « Whaou vous avez trop de chance de partir en tour du monde… ». En réalité il n’y a pas de chance là-dedans, ce ne sont qu’une succession de choix et de concessions qui mènent à la réussite d’un tel projet. Depuis juin 2018 que nous avons pris cette décision, tout, absolument tout, a été orienté vers ce projet, pensé pour ce projet, choisi pour ce projet. Dire que ça a été simple est impossible ! On ne compte plus les engueulades liées à ce projet, à ces longs mois où on a dû se serrer la ceinture, se remettre en question, faire des choix, avoir moins de vie sociale, renoncer à nos envies de consommation, gérer le budget quotidien au microscope, limiter les dépenses, limiter les sorties, préparer le projet, faire de longues heures de recherche, gérer la paperasse, préparer l’administratif, acheter l’équipement, organiser notre mariage entre tout ça, … non ça n’a VRAIMENT PAS été simple de tenir 1 an et demi avec toute cette tension. Mais dans la vie on a rien sans rien parait-il, et ce tour du monde en est la preuve : du jour où la décision a été prise, nous n’avons rien lâché, jamais, à aucun moment. Le résultat est là : nous décollons le 12 janvier 2020 pour 24 mois, avec un budget de 60000 € qui nous permettra de voyager 2 ans autour du globe sans travailler. Nous allons d’ailleurs consacrer un article prochainement à notre budget pour t’expliquer comment nous avons pu réunir une telle somme et comment elle sera répartie lors de notre voyage.

 

Qu’est-ce qui pousse à opter pour un tour du monde ?

Si tu es arrivé jusque ici, tu as bien dû sentir que notre envie de partir en tour du monde était en majorité motivée par un surmenage professionnel qui nous a amené à réaliser que le temps défilait très vite et qu’on avait envie de vivre autre chose, se donner les moyens de profiter vraiment de nos vies, à notre rythme, sans pression ni comptes à rendre. Au-delà du rêve que Julien avait au fond de lui, il y a 3 choses qui ont terminé de nous convaincre que faire un tel projet de vie était une excellente chose. La première fut notre voyage à Bali en août 2018, dans des conditions roots et en mode sac à dos. C’était en quelque sorte pour nous un mini tour du monde. L’occasion de tester notre résistance face à un voyage quasi improvisé. Partir en sac à dos, ça peut paraître bête, mais nous n’avions jamais voyagé ainsi jusqu’alors ! Ce voyage fut au-delà de nos espérances. D’abord parce qu’il ne s’est pas déroulé comme on l’aurait imaginé : un séisme violent a eu lieu sur l’île de Lombok à côté de Bali, ce qui a entraîné la fermeture de l’île touchée ainsi que des îles Gili, nous obligeant à refaire notre planning sur 15 jours en live sur place ; ensuite parce qu’on s’est vite rendus compte de la bienveillance et de la gentillesse des locaux, toujours prêts à nous renseigner et nous aider ; enfin parce qu’on a ressenti une totale liberté comme rarement en voyage. Le fait de partir en sac à dos te permet d’être au plus près de la vie locale, de dormir au plus près de ton point de chute, de te déplacer hyper facilement, de n’avoir avec toi que l’essentiel pour profiter à fond de la nature. Ce voyage a définitivement changé notre vision du voyage et nos envies pour le futur. Le retour de Bali fut le plus compliqué en 4 ans de voyage communs. Julien notamment a ressenti une sorte de blocage à la rentrée 2018 et n’arrivait pas à se reconcentrer sur ses projets. Bali l’avait transformé et depuis ce jour il n’a plus eu le coeur à l’ouvrage… La deuxième fut notre rencontre avec le célèbre blogueur voyageur Alex Vizeo lors d’un meet-up à Paris. Nous connaissions bien sûr déjà son blog très complet, sur lequel il partage depuis 7 ans ses voyages et ses conseils pratiques. En l’écoutant parler, nous savions que nous prenions la bonne décision. Ses paroles résonnaient comme une évidence et nous étions heureux de voir qu’autour de lui toute une communauté de voyageurs nourrissaient la même passion pour le voyage au long cours. Grâce à Alex notamment, faire un tour du monde est devenu quelque chose de très accessible, de très simple à envisager, il donne toute son énergie à vouloir motiver un maximum de personnes à sauter le pas. Pour tout ça, un grand RESPECT ! La troisième et dernière chose qui a fini de nous convaincre que ce projet était extraordinairement viable est le film réalisé par Les Coflocs “Génération Tour du monde”. Il met en avant 10 profils de voyageurs différents, réalisant tous un tour du monde dans des conditions différentes. Le point commun à tous ces témoignages : la richesse humaine que chacun en retire. Ce film a résonné chez nous comme une évidence que nous aussi nous voulions vivre cette expérience, partir avec nos sacs à dos explorer le monde et avoir la fierté un jour de nous être donnés les moyens d’aller au bout de l’idée et de nous-mêmes. On aura l’occasion de revenir dans un prochain article plus longuement sur pourquoi on a opté pour un tour du monde si tu souhaites creuser la question et toi aussi trouver la motivation de le faire.

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